Mercredi 26 novembre 2025 Témoignage
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 21, 12-19) : «En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »
Retenons que l’éventualité du martyre pour un chrétien et la souffrance fait partie du package.
Quelle est cette une sagesse que promet Jésus, et dont il dit que tous nos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer ?
En 1994 la Documentation catholique publiait un article du cardinal Danneels sur LE SACRIFICE DU CHRIST ET NOUS. Le cardinal belge faisait remarquer que “La participation intense au sacrifice pascale du Christ dans sa souffrance et dans sa résurrection est fort négligée de nos jours. La réalité du combat avec le mal et le sens de la souffrance sacrificielle ont pratiquement disparu de la spiritualité. C’est comme si le Concile de Trente était renvoyé aux oubliettes. On a amputé la spiritualité du prêtre de son entrée dans le combat gigantesque entre le Christ et le mal, le combat que mènent l’humble “curé de campagne” avec Satan, dans les romans de Bernanos et, à Ars, Jean-Marie Vianney…. Cette spiritualité a disparu par peur du dolorisme. Elle a eu, certes, sa pathologie, mais toute la dimension d’offrande de soi, de martyre, appartient à la veine essentielle et ne peut être évacuée…. C’est comme si la vie du prêtre n’était désormais plus qu’une Actio, une activité au service de l’Évangile et non pas une Passio. Or le Christ intègre les deux dimensions et il a en fait peu agi durant ses trois ans de vie publique…”
(Fin de citation)
Le P. Raniero Cantalamessa, ofmcap., prédicateur de la Maison pontificale, durant l’homélie qu’il avait prononcée lors de la Célébration de la Passion, présidée par le pape Benoît XVI, à Saint-Pierre, un certain Vendredi-Saint, affirmait que la souffrance humaine ne peut pas être absurde si le Christ, qui est Dieu lui-même, a choisi de la goûter. « Au fond de la coupe, il doit y avoir une perle ». Cette perle, c’est la résurrection. « Il y a une vérité qui doit être proclamée haut et fort le Vendredi Saint. Celui que nous contemplons sur la croix est Dieu ‘en personne’. (…) Tant qu’on ne reconnaîtra pas et qu’on ne prendra pas au sérieux le dogme de foi fondamental des chrétiens (…) à savoir que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, Dieu lui-même, de même nature que le Père, la souffrance humaine restera sans réponse », a-t-il expliqué.
« On ne peut pas dire que ‘la demande de Job est restée sans réponse’, ni que la foi chrétienne ne donne pas de réponse par rapport à la souffrance humaine, si au départ on refuse la réponse que celle-ci dit avoir », a-t-il poursuivi.
« Que faire pour garantir à quelqu’un qu’une certaine boisson ne contient pas de poison ? s’est interrogé le P. Cantalamessa. La boire avant lui, devant lui ! C’est ce que Dieu a fait avec les hommes. Il a bu la coupe amère de la passion. La souffrance humaine ne peut donc pas être empoisonnée, ne peut être seulement négativité, perte, absurdité, si Dieu lui-même a choisi de la goûter ».
Mais « Au fond de la coupe, il doit y avoir une perle, a-t-il ajouté. Le nom de la perle, nous le connaissons : résurrection ! »
Le P. Cantalamessa a expliqué que la Croix est le « oui d’amour » de Dieu au monde. Par la Croix, le mal a été « éliminé, vaincu », a-t-il dit, en citant Benoît XVI.
« La réponse de la Croix n’est pas seulement pour nous chrétiens, elle est pour tous, car le Fils de Dieu est mort pour tous », a-t-il précisé.
Le prédicateur a expliqué que la souffrance « met en contact de façon mystérieuse (…) avec la croix du Christ ».
Il a évoqué ceux qui « ont bu la coupe », après Jésus : les martyrs. « On ne peut pas passer sous silence leur témoignage », a-t-il affirmé, en citant, parmi les « témoins modernes de la foi », les moines de Tibhirine massacrés en 1996, et plus récemment, le ministre pakistanais Shahbaz Bhatti « tué pour sa foi en mars 2011 », qui voulait vivre et mourir pour le Christ, et qu’il a comparé au martyr Ignace d’Antioche. Et tant d’autres !
Mon Dieu, donnez-moi la sérénité et le courage pour accepter et vous offrir les choses que je ne peux changer, la volonté et la force de changer les choses qui peuvent l’être, et la sagesse d’en connaître la différence.
Les bonus : La foi plus forte que les ténèbres. https://youtu.be/9n2KbX61FUQ?si=G_6gewbUxAqtga81