Samedi 7 février 2026 la longueur des homélies.

« En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement. »

Cette petite phrase justifie tous les prédicateurs  : « Jésus se mit à les enseigner longuement » (Marc 6,34) !

Petit florilège d’un thème récurrent dans les paroisses : la longueur des homélies …

Un jour une dame interpelle le saint curé d’Ars : « Monsieur le curé, vos sermons sont très bien mais vous prêchez un peu trop longtemps ». Il lui a répondu avec son air ingénu : « Madame, ce ne sont pas mes homélies qui sont longues, ce sont vos dévotions qui sont courtes » … ! Nous avons la dévotion plus ou moins longue.

Le Père curé d’une paroisse de Haute-Loire avait comme aide-au-prêtre (on disait aussi sa « bonne » – Annie Cordy les a rendues célèbres) sa propre soeur. Depuis sa première nomination, tout de suite après son ordination, elle l’avait toujours accompagné, le suivant dans toutes ses différentes affectations. Cela durait depuis une quarantaine d’années, mais elle venait de mourir. Ses confrères du doyenné arrivent aussitôt pour lui dire leur amitié. Ils imaginent bien que sa peine est immense. Alors, ils lui font cette proposition : « Tu es touché en plein coeur. Si tu veux, nous allons nous occuper de tout pour la messe d’enterrement. » Mais il refuse : « Je tiens absolument à célébrer moi-même. C’était ma soeur. Elle a tellement fait pour moi. Je lui dois bien de présider ses funérailles. » Alors, les confrères prêtres lui disent : « Évidemment, nous comprenons. Mais alors, nous te proposons de prendre en charge l’homélie. Célébrer, c’est encore possible, mais prêcher, c’est trop difficile. Quand il nous arrive une peine aussi grande, on est trop vulnérable, trop sensible pour pouvoir parler à toute une assemblée. » Mais là encore, il refuse poliment : « J’y ai pensé, mais je tiens à tout assurer, l’homélie aussi …» Deux jours plus tard, l’église est pleine à ras bord. Beaucoup de prêtres ont pris place dans les stalles du choeur. Le Père curé préside la messe. Il y a beaucoup d’émotion, mais tout se passe bien. Arrive le moment de l’Evangile. Il lit sans trembler le récit de la résurrection de Lazare. « Acclamons la Parole de Dieu. »  L’assemblée, d’une seule voix, répond : « Louange à toi, Seigneur Jésus ». Tout le monde s’assoit. Et le Père curé dit : « Mes frères, les grandes douleurs sont muettes. Amen. » Et il rejoint le siège du célébrant !

Les homélies les plus courtes sont peut-être les meilleures. Je me souviens de celle de l’un de nos professeurs au séminaire. Il venait de proclamer la parabole du pharisien et du publicain. Jésus y dénonce l’attitude du pharisien qui dit dans sa prière : « Seigneur, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme ce publicain… » Il nous dit alors : « Ne serions-nous pas en train de nous dire : Seigneur, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme ce pharisien ? » Ces trouvailles ne sont peut-être pas à renouveler trop souvent. Mais, il faut reconnaître qu’elles donnent à réfléchir longtemps !.…

Les séminaristes s’exerçaient à l’homélie. Chacun avait un sujet précis. Un avait hérité de l’enfer. Au milieu d’une phrase, le trou… Dans ces cas-là, une astuce de professionnel consiste à dire une phrase banale avant de retrouver son idée : « En enfer… vous avez du feu au-dessus, vous avez du feu à droite, vous avez du feu à gauche, vous avez du feu au-dessous… » Le supérieur, pas dupe, appuie alors sur la sonnette et dit : « Cessez le feu ».

Dans cette famille catholique, le père tenait absolument à ce que ses grands fils aillent à la messe chaque dimanche. Pour les … encourager, le papa faisait des contrôles inopinés. Ce dimanche-là, alors qu’un des fils revient du bourg, il vérifie qu’il a bien participé à l’eucharistie : « Est-ce que tu peux me dire ce qu’a dit le Père curé dans son homélie ? » Pris de court –mais pas forcément parce qu’il n’était pas à l’église ce matin-là mais peut-être simplement parce que les distractions avaient parasité son écoute – le fils répond : « Il a parlé de Dieu.. et il était « pour ». Le dimanche suivant, le père un peu soupçonneux lui pose la même question. Et le fils répond : « Il a parlé du mal… et il était « contre ».

Le Père Emiliano Tardif commentant le récit de la première Pentecôte disait avec humour : « Le jour de Pentecôte, il a suffi d’une prédication pour faire trois mille conversions. Aujourd’hui, il faut trois mille prédications pour un seul converti. » C’est peut-être un peu pessimiste. L’homélie suppose, de la part de l’auditeur, une capacité d’écoute, une disponibilité, une attente. Et de la part du prêtre ou du diacre qui la prononce, un peu de savoir-faire. Voici quelques conseils. Quelle est la ressemblance entre une homélie et une mini-jupe ? Les deux doivent être plutôt courtes pour retenir l’attention et suffisamment longues pour couvrir le sujet. Les anciens disaient que pour faire une bonne homélie, il fallait préparer une bonne introduction et une bonne conclusion… et faire en sorte que les deux soient le plus rapprochées possible.

A bon prédicateur salut !

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