Fête de la Présentation 2 février 2025

Frères et sœurs, partons d’un des premiers mots de cette page d’évangile : « purification ». «  Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur ». Ce terme a de quoi nous poser question.

Nous comprenons qu’il s’agit du rite de purification de la femme qui vient d’accoucher, rite prescrit par la Loi de Moïse détaillé au chapitre 12 du Livre du Lévitique. En quoi une naissance rend-elle une maman impure ? On peut s’offusquer qu’une jeune maman ait à se purifier… ! sauf si on rapproche cette prescription de celle qui a cours à chaque messe : après la communion, le prêtre ou le diacre doivent « purifier » le calice. Le calice a contenu le Sang précieux de Jésus, son sang douloureux, son sang glorieux. Et il doit être purifié ! Oui, il doit être rendu à son usage profane. Le terme de « purification » pour la femme qui vient de mettre au monde un enfant est donc beaucoup plus recevable et même plutôt bouleversant : elle vient de faire œuvre sacrée, elle vient d’accomplir une œuvre divine. Par la purification elle revient à un niveau humain.

Mais il n’est pas sûr que ce terme parle vraiment de ce rite. Le Père René Laurentin qui a étudié au microscope les évangiles de l’enfance est pour une autre interprétation : il s’agit de la purification du Peuple tout entier que le Seigneur est en train d’accomplir par son Eglise représentée par la Vierge Marie, Joseph, Le vieillard Syméon et la prophétesse Anne. En effet, l’évangile de l’enfance chez saint Luc peut être lu comme un prologue qui annonce tout l’évangile. Un peu comme au début d’un film vous avez une ouverture qui vous donne les thèmes principaux.  Cette « bande-annonce » s’enracine dans l’Ancien Testament qui va être porté à son accomplissement. Pour le lecteur de saint Luc, il y a ainsi plusieurs thèmes très évocateurs. Si je vous siffle … (air de Tea for two), tout de suite vous allez entendre des paroles et être plongés dans le film La Grande Vadrouille et la scène impayable du bain turc. Saint Luc fait juste qu’évoquer et vous êtes dans l’ambiance de toute cette attente de l’Ancien Testament. Or, la page qui suit la page d’évangile de  ce dimanche est la recherche pendant trois jours à Jérusalem de Jésus à l’âge de douze ans : c’est clairement une annonce de la Résurrection. Dans la page d’aujourd’hui, nous sommes donc dans la Passion. La purification c’est celle de l’humanité par la Passion de Jésus, Passion très bien évoquée par plein de mots : « premier-né (d’entre les morts)… le sacrifice… Jérusalem… la Consolation d’Israël…il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ… Car mes yeux ont vu le salut… cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre (l’heure de vérité est là)… la délivrance de Jérusalem ».

Nous sommes à un Moment charnière avec les thèmes de l’Ancien Testament bien évoqués et l’annonce de la Rédemption-Délivrance-Consolation-Libération-Purification.  

Pourquoi le saint Pape Jean-Paul II a-t-il voulu que cette fête de la Lumière, cette fête de la Purification, devienne la Journée Mondiale des Consacrés ? Un consacré c’est un baptisé qui a prononcé les vœux de Pauvreté, Chasteté et Obéissance. D’après le Larousse, la boussole est « une petite boîte en matière non magnétique, au centre de laquelle est placée une aiguille aimantée qui repose librement sur un pivot, et dont les extrémités se dirigent vers les pôles magnétiques de la terre, ce qui permet de reconnaître la direction du Nord ». Au sens figuré, on peut « perdre la boussole »,  « perdre le Nord »… !

Dans le monde un peu déboussolé où nous vivons, les religieux et religieuses, tous ordres confondus, de vieilles souches ou de jeunes racines, en habit ou non, en monastère ou HLM, sont nos meilleures boussoles !

1. Communauté. Nous accordons une grande importance à la sélection de nos amis. Et voilà qu’ils cherchent à réussir une vraie vie fraternelle sans s’être choisis. Ils y parviennent dans la plupart des cas et même pour de nombreuses décennies dans les monastères.

2. Pauvreté. Nous vivons dans l’espoir compréhensible de l’indépendance financière et même souvent dans la fascination de l’argent. Et voilà qu’ils cherchent une autre richesse dans le partage librement consenti de leurs biens, dans la reddition précise des comptes et le don des excédents à plus pauvres qu’eux.

3. Chasteté. Nous croyons impossible l’épanouissement affectif sans la rencontre sexuelle. Et voilà qu’ils accèdent, non sans batailles parfois mais en vérité, à une autre manière d’aimer et de servir passionnément, dans le célibat consacré qu’ils choisissent.

4. Obéissance. Nous aimons notre liberté. Et voilà qu’ils choisissent de dépendre les uns des autres, et même des supérieurs qu’ils se donnent pour un temps, et qui rentrent humblement dans le rang à la fin de leur mandat… Une anecdote authentique. A l’hôtellerie d’un monastère, un hôte demande au Père Prieur : « Au fond, quelle est votre fonction ? » Le Père Prieur lui répond : « Pour comprendre, il faut d’abord se rappeler que pour nous dans le monastère, celui qui est le plus important, c’est Jésus. C’est lui que nous recherchons  dans la prière, le travail, la vie fraternelle. Mais il est invisible ; alors celui qui tient sa place, qui le représente, c’est le Père Abbé. Le Père Abbé pour nous, c’est tout à tous les niveaux : communautaire, liturgique, spirituel et aussi économique. Il est tout. Et moi je suis juste en dessous. Je suis en dessous de tout (… !).

Nous sommes tous en dessous de tout, mais Jésus nous purifie et nous édifie.

5° dim. C 9 février 2025 Ceyssac et Les Carmes

Frères et sœurs, trois saints, saint Isaïe, saint Paul et saint Pierre ; trois témoignages très forts, très différents, et complémentaires. En cherchant les points communs nous aurons ce que le Seigneur attend du chrétien.

La deuxième lecture de ce Dimanche nous rappelle l’essentiel de la foi chrétienne, avec une solennité qui ne nous a pas échappée : « Je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu ; cet évangile peut vous sauver si du moins vous le gardez intégralement tel qu’il vous a été annoncé ». Le noyau de la foi chrétienne tient en quelques mots : Jésus est mort pour nos péchés, selon les Ecritures ; il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures ; et il s’est montré à Pierre, puis aux Douze et à cinq cent frères, et finalement à Paul, « l’avorton que je suis ». Voilà notre message, voilà notre foi. Car il ne suffit pas que l’information passe, comme par exemple sur internet : « Jésus est ressuscité », consultable par n’importe qui n’importe quand. Il faut qu’elle soit portée par des témoins bien vivants qui manifestent dans leur personne la transformation radicale que cet Evangile opère en eux.

En effet, puisque « Jésus est ressuscité », le monde ne peut plus se refermer sur son autosuffisance. Une brèche a été ouverte. Nous ne visons pas la perpétuité ici-bas mais l’éternité rendue accessible par Jésus.

L’ objectif maintenant ce n’est pas de sauver sa peau à tout prix mais de la donner.

Curieusement, les trois lectures accompagnent la manifestation du mystère de Dieu, d’une démarche de pénitence et de repentir de la part des hommes:

Saint Isaïe : « Saint, saint, saint le Seigneur ! »

Puis « Malheur à moi je suis un homme aux lèvres impures.. Te voilà purifié »,

Saint Paul : « Jésus est ressuscité »

Puis :  « il est apparu à l’avorton que je suis.. j’ai été persécuteur de l’Eglise »,

« A la vue de tout le poisson qu’ils avaient pris, Pierre s’écria.. éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur.. ne crains pas, désormais ce sont des hommes que tu prendras ».

Pourquoi ce lien systématique entre la manifestation de Dieu et la conversion de notre péché? Parce que Dieu nous précède toujours de son don ineffable. Le rejoindre c’est demander son Par-Don, le Don par-delà l’imaginable, le don inaccessible. Bien avant que nous commencions, il a tout fait pour nous. Quand nous nous éveillons à sa présence, nous ne pouvons que lui rendre grâce.

On le comprend : saint Isaïe, saint Paul et saint Pierre font ressortir que les personnes transformées sont impliquées dans le message même qu’elles transmettent. Pas de rayonnement du chrétien sans un effort permanent de conversion.  

Le plus sûr est de nous tenir dans la barque de Pierre, c’est-à-dire de resserrer nos liens avec la Sainte Eglise. Qu’est-ce que je fais pour que l’Eglise puisse perdurer en France ?

Dans l’évangile elle est représentée par la belle image du filet aux mailles tenues solidement les unes aux autres, par une charité plus forte que nos péchés, plus forte que la mort même, puisque « Jésus est ressuscité ». Amen  

Dimanche 16 février 2025 6° T.O. C D’où viennent nos maux ?

Frères et sœurs, pourquoi Jésus profère des malédictions ?

Tout d’abord ne nous étonnons pas que les béatitudes en saint Luc ne soient pas exactement comme en saint Matthieu que nous entendons chaque année à Toussaint. Jésus était un prédicateur itinérant. Il a parlé pendant trois ans pendant des heures et des heures. Comme tous les prédicateurs il répétait, il approfondissait, il précisait. Ce qui distingue notamment les béatitudes en saint Luc ce sont les malédictions qui suivent. C’est surprenant d’entendre des malédictions dans la bouche de Jésus. Qu’est-ce qu’il lui prend ?

Nous pouvons constater que notre société ne va pas très bien. L’individualisme, la précarisation, les violences, les maltraitances, le mépris, les injustices, ce ne sont pas que des MOTS, mais hélas des MAUX. Les professionnels et les bénévoles qui accompagnent les plus fragiles en témoignent. Dans nos familles nous sommes décontenancés par les choix de certains jeunes. Comme si notre société s’employait à broyer les personnes.  On comprend que Jésus soit en colère. Malheur à vous les riches, malheur à vous qui êtes repus, Malheur à vous qui ricanez, malheur à vous que l’on voit à la une des journaux.  

Dans notre société, rien ne changera tant qu’on ne respectera pas les dix commandements. Et le premier d’entre eux : « Tu n’auras pas d’autre dieux que Moi ». Or on oppose à ce commandement fondamental le mot magique : « Laïcité ». Comme si renvoyer la religion à la sphère privée était une solution. Comme si la foi n’était qu’un enjoliveur en option.  Or elle n’est pas faite pour être la cerise sur le gâteau. Elle doit être le moteur.   
En effet qu’est-ce la personne humaine ? Prenons une comparaison : il y a à Rome, tout près du séminaire français, dans le centre historique, une curiosité architecturale. C’est le panthéon, un édifice gigantesque. C’est un bâtiment circulaire, un cylindre de briques rouges surmonté d’une coupole. On sait que ce qui tient tout l’ensemble, c’est la clef de voûte, c’est-à-dire le sommet de cette demi-sphère qui coiffe le cylindre. Cela doit être très solide. Or, dans ce bâtiment, la clef de voûte, c’est un … trou de cinq ou six mètres de diamètre   ! Les Romains avaient dédié ce temple à tous les dieux (pan-theon, en grec) et cette ouverture symbolisait l’accès de la terre au ciel. Il y a là un symbole de ce qu’est l’être humain. La clef de voûte qui donne à l’être humain sa cohésion, son harmonie et qui fait sa grandeur, c’est son cœur profond, son âme. Et ce cœur profond est une ouverture, une possibilité de passage vers l’infini, un accès à Dieu infiniment grand, infiniment saint, infiniment beau, infiniment bon, infiniment vrai,… Notre clef de voûte est une capacité à entrer en relation avec Dieu. C’est notre grandeur et notre fragilité. En effet, cette ouverture est en chaque homme. Et si elle n’est pas remplie par la bonne lumière, la lumière du vrai Dieu, elle sera forcément remplie par autre chose : la passion du jeu, l’ambition effrénée, la recherche du plaisir, l’argent, l’attachement au gourou d’une secte, la superstition qui fait courir après les horoscopes, les tireuses de cartes, ou encore des anesthésiants comme internet, les jeux vidéos, ou le sport devenu une idole. « Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel, qui s’appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur » nous dit Jérémie dans la première lecture. Dans la Bible il n’y a qu’une seule allusion à l’athéisme : « L’insensé a dit en son cœur : Dieu n’existe pas ». (Psaume 14, verset 1). En revanche, la Bible parle très souvent de l’idolâtrie. Le danger, si nous n’aimons pas le Seigneur, c’est que nous remplissions notre cœur de contrefaçons. Nous naissons tous avec le désir naturel du surnaturel.
Aimer Dieu c’est lui faire de la place (« Heureux les pauvres de cœur »).
Aimer Dieu c’est le désirer (Heureux vous qui avez faim ; dans le récit du péché originel, le serpent tentateur est condamné à manger la poussière du sol ; pourquoi est-ce une punition terrible ? Parce que de la poussière il y en a toujours ; nous le voyons bien dans nos maisons : on a beau faire le ménage régulièrement, ça n’en finit jamais. Le serpent n’aura jamais faim. Quand on est gavé de produits, d’images, de sons, de plaisirs, on n’a pas envie du Seigneur).
Aimer Dieu c’est le fréquenter, c’est pleurer de ne pas penser à lui assez souvent. (Beaucoup d’hommes cherchent Dieu de façon pathétique.  Nous les chrétiens nous sommes gâtés. Nous savons qu’accueillir Dieu c’est accueillir Jésus, Jésus que nous pouvons imaginer facilement, que nous pouvons toucher à la communion, qui répare notre cœur à la confession, qui nous parle dès que nous ouvrons son évangile. Jésus c’est « le Christ [qui] est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.)

Aimer Dieu c’est être fier d’être identifié comme de son équipe. 

Continuons de prier pour que de plus en plus de chrétiens remettent Le Seigneur en pôle position. Amen !

7°« C » 23 février 2025 Malpas et Solignac

Frères et sœurs, pourquoi ce que nous venons d’entendre est inaudible dans notre société ?

Parce que la conception de l’homme répandue actuellement dans le monde, malgré l’humanisme prétendu, et celle que nous professons dans l’Eglise, sont diamétralement opposées. La mentalité actuelle est de plus en plus utilitariste: on regarde les hommes en évaluant ce qu’ils nous coûtent et ce qu’ils nous rapportent, et c’est ce qui définit la valeur de leur existence et leur droit à la vie; une simple chose parmi les autres choses. Dans nos lois toutes récentes, l’homme commençant n’est plus qu’un matériau de laboratoire pour la recherche. Au contraire, chrétiens, nous regardons les autres comme étant l’image de Dieu en ce monde et sa ressemblance; nous les voyons revêtus du sang de Jésus comme d’un manteau de dignité, même les pires. Défigurant l’image, pécheurs, ils ont encore droit à un immense respect, à cause du regard que Dieu lui-même porte sur eux. Nous l’avons entendu dans la première lecture: le roi Saül hors de lui par jalousie cherchait à tuer David. Or que fait celui-ci lorsque son ennemi est à sa merci? « Comment pourrais-je porter la main sur celui qui a reçu l’onction du Seigneur et rester impuni? » Saül a reçu l’onction des rois, qui rend sa personne sacrée. Or il y a bien plus que Saül, dans la personne de ceux qui nous entourent: « Par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni à tout homme » affirme le Concile.

Pour nous faire avancer sur ce chemin du pardon, Le Seigeur nous donne des exemples.  Rappelons le témoignage de Maïti Girtanner qui a bouleversé des millions de téléspectateurs sur la force du pardon. Elle a révélé les ressources formidables de la volonté, de l’intelligence et de la foi capables de transcender la souffrance et de recréer une vie riche d’espérance et de fécondité.

            A 16 ans déjà Maïti est promise à une brillante carrière internationale de pianiste. Mais en 1940, c’est la guerre. Parce qu’elle parle parfaitement et le français et l’allemand, parce que la ligne de démarcation passe au milieu de la rivière qui longe la propriété de ses parents dans le Poitou, elle entre dans la Résistance. Elle a 18 ans. Parce qu’elle est pleine d’astuce, elle fait passer des centaines de personnes et du courrier ultra secret en zone libre. Mais au bout de trois ans, elle est arrêtée et torturée à mort par Léo, un bourreau médecin. Par de multiples atteintes au système nerveux sensitif de la moelle épinière, il la condamne à souffrir atrocement au moindre toucher jusqu’à la fin de ses jours. Providentiellement, elle en sort vivante. Mais même après huit années d’hôpital, elle continuera à souffrir et ne jouera plus de piano. Elle deviendra professeur de philo et fera de l’accompagnement spirituel individuel. En 1984, Maïti reçoit un coup de fil. Elle reconnaît tout de suite la voix de son bourreau : il a réussi à retrouver sa trace. Très malade et terrifié par la mort, il n’y a qu’une personne avec qui il souhaite en parler, celle qui, sous la torture, avait si bien décrit  l’après mort. Alitée à cause d’un accès de douleurs, Maïti s’entend répondre :  « Venez ».  Elle parle longuement de la mort à Léo. Léo écoute et dit :  « Cela fait du bien ce que vous me dites. Mais êtes-vous sûre que Dieu peut recevoir quelqu’un comme moi ? »  Maïti rectifie :  « Un homme qui a fait tant de mal ».  Par ces mots, elle cherche à le mettre en vérité face à lui-même Elle lui révèle que, depuis quarante ans, elle prie pour lui. Elle lui explique que l’amour de Dieu est tel qu’il peut tout transformer en amour.  « Que puis-je faire maintenant ? »  demande Léo.  « Cherchez au fond de vous-même le lieu ou vous avez laissé Dieu habiter en vous, car Il habite en ses créatures même les plus enténébrées. Parlez à Dieu comme un enfant, et donnez de l’amour à tous ceux à qui vous le pouvez. »  Puis Maïti se soulève et embrasse Léo :  « Je me suis sentie prise par un désir fou de prendre cet homme dans mes mains pour le déposer dans le coeur de Dieu », raconte-t-elle. Léo a murmuré :  « Pardon ». Rentré dans son pays, l’homme respecté qu’il était devenu, révélera enfin à sa famille et à ses amis son passé, et fera des bonnes uvres pour se racheter.  Vous voyez, nous confie Maïti Girtanner, le mal n’est pas le plus fort  . Longtemps Maïti a téléphoné à sa veuve pour la soutenir.

            Ensuite, il nous faut prendre le chemin de profondeur que Jésus nous indique. Il creuse notre coeur. Il nous invite à descendre comme un escalier intérieur, un escalier de huit marches. Car on n’arrive pas du premier coup à une telle profondeur. Plus on descend cet escalier, plus il faut de la lumière : celle de la prière.

– 1ère  marche : choisir de ne plus rencontrer son ennemi. L’éviter. Se redire les trois mots de la miséricorde : POUR LE MOMENT.

– 2ème  marche :  chercher à se confier à une personne sûre qui va m’écouter jusqu’au bout et qui va ainsi faire droit à ce qui a été profondément blessé en moi.

– 3ème  marche : Eviter de dire du mal de lui sur son dos, en son absence.
– 4ème  : Prier pour lui sans qu’il le sache, sans lui dire. Bénis-le Seigneur.

– 5ème  : lui trouver une qualité, trouver du bien en lui. En revanche sur ce point…

– 6ème marche : commencer à dire du bien de cette personne.

– 7ème  : Discerner :dois-je reprendre une communication avec lui ou pas ?

– 8ème  marche : Si oui, lui dire ou lui écrire des choses positives. Au fond l’aimer. L’aimer avec un coeur qui n’est plus tout à fait le même parce qu’il a demandé à Jésus sa force d’amour et de discernement. Nous avons découvert Jésus qui aime avec nous.

Aimer ses ennemis  relève plus d’une obligation de moyens que d’une obligation de résultats. Amen !