3°dimanche de carême A 8 mars 2026

(Les Carmes (premiers communiants et futurs baptisés) Solignac

(Homélie avec le vase magique)

Frères et sœurs,

Première lecture : 1200 ans avant Jésus : Le Seigneur demande à Moïse de frapper le rocher avec son bâton. Mettez-vous à sa place : « Et s’il ne se passe rien ?! J’aurai l‘air malin devant tout le peuple qui marmonne et est prêt à en venir aux mains ! »… Il frappe le rocher et l’eau jaillit à flot.

25 février 1858 à Lourdes devant la grotte de Massabielle : Sainte Bernadette Soubirous, est entourée d’une immense foule. Bernadette dit qu’elle voit une dame dans le creux du rocher ; il est clair que c’est la Vierge Marie. Seule Bernadette la voit et l’entend. Lors de cette 9ème apparition, sur la parole de la Vierge Marie, elle gratte la terre au fond de la grotte du rocher de Massabielle. Elle porte de la boue à sa bouche et se fait prendre pour une « dérangée ». C’est seulement quelques heures plus tard que l’eau jaillira à flots pour ne jamais s’arrêter (depuis 168 ans !) et provoquer plusieurs guérisons dès les premiers jours.

Un autre témoignage, celui de Marc, un garçon suisse. Il raconte qu’à 18 ans il est parti de chez ses parents sans leur donner la destination où il allait. Il voulait faire le tour du monde. Pendant deux ans ses parents se sont faits beaucoup de souci. Et puis il revient. Grande joie à la maison. Le dimanche suivant son retour, les parents l’invitent à aller à la messe. Il dit : « je n’ai pas osé faire une histoire ; je venais juste de revenir. Je me suis dit que ça ne durait qu’une heure ». Le Seigneur a béni cette confiance envers ses parents. Ce dimanche-là, il a fait la rencontre avec Jésus ; il a su d’un coup – comme un coup de foudre – que Jésus était vraiment là, vivant , et qu’il était aimé passionnément. Quand Marc raconte sa conversion, il dit : « ce dimanche matin-là, j’ai fait le voyage le plus long qui soit, et – en montrant son front puis son cœur », il dit « je suis allé de là à là » Trente centimètres.

Et la samaritaine : elle aurait pu faire semblant d’aller chercher son mari. Elle a fait la vérité.  Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme réplique : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en a eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. » La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !…

Quand nous posons un acte de foi, si petit soit-il, Jésus peut agir pour nous, Jésus peut agir par nous.  Moïse est devenu le plus grand berger du Peuple qui a préparé la venue de Jésus. Sainte Bernadette est la plus grande bergère de Jésus. Chaque année elle lui amène à Lourdes 7millions de pèlerins sans compter ceux qui regardent les activités de Lourdes par visios. Marc a trouvé la Joie qu’il cherchait désespérément en parcourant la terre entière.

Cela avait été annoncé à Abraham :  si tu me suis, je te bénirai et tu seras pour les autres une bénédiction.

Jésus à notre baptême vient en nous comme une source jaillissante.

Hélas, nous sommes capables d’y mettre un couvercle dessus.

Beaucoup de baptisés font comme si Dieu était une borne à incendie. On la fait installer à coté de sa maison mais on souhaite ne jamais en avoir besoin.

Or Jésus n’est pas une borne à incendie à laquelle on n’a recours que quand il y a le feu.

Il est au-dedans de nous pour nous désaltérer d’amour et d’espérance. Et pour que nous irriguions notre entourage d’amour et d’espérance.

Comment entretenir la source ou même la faire jaillir à nouveau ?

Par des actes de foi, comme Moïse qui frappe le rocher, comme sainte Bernadette qui creuse au pied du rocher de Lourdes, comme Marc qui accepte de suivre ses parents. Un acte de foi, ça se voit.

Aujourd’hui que demande le Seigneur à un baptisé comme acte de foi ? Un acte de foi qui n’est pas très glorieux, qui se voit, qui est tout simple ? Depuis deux mille ans, on n’en a pas trouvé de mieux : C’est de venir à la messe régulièrement. C’est par la messe que Jésus peut être cette source qui est inépuisable, intarissable.  Amen !

Les bonus : (6990) Apparitions de Pellevoisin : du calme dans les épreuves ! – YouTube

9 mars 2026. La comptabilité de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 4, 24-30) : « Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. »

Vous connaissez la pratique des indulgences. Ou bien celle des neuvaines de prière. On peut s’indigner que l’Eglise nous propose des démarches aussi précises, des démarches que l’on pourrait qualifier de « comptables ». Alors rappelons-nous, comme Jésus le fait dans l’évangile du jour, l’histoire de Naaman, ce général syrien lépreux, telle qu’elle est racontée dans le deuxième livre des Rois au chapitre cinq. La lèpre est l’image du péché et des conséquences du péché pour nous, que nous soyons  vivants ou défunts. Pour être guéri, le général syrien Naaman va en Palestine voir le prophète Elisée. Il s’attend – c’est un grand personnage – à ce qu’Elisée, prophète de Dieu, fasse de belles choses sur lui, des choses dignes de lui « quand même » ! Mais Elisée, presque sans sortir de sa chambre, lui fait dire qu’il aille se plonger sept fois dans les eaux du Jourdain. Naaman, qui veut guérir mais qui est orgueilleux, se met en colère dans un premier temps. Il a envie de repartir chez lui, parce que se plonger sept fois (Un, deux, trois, quatre, cinq, six, et sept), ça fait un peu trop… comptabilité, comme pour les indulgences. Finalement, il y va parce que le serviteur de Naaman lui dit : « Il t’aurait dit de faire de grandes choses tu l’aurais fait pour être guéri, il te dit de faire des petites choses, alors fais-le. » Il va se plonger sept fois très précisément, et il est guéri de sa lèpre. L’Eglise c’est à la fois le prophète Elisée qui agit au nom de Dieu et c’est aussi le serviteur de Naaman qui invite à l’humilité, antidote de l’orgueil dans lequel s’enracine tout péché.

Les indulgences, les neuvaines, les chapelets – le classique ou le chapelet de la miséricorde, le chapelet pour la conversion des musulmans – les lieux de pèlerinage, etc …c’est le Seigneur qui met son amour à notre portée. On l’entend se dire quand son Eglise propose un Jubilé par exemple : « J’espère que ce petit rien de dévotion les remettra en route dans mon amour. Par affection pour leur défunt, ou pour eux-mêmes, ils vont faire cette petite démarche bien définie qui les remettra dans mon amour.

Un passage d’une pièce de théâtre peu connue de Marcel Pagnol peut aussi nous aider à aller à l’essentiel. (C’est un extrait de « La prière aux étoiles »)

Le garçon demande : « Alors, l’amour qu’est-ce que c’est ? »

Et sa princesse répond : « Je ne sais peut-être pas ce que c’est, mais je vais te dire comment ça se passe : un homme voit une femme. Ils se plaisent. Bon. Et alors, ils vont prendre le thé, ou ils vont se promener au bois de Boulogne. Et on s’embrasse et on se dit : « Je t’aime », et on se fait du charme, et tout le reste, et ça va très bien… Et tout d’un coup, il y en a un des deux qui donne à l’autre un sou d’amour. Mais de vrai amour, tu comprends. Un sou, pas plus. Oh !… Ce n’est presque rien, c’est peut-être une nouvelle robe de la couleur de sa cravate, c’est peut-être de répéter une phrase qu’il a dite la veille… c’est une façon de tenir une main, un regard plus bleu, un petit tremblement dans la voix… Alors, il faut que l’autre le comprenne… Il faut que tout à coup il sente que ce n’est pas trois mille francs de coquetterie, ou dix mille francs de flirt, mais que c’est beaucoup plus que ça, parce que c’est un sou d’amour. Et alors, tout de suite, il faut que, pour un sou, il rende tout à coup deux sous d’amour. »

Les Jubilés, les indulgences, les neuvaines, c’est une question d’amour et donc de simplicité et de sincérité. L’indulgence, c’est le pèlerinage de la grâce à travers nous. Quand un incendie est éteint, il est éteint, mais il reste des arbres calcinés. Quand quelqu’un a été gravement malade, si le cancer a été bien opéré, si on a bien tout enlevé, la personne est guérie, elle ne mourra pas de cela. Mais, avant qu’elle ait retrouvé la santé, et qu’elle coure les cent mètres, il y en a pour un moment. Quand vous avez pardonné à quelqu’un, vous pouvez dans le secret de votre cœur, au plus profond, avoir pardonné. Cela efface-t-il d’emblée toutes les traces de trahison, d’incompréhension, de haine qu’il y a pu avoir et les dégâts qu’a occasionnés, non seulement dans la relation, mais aussi en vous, le fait que pendant un certain temps vous avez été en hostilité avec telle personne ? Je prends ces trois exemples dans des domaines différents pour dire qu’entre la guérison de la cause et l’assainissement de toutes ses conséquences, il y a une différence. Dans l’ordre de la grâce, il en va de même : vous êtes pardonné, vous avez reçu l’absolution. Mais le péché fait des dégâts, il laisse des traces. L’indulgence est comme une surabondance de la grâce, que nous recevons tout particulièrement en solidarité avec tous les autres chrétiens – vivants et morts -, pour que la grâce du pardon, la grâce de la réconciliation, s’étendent dans toute notre vie, pour que nous soyons vraiment, dans toutes les fibres de notre être, guéris de ces relents de péché qui peuvent avoir désorganisé, démantibulé notre être humain et notre être relationnel.

Il faut croire que les habitants de Nazareth qui voulaient faire disparaître Jésus ont fini par entrer dans cette invitation du Seigneur puisqu’on a retrouvé des vestiges chrétiens datant de la fin du premier siècle. Le Seigneur est patient. On peut lui dire non un jour et oui, le lendemain. L’essentiel est de se reprendre. Comme Namaan sur le conseil de son aide de camp..

Les bonus : Le paradis et l’enfer (catéchisme adulte 15/31)

Mardi 10 mars 2026 Jésus a épongé ma dette.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 18, 21-35) : «En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Nous avons chacun une dette astronomique envers le Seigneur. Père Fabio avait expliqué, une semaine avant, à son petit groupe d’enfants de 10-11 ans que Jésus nous met en état de grâce. Il leur pose la question : « Quand on s’est confessé avec un sincère repentir on se trouve dans que létat ? Est-ce que vous vous souvenez ?  Nous sommes alors en état de …, en état de … » Un enfant risque une réponse ; «  en état d’arrestation » !!

Marcel Pagnol a merveilleusement compris que la miséricorde de Dieu ne se disait pas mieux que dans le sacrement de la réconciliation.

            Parcourons les paroles qu’il a placées dans la bouche du curé de Cucugnan. Nous allons essayer de les lire  « avé l’accent » : « Mon Dieu, je sais bien que la nature humaine est assez naturellement portée vers le mal, et que le diable, chaque soir, va poser ses collets à la porte des granges ou à la sortie du café, et sous la fenêtre des filles. Je sais aussi que vous n’êtes pas une race spécialement criminelle et qu’il y a dans le monde bien des paroisses qui vivent beaucoup plus mal que nous. Mais ce qui fait de Cucugnan une pépinière de damnés, c’est que vous ne venez plus à la confession (…) Pour vous, qui avez encore une chance d’obtenir le pardon de la miséricorde divine, ne soyez pas assez stupides pour refuser ce grandiose privilège que nous devons au Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ. »

            Continuons la lecture de ce grand théologien qu’est le curé de Cucugnan. Il prend en compte les objections classiques : « Puisque la confession efface tout, ce n’est pas la peine de se confesser tout le temps, et la dernière est suffisante   ! » Le curé a beau jeu de répondre que c’est souvent trop tard : « Même si vous avez l’intention de m’appeler à la première alerte sérieuse, est-ce que vous êtes bien sûrs qu’à ce moment-là vous ne serez pas déjà à moitié gaga ? J’en ai confessé beaucoup de ces pauvres absents. Ils s’accusent de n’importe quoi, comme d’avoir mis le feu à l’église, ou d’avoir pensé du mal du président de la République, ce qui est peut-être une erreur, mais sûrement pas un péché… (…) N’attendez pas d’en être là, car le seul repentir sincère et valable, c’est celui des gens en bonne santé. » Autre difficulté : pourquoi avez-vous peur de vous confesser, demande le curé de Cucugnan ? « Il y en a beaucoup que c’est par vanité. Ils ont peur d’avouer à un autre homme toutes les fautes qu’ils ont commises, et ils s’imaginent que je vais prendre des notes dans ma tête, et que si je les rencontre dans la rue, je vais les regarder d’un air malicieux, en pensant à leur confession. Mais mes pauvres enfants, si un prêtre gardait dans sa mémoire tous les péchés qu’on lui confie, il lui pousserait une tête comme une coucourde, il semblerait un bilboquet et, en plus, il deviendrait fou   ! En réalité, ce n’est pas moi qui vous écoute, moi, ça rentre par une oreille, ça sort par l’autre pour aller jusqu’aux pieds du Bon Dieu. Alors, il juge votre repentir et il m’inspire la pénitence que je dois vous infliger   ! »

            Il y a deux dernières raisons qui rendent urgente et même agréable la confession : « Il y a encore quelqu’un d’autre qui entend votre confession : c’est vous-même et c’est ça le plus important   ! Le mal qu’on fait, sans trop s’en apercevoir… On évite d’y penser en le faisant… Mais quand il faut le dire à Dieu, on l’apprend soi-même comme une assez triste nouvelle : et quand on est sur le point de recommencer, ça vous met un peu mal à l’aise, on n’y va pas d’aussi bon coeur. » Enfin, « si vous saviez comme on est bien, comme on est calme après une bonne confession   ! Moi, j’y vais le lundi, chez M. le curé de Graveson. Eh bien   ! mes amis, quand je reviens le soir à pied sur cette belle route, avec le soleil couchant juste en face, je suis joyeux comme un becfigue (…). C’est le premier bienfait de la confession. » Et de raconter la confession d’un agonisant, tout heureux de recevoir le pardon. Voyant son sourire, « le premier peut-être depuis son berceau », le curé de Cucugnan eut envie de lui dire : “Espèce d’imbécile agonisant   ! Alors, tu as passé trente ans de misère, avec ce paquet de fumier pendu à l’artère du coeur, quand tu n’avais qu’à venir le déposer sans dire ton nom, dans notre petit confessionnal, derrière ce mauvais rideau qui est bien plus épais que la Muraille de Chine ? – La Muraille de Chine, c’est un mur tellement large qu’ils ont fait une route dessus   ! – Toute ta vie, tu as gardé cette mauvaise action bien renfermée, comme un pet sous un drap de lit, qui vous empêche de bouger de peur de mourir asphyxié ? Vaï, tu t’es bien puni toi-même, et le Bon Dieu n’aurait pas été aussi cruel que toi… »

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