10 décembre 2025 Dieu « rend des forces à l’homme fatigué »
La prophétie (Is 40, 25-31) : […] Le Seigneur est le Dieu éternel, il crée jusqu’aux extrémités de la terre, il ne se fatigue pas, ne se lasse pas. Son intelligence est insondable. Il rend des forces à l’homme fatigué, il augmente la vigueur de celui qui est faible. Les garçons se fatiguent, se lassent, et les jeunes gens ne cessent de trébucher, mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer.
La réalisation de la prophétie : (Mt 11, 28-30) « En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Bien des paroles de saint Augustin ont traversé les siècles notamment celle-ci qui a été mise en musique par les moines de Tamié : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ».
Voici le témoignage du chanteur Michel Delpech extrait de son livre. Il a traversé sept années de dépression. Et voilà qu’« une nuit, il est près de quatre heures, alors que tout est paisible dans la maison, je me réveille en sursaut dans mon lit, en proie à une panique absolue. Je me lève, allume la lumière et fouille fiévreusement dans mes tiroirs, à la recherche de papier. D’une main tremblante, je trace sur une feuille, au feutre noir, une grande croix que je punaise au mur. C’est un acte d’exorcisme, d’une impérieuse nécessité. Il y va de ma survie. Je me plante devant ce crucifix de fortune avec le sentiment d’avoir écarté le danger puis, apaisé, je me rendors enfin. Le lendemain seulement, je me rends compte de la valeur de ce geste quasi instinctif. En dessinant cette croix presque malgré moi, je réclame un Dieu chrétien, j’exprime le besoin de renouer avec le catholicisme, ma religion d’origine. Il faut que j’emprunte cette voie, la plus directe pour rejoindre ce Dieu qui est le mien et abandonner tout ce qui constitue ma vie spirituelle depuis des années. Je descends si profondément en moi que je me mets à appeler le ciel. Lorsque plus rien, sur terre, ne peut vous retenir et qu’en désespoir de cause on se tourne vers lui, le problème de la foi ne se pose plus : on l’a. Quand il n’y a plus que Dieu, il se montre. La certitude de son existence entre en moi, d’autant plus que je suis démuni. Je prie. Je suis sûr que Dieu existe puisque je le prie. […] Je me réfugie dans les églises. J’y passe des journées entières, assis au fond de la nef, non à prier mais à dormir. C’est un lieu de repos, le seul où je me sente en sécurité. Je n’éprouve plus alors de mépris pour la religion chrétienne ni d’aversion envers les catholiques. Une religion, quelle qu’elle soit, n’est plus, pour moi, sujette à moqueries. Les prêtres, que je considérais auparavant comme des clowns en dentelles, ainsi que les montre Fellini dans son film Fellini Roma, acquièrent à mes yeux une nouvelle signification. Dans la maison de Dieu où le Seigneur me protège, rien ne peut m’arriver, le diable ne peut pas se déchaîner. Une fois dehors, je me sens à nouveau menacé. » Ce n’est que le début de sa guérison. Il a encore du chemin à parcourir. Et il faudra la visite au tombeau du Christ pour l’ancrer définitivement dans la foi. Mais il vient d’expérimenter que Jésus est notre Repos.
Et il nous faut savoir en profiter. Dans un morceau de musique, il y a des pauses et des soupirs ; ils font partie de la mélodie. Ils sont tout aussi importants à leur place que les notes qui doivent être jouées. Les omettre perturberait le jeu et en modifierait le thème. Il en va de même dans la vie du croyant. Dieu a en vue un “morceau” précis quand il compose la mélodie de notre vie. Ne soyons pas surpris par ces pauses. Elles font partie du plan de Dieu pour nous. Nous avons trop tendance à croire que la vie est uniquement faite de diverses activités. Mais Notre Seigneur nous demande aussi de nous arrêter et de nous reposer dans sa présence pour nous ressourcer. Nous avons réellement besoin de ces repos pour que notre vie soit harmonieuse. Alors nous pourrons être une bénédiction pour notre entourage. Blaise Pascal va jusqu’à dire : « J’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. »
Avant que le Seigneur ne doive profiter d’une pause inattendue sur la portée musicale de notre vie, comme si apparemment nous étions “hors service” pour un temps, quand nous sommes contraints à l’inactivité par un accident, une maladie, l’âge avancé, établissons régulièrement des pauses auprès de Jésus, notre Repos.
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