Lundi 12 mai 2025 Moutons de panurge ou brebis libérée
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 10, 1-10) : «En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »
Jésus se présente comme notre berger. Est-ce que cela ne fait pas un peu trop grégaire ? Quand on pense à « mouton », on pense facilement aux « moutons de Panurge ». Panurge est un personnage de François Rabelais. Panurge fait une traversée sur un bateau. Il se querelle (il se prend la tête) avec le marchand Dindenault. Pour se venger, Panurge lui achète un de ses moutons. Le marchand est surpris mais tout content. Cependant, Panurge fait s’avancer le mouton dans la mer. Tous les autres moutons le suivent bêtement. Même le marchand qui s’accroche au dernier mouton, se noie. Jésus voudrait donc que nous soyons des moutons, des personnes qui suivent sans se poser des questions ? Et si c’était le contraire ? En effet, on a diagnostiqué que nous souffrons tous du syndrome de la chèvre de monsieur Seguin. Un syndrome, c’est un ensemble de symptômes qui révèlent une maladie cachée. Dans l’histoire d’Alphonse Daudet, monsieur Seguin avait eu six chèvres, toutes mangées par le loup car elles étaient allées dans la montagne. Blanquette, la septième petite chèvre, est bien traitée par son maître, mais commence à s’ennuyer. Un jour, elle dit à son maître qu’elle voudrait partir dans la montagne, mais monsieur Seguin le prend mal. Afin qu’elle ne s’enfuie pas, il l’enferme dans une étable, mais oublie de fermer la fenêtre, par laquelle Blanquette s’évade. Elle découvre alors les joies de la montagne et de la liberté… Mais le soir tombe ; Blanquette entend la trompe de monsieur Seguin qui l’appelle, mais elle ne veut pas revenir. Elle ne veut pas être de nouveau enfermée. Elle décide alors de rester dans la montagne. Elle se bat vaillamment contre le loup toute la nuit. Au lever du jour, Blanquette, épuisée par un combat inégal, finit par se laisser dévorer. Nous souffrons tous du syndrome de la chèvre de monsieur Seguin, parce que nous croyons toujours que la liberté consiste à s’échapper, à aller courir dans la montagne quitte à se faire manger par le loup, comme s’il n’y avait pas d’autre choix que la liberté des grands espaces mais au risque du loup ou la sécurité de l’étable mais avec ses barrières et sa chaîne. Il y a une autre possibilité, celle de l’évangile : que la chèvre (ou la brebis… !) accepte… de S’ATTACHER au Bon Berger. Jésus est le Bon Berger. Il dit aussi : « Je suis la Porte. » Je suis le garant de la liberté des brebis. Nous n’avons pas à avoir peur de Jésus. Plus nous lui serons unis, plus notre personnalité s’épanouira, plus notre liberté s’affermira.
Une petite blague : Eugène est un vieux monsieur. Il est en phase terminale, et monsieur le curé est à son chevet pour lui donner l’onction des malades. Le Père curé le connaît bien. Il le tutoie. Comme le vieil Eugène est sourd, il s’approche de lui le plus près possible et lui dit à l’oreille : – « Avant de mourir, dis ta foi en Notre Seigneur Jésus Christ et renie le Démon. » Mais Eugène se tait. Le Père curé lui demande : – « Allons, Eugène, quand on quitte ce monde, il faut se préparer et renier le mal pour rejoindre le Seigneur aussi pur que possible… Pourquoi ne veux-tu pas renier le Démon ? » Eugène lui dit : « J’hésite » – « Comment tu hésites ! Il est plus que temps de t’abandonner entre les bras de Jésus et d’abjurer le démon. » Alors le vieux, d’une voix chevrotante : – « Tant que je ne sais pas chez qui je vais aller, je ne veux vexer personne. » L’histoire est amusante mais elle laisse penser qu’il serait indifférent d’aller chez le Bon Dieu ou chez le diable, que choisir le bien ou choisir le mal, ça n’a pas d’importance… Or, il faut le dire clairement : quand on choisit le mal, si petit soit-il, on en devient esclave et on se rabougrit. En s’exposant peu à peu au désespoir du malheur éternel. Le voleur et le bandit n’apporte rien de bon. « Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. » Au contraire quand on choisit de faire le bien si petit soit-il, même sans que personne n’en sache rien (sauf le Seigneur), on se grandit, en s’ouvrant peu à peu à la joie éternelle. « Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. »
Les bonus : Pape Léon XIV : https://youtu.be/I71QzX7robI?si=iy8t1cxmMirSMREa