Jeudi 5 février 2026. La pincée de sel.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 6, 7-13) :« En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient. »
Dans cette page d’évangile selon saint Marc nous assistons au tout début de l’évangélisation. Jésus forme son Eglise à annoncer la Bonne nouvelle. Après l’enseignement, la pratique. Ils vont partir deux par deux, avec le strict nécessaire dans une grande liberté intérieure. Ils vont proposer des libérations, des prières de guérisons et des onctions d’huile pour les malades.
2000ans après où en sommes nous ?
Avec son humour anglais le Père Timothy Radclife disait : « Le mot « Eglise » évoque un ensemble de vieillards sapés bizarrement, qui veulent dicter aux autres l’attitude à avoir au lit… Les gens pensent à une hiérarchie rigide, à des hommes en robe avec de drôles de chapeaux sur la tête, à des personnages impossibles à considérer sérieusement. Mais l’Eglise occupe le deuxième rang mondial des organismes caritatifs. Elle contribue plus à l’éducation aux soins médicaux que n’importe quelle autre organisation dans le monde. Elle prend en charge la moitié des soins apportés aux malades du Sida. Les gens pensent que la position de l’Eglise vis-à-vis des femmes est accablante ; or, des femmes catholiques, en particulier des religieuses, oeuvrent pour les droits et la dignité de femmes. Certes, de véritables gageures existent au sein même de l’Eglise, mais nul ne fait tant de choses, à l’échelle du monde. Elle est présente dans toutes les régions en situation critique et dans tous les lieux de pauvreté. »
Le Père Alphonse Gilbert est un prêtre Spiritain âgé de 96 ans, Après une vie de missionnaire en Afrique, il a travaillé plusieurs années au Vatican du temps de saint Jean-Paul II. Il raconte qu’un « … soir il le croise dans un couloir du Vatican, la nuit tombe. Il me demande « Vous qui connaissez le fond des cœurs que pensez-vous de l’Eglise aujourd’hui ? » Avant de répondre je fais un petit pas en arrière, comme il le faisait lui-même, pour signifier que je laisse la réponse à l’Esprit Saint. (je trouve cette attitude humble et édifiante). « Très Saint Père, pour moi l’Eglise n’a jamais été aussi belle qu’aujourd’hui !- Pourquoi dites-vous cela ? Parce que les Saints de Dieu sont là ! Je vous remercie beaucoup, je pense la même chose que vous. »
L’Eglise est persécutée ouvertement en Chine. Un petit Chinois arrive devant son église fermée. Il se heurte à la Police qui barre la route. Et les agents de police lui disent : ” Mais, c’est fini, la religion il n’y en a plus ! l’Eglise il n’y en a plus ! ” Et le petit garçon, fièrement se campe devant les agents de police, en disant : ” L’Eglise il n’y en a plus ? mais l’Eglise c’est moi ! ” Il a donc tout compris.
Un jour, un jeune homme vint chez un ermite et lui dit : “Je suis déçu de mon Eglise et je cherche une communauté parfaite.” Alors le vieux moine le conduit vers sa vieille chapelle et lui dit : “Que vois-tu sur ces vieux murs ? – De la mousse et de mauvaises herbes, répond le jeune homme surpris. – Tu vois, continua l’ermite, Dieu habite pourtant cet endroit. Il en est ainsi de l’Eglise. Elle ne peut être ni parfaite ni pure, car elle est faite d’hommes. Toi aussi tu es un homme, et même si tu découvres la communauté parfaite, elle ne le sera plus dès l’instant où tu y entreras.” (… !)
Le Père Christian de Chergé était prieur des 7 moines de Thiberine qui ont été assassinés en 1996 et qui ont été béatifiés avec 11 autres martyrs le 8 décembre 2018. Il disait : « Ce à quoi Jésus nous invite, c’est à naître. Notre identité d’homme va de naissance en naissance, de commencement en commencement. Et de naissance en naissance, nous arriverons bien à mettre au monde l’enfant de Dieu que nous sommes ; car l’incarnation, pour nous, c’est de laisser la réalité filiale de Jésus s’incarner dans notre humanité, dans mon humanité à moi. Et cette naissance qui s’accomplit nous est proposée à nous, dans l’Eglise, dans le temps de l’Eglise ; l’église, c’est l’incarnation continuée. Elle a été choisie pour continuer l’incarnation et elle n’a que nous pour la continuer. Au jour le jour, elle ne peut compter que sur nous pour le meilleur et au delà du pire. »
Un évêque français, Mgr Michel Dubost posait la question à un autre évêque pasteur d’un diocèse immergé dans un pays musulman : « N’est-ce pas trop difficile d’être si peu nombreux en tant que chrétiens au milieu de cette masse de musulmans ? » Il a répondu : « Michel, on ne cuit pas un kilo de riz avec un kilo de sel. » Quand nous nous faisons l’effet de n’être qu’une pincée de sel, pensons que nous pouvons encore donner du goût, faire durer dans la Joie, éviter d’aller dans le fossé, et à la manière dont le sel retient l’eau dans les cellules de notre corps, fixer l’amour du Père du Fils et du Saint-Esprit dans ce monde. Même une simple pincée de sel.
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La masturbation est-elle un péché . Une réponse claire et honnête – Frère Paul-Adrien