11 janvier 2026 Le baptême de Jésus.
Un ami prêtre raconte qu’un jour, à la maison de retraite, il a surpris une discussion acharnée entre un instituteur laïque à la retraite et une béate, c’est-à-dire une consacrée qui faisait fonction dans le village de catéchiste, garde-malade, assistante sociale, animatrice de prière …
« Monsieur le curé, avec mademoiselle, nous ne sommes pas d’accord. Figurez-vous qu’elle prétend que le baptême de Jésus a été célébré au Jourdain. Ce serait donc un baptême d’adulte. Il est pourtant clair que le baptême de Jésus, c’est sa circoncision, huit jours après sa naissance. C’est un baptême d’enfant. » Les deux se soutiennent. La circoncision, depuis Abraham, le « Père des croyants », marquait l’entrée dans le Peuple de l’Alliance. Jésus a reçu officiellement son nom ce jour-là, comme nous le raconte saint Luc au chapitre 2, verset 21 de son évangile. Et pourtant, le baptême qui ressemble le mieux au nôtre est celui qu’il a voulu recevoir de son cousin Jean-Baptiste : il y a l’eau, il y a la voix du Père, il y a le Fils, et le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe… Cependant, Monsieur le Curé leur a dit sans ménagement : « Vous avez tort tous les deux. » En effet, Jésus n’avait pas besoin d’être baptisé. Le baptême, ce n’est pas seulement l’admission dans le Peuple de Dieu, l’entrée dans l’Église. Ce n’est pas seulement l’attribution du prénom. C’est un Mystère d’Adoption. Jésus n’avait pas besoin d’être baptisé parce qu’il est Fils de Dieu, par nature. Le baptême au Jourdain est une théophanie, c’est-à-dire une révélation, une manifestation visible d’une réalité cachée, mais bien réelle. Ce jour-là, il apparaît que Jésus n’est pas seulement un prophète de plus genre Isaïe, un maître de sagesse genre Bouddha, un guide spirituel genre saint Jean de la Croix, un très grand homme genre Gandhi. Il est Dieu le Fils en personne. Il est le Verbe du Père qui se rend visible, qui vient vivre en homme sa vie éternelle de Deuxième Personne de la Trinité. Ce qu’il était par nature, nous le devenons par grâce. À notre Baptême, Dieu nous adopte comme fils. Au sortir du baptême, Dieu le Père nous considère comme si nous avions personnellement souffert la Passion de son Fils.
Une religieuse m’a raconté qu’elle avait été témoin d’une dispute entre deux enfants d’une dizaine d’années, deux frères dont l’un était adopté et l’autre « fait maison » comme disent joliment les parents. Sous le coup de la colère, l’un d’eux dit à l’autre : « De toute façon, tu n’es qu’un adopté »… Et aussitôt son frère lui rétorque : « Oui… mais moi, j’ai été choisi tandis que toi, tu as été seulement accepté »… Quand elle a rapporté cette conversation à leur maman, celle-ci en a été très heureuse. Le jeu de mots de son fils adoptif lui a mis beaucoup de baume au coeur.
Nous avions entendu également un beau témoignage à Paris lors d’un rassemblement national des équipes Notre-Dame. Un couple qui intervenait nous avaient raconté qu’ils ont adopté un petit garçon polonais. Au début de son année de catéchèse de CE2, quand il s’est agi pour lui de se présenter, il a dit au groupe : « Moi ce n’est pas pareil. Quand je suis né, j’avais deux ans »… Quelle joie pour les parents en apprenant ce petit mot de la bouche de la catéchiste !!
Jusqu’à il y a quelques années, l’adoption consistait à donner un enfant à un couple qui ne pouvait pas en avoir. Depuis une vingtaine d’années, certaines adoptions consistent à donner une famille à des enfants qui n’en n’ont pas. A ces parents, ne posez surtout pas la question : « Combien sont à vous ? » Ils vous répondront avec un air faussement indigné que tous sont à eux, en vous expliquant que le lien d’adoption est aussi fort que le lien biologique. Mais, comme ils ont de l’humour, ils vous répondront : « Nous avons trois adoptés et quatre « faits-maison. »
« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, dit Le Seigneur, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jn 15,12).
Il faudrait vraiment que nous prenions l’habitude : au lieu de dire : « J’ai été baptisé le…. » dire plutôt « Je suis baptisé depuis le… » Et fêter l’anniversaire de notre baptême !
Une image peut nous aider. Mais il faut revenir des années en arrière à l’époque des photos argentiques. Comprendront bien ceux d’entre vous qui ont déjà eu l’occasion de développer des photos. Que fait-on dans ce cas-là ? Après avoir soin d’être dans le noir, on prend un papier que l’on appelle sensible. Pendant un court instant, on expose sur ce papier, le négatif qu’un jet de lumière traverse. Après cette première opération, si on regarde le papier sensible, rien n’est changé, rien n’est apparu, le papier sensible est toujours vierge et cependant on le sait, la photo est là, bien qu’invisible. Il faut que le papier soit plongé dans un bain, que l’on appelle le révélateur, pour qu’alors sous nos yeux, progressivement, les contours de la photo puis chacun des détails apparaissent. N’en est-il pas de même pour le baptême ? La grâce de Dieu qui nous soutient au travers des sacrements, des rencontres, des événements traversés fait que peu à peu apparaisse ce qui nous a été donné le jour de notre baptême. Avançons avec confiance ! Amen !
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12 janvier 2026. Jésus pêcheur (avec un chapeau !).
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1, 14-20) : «Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite.
Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets,
ils le suivirent.Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite. »
Des pêcheurs d’hommes, on en trouve plein le filet, je veux dire « plein le net ». Des pêcheurs d’hommes, de femmes, de redoutables pêcheurs d’enfants et d’adolescents, on en trouve plein le net. Certains appâtent avec des offres exceptionnelles. D’autre se servent d’adresses volées. Ce n’est pas pour rien que cela s’appelle le net, le filet. Jésus se serait-il servi des réseaux sociaux pour recruter ses disciples. En aurait-il fait des pêcheurs d’êtres humains comme il y en a tant aujourd’hui ? L’image ne paraît plus coller au message. Dans l’évangile, on ne voit pas Jésus cherchant à mettre la main ou le filet sur les gens. Il a grand souci de leur liberté. Pensons au jeune homme riche, pensons à ce qu’il dit à ses apôtres après la multiplication des pains et le long discours à la synagogue de Capharnaüm ; certains de ses disciples sont choqués de l’entendre dire qu’il donne sa chair à manger et son sang à boire, et ils se cherchent un autre Messie ; alors Jésus dit à ceux qui sont restés : « Voulez-vous partir vous aussi ? » De fait, un des rares textes où Jésus se comporte en pêcheur d’hommes, c’est celui-ci, quand il appelle quatre pêcheurs à devenir pêcheurs d’hommes.
Jésus nous pêche non pour nous capturer mais pour nous faire passer des eaux troubles du péché où nous ne pouvons que dépérir et nous perdre, à l’Eau Vive de l’amour du Père, du Fils, et du Saint-Esprit.
A vrai dire, nous avons tous la nostalgie de cet océan d’amour sans rivage et sans fond duquel nous venons mais que nous avons perdu par la faute du péché originel. Un paroissien médecin m’envoie de temps en temps ses petites réflexions pleines de saveur. Voici la belle parabole qu’il m’a envoyée pour dire ce que les théologiens appellent « le désir naturel du surnaturel » et les théologiens modernes l’ « existential surnaturel ». « Les gens se demandent toujours ce que sera le paradis, j’imagine que Jésus le savait bien mais qu’il lui était difficile de le décrire, sauf en paraboles… Dans mon cabinet médical j’ai un aquarium, je trouve la compagnie des poissons reposante. Certains de mes poissons sont assez vieux, pour des poissons. L’un se nomme Marsel, avec un « s » : il dit que ça lui rappelle la mer et le sel. C’est un vantard, il est né dans un aquarium d’eau douce à 26° et, si ces paramètres changeaient un peu, il mourrait rapidement. Quand j’ai fini ma journée j’ai plaisir à bavarder avec lui car il est assez philosophe et observateur, il écoute mes conversations avec les patients, reste très discret et me confie ses réflexions, Dernièrement il m’a demandé de lui décrire l’océan, il en a curieusement la nostalgie sans jamais l’avoir connu. Je suis parti dans de grandes descriptions, mais ça ne l’a pas convaincu. Comment expliquer à un poisson dont l’univers fait un mètre de côté l’immensité de l’océan ?! Honnêtement je ne sais pas, mais peut-être que maintenant quand j’essaie d’imaginer le paradis je me dis que je comprends un peu pourquoi Marsel est nostalgique de son océan et qu’il y a certainement autant de différence entre un aquarium et l’océan qu’entre ma petite vie et le paradis.
Nous sommes comme des petits poissons attirés hélas, par des choses qui brillent alors qu’en fait c’est de la pollution, comme des nappes de gasoil dans la mer. Pour échapper à ces pollutions, le petit poisson n’a qu’une solution : trouver l’embouchure du fleuve puis remonter le fleuve jusqu’à la source. Il va trouver de l’eau de plus en plus pure. Mais pour cela il lui faut accueillir la présence, le « pilotage » de Jésus, et apprendre à nager à contrecourant. Le chrétien dans le monde est comme le poisson dans un cours d’eau rapide : il nage toujours à contre-courant et est le symbole de la contre-culture. Le poisson reste dans l’eau et ne la quitte pas. Mais il vit dans un état de résistance continuel. Il vit à coups de rein. L’eau ne le gêne pas : il y prend plutôt son appui pour avancer en amont, vers la source du torrent. Les obstacles, il les prend comme tremplin pour avancer. Le chrétien aussi est une contre-voix dans la culture contemporaine : il ne s’installe pas confortablement sur la berge comme spectateur. Il est partie prenante en politique, musique, images, sexualité, famille ; il s’engage dans la science et la technique, il croit en un avenir : il a confiance en s’exerçant aussi à la résistance. Il nage à contre-courant.
Encore lui faut-il se laisser prendre par Jésus, … pêcheur, mais avec un « chapeau ». Un accent circonflexe, pas un accent aigu.
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