Fête-Dieu 2026 7 juin 2026 (retraite de première communion)

Frères et sœurs, Savez-vous pourquoi à Cuba, dans les églises, on ne trouve aucun banc, aucune chaise, aucun tabouret ... ? Ce n'est pas du tout en lien avec le jeu de mots que constitue le nom du pays. C'est tout simplement parce que les fidèles cassent trop (Fidel Castro)... ! Durant le premier millénaire, il n’y avait aucun siège dans les églises. Depuis longtemps, nous avons privilégié la station assise. Elle invite à l'écoute, comme Marie la soeur de Lazare qui se tenait assise aux pieds de Jésus, buvant ses paroles. Mais les autres positions ont aussi leur signification : on se tient debout parce que Jésus nous remet debout, parce qu'il veut nous ressusciter, parce qu'il nous rend notre dignité. On se tient debout aussi pour exprimer notre désir de partir témoigner de ce que nous avons reçu. La dernière scène du célèbre film Le Guépard de Luchino Visconti montre le prince Salina aristocrate sicilien, tyrannique et adultère. Le vieux notable voit passer dans la rue un humble prêtre portant le Saint-Sacrement en viatique, précédé par un enfant de chœur sonnant une clochette. Aussitôt le vieux Salina s’agenouille sur le pavé. Par-delà les frasques de sa vie peu recommandable, il avait conservé la foi qui le faisait prosterner devant le Seigneur qui passe.

Les plus anciens parmi nous ont en mémoire ces pluies de roses, et ces ostensoirs, ces bannières et ces processions. Pourquoi ? Pour porter une hostie à travers les rues de chaque village. Parce que nous croyons que Jésus - qui est réellement présent sous les apparences de l’hostie - veut venir au plus près de nos maisons, pour bénir nos familles, nos travaux, nos amitiés, nos engagements, nos services.

On parle des cinq « P » de la Présence du Seigneur. C’est un moyen mnémotechnique bien commode. Le Christ est présent dans le Pauvre, dans le Peuple, dans le Prêtre, dans la Parole qui sort de la Bible et sous les espèces du Pain :

. Le Christ est présent dans le pauvre auquel il s’identifie : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ».

. Le Christ est présent dans le Peuple : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. »

. Le Christ est présent dans le prêtre qui, en célébrant, n’agit pas seulement « au nom du Christ » mais « dans la Personne du Christ » :  « Qui vous écoute m’écoute ».

. Le Christ est présent dans la Parole lorsque les Saintes Ecritures sont proclamées dans l’assemblée : « Le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous ».

. La présence par excellence du Christ est celle sous les espèces du pain, sur l’autel pendant la messe, dans le tabernacle, et dans les rues lors des processions de la Fête-Dieu. « Ceci est mon corps livré pour vous ».

Qu’est-ce que cela change de l’adorer à genoux, de l’accueillir en procession, ou de le recevoir en communion ?

On peut se demander si notre génération n’est pas en plein âge ingrat. Jésus constatait que sur les dix lépreux qu’il avait guéris de leur lèpre, un seul venait rendre grâce. Un seul cela fait 10%. C’est à peu près la proportion des baptisés qui viennent à la messe, c’est-à-dire qui ont le souci de rendre grâce. Pour faire un jeu de mots, la messe est le seul remède contre un monde « sans merci », comme on dit, c’est-à-dire impitoyable, cruel et froid. Saint Irénée au II ° siècle disait que le Seigneur a institué l’eucharistie parce que les disciples du Christ ne doivent pas être stériles et ingrats. Origène déclarait : « Nous célébrons l’eucharistie parce que nous ne sommes pas des ingrats.[…] Le signe de notre gratitude envers Dieu est ce pain que l’on nomme eucharistie. »

Le plus beau mot pour parler de la messe c’est le mot « eucharistie ». C’est un mot grec qui veut tout simplement dire merci. De nos jours encore, en Grèce, on entend ce mot prononcé dans la rue, dans les conversations courantes. Pour un service rendu, on dit « Eucharistô poli » (merci beaucoup). La messe c’est d’abord un merci, celui de Jésus au Père. Nous nous y unissons pour que chacune de nos vies soient des mercis. Quand nous allons au cinéma, c’est pour voir un film. Quand nous allons chez le boucher, c’est pour acheter de la viande. Quand nous allons à la messe c’est pour dire merci. Nous venons fondre nos mercis dans le Merci parfait de Jésus à son Père. La messe en effet, c’est la prière du Christ Jésus, son sacrifice d’action de grâce. C’est pourquoi elle est d’une valeur infinie. Pour faire un autre jeu de mot : Dieu s’est mis à notre merci. Au sens où il s’est livré complétement à ses enfants, depuis la crèche jusqu’à la croix. Au sens où nous avons accès à toutes ses grâces, si nous prenons le temps de lui dire merci. C’est vrai déjà dans la vie courante : un enfant qui sait dire merci, un adulte qui sait dire merci sont plus heureux que ceux qui ne disent pas merci. Parce qu’en disant merci vous prenez conscience de tout ce que l’on vous donne, et vous le faites vôtre.

A la messe, ce merci, nous le disons debout parce que le Seigneur nous ressuscite, assis parce qu’il a beaucoup de choses à nous dire, à genoux parce qu’il est celui qui nous relève. Heureux qui met Jésus en « pôle position » ! Amen !

les bonus : (8145) Divinité de Jésus : ce que PERSONNE ne t’explique clairement - YouTube

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Lundi 8 juin 2026 Heureux !

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 1-12) : « En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.  Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »

Les béatitudes, c'est un message révolutionnaire. Spontanément à propos du bonheur, on dirait volontiers :  - Heureux ceux qui ne manquent de rien. Jésus prend tout cela à contre-pied en disant :- Bravo vous qui avez opté résolument pour la pauvreté !  On dirait - Heureux ceux qui savent se faire respecter. Et Jésus :  - Félicitations les doux !  - Heureux ceux qui savent contenir leur émotion, qui ont du cran, qui sont solides.  - Vous avez raison vous qui pleurez de ne pas assez aimer !  - Heureux ceux qui ont de la chance, ceux à qui tout sourit. - Les affligés, ne baissez pas les bras, vous serez consolés  - Heureux ceux qui ne s'occupent pas des affaires des autres. - Les affamés et les assoiffés de justice, vous êtes dans la bonne voie.  - Heureux ceux qui ne se laissent pas faire. - Vous cherchez à pardonner : formidable ! - Heureux ceux qui savent se débrouiller, magouiller, ceux qui sont "libérés", qui ne sont pas dans le carcan de principes moraux dépassés.  - Joie pour les coeurs purs - Les artisans de paix, bravo !  Ces béatitudes sont vraiment des encouragements de Jésus.

Deuxièmement, cette page d'évangile nous laisse entrevoir le cœur de Jésus.  "Heureux les pauvres, heureux les doux, heureux les purs...".
Pour Jésus, ce sont des évidences, il les fait rouler sur la pente de la colline, où les foules se sont amassées pour l'entendre. Mais nous avons, nous autres, l'oreille plus fine que ces bons galiléens. Il y a deux mille ans que nous étudions les textes. Nous y décelons sous la puissante voix qui s'égaille dans la campagne, la plus pudique des confidences. Le Christ a souvent parlé de sa mission, de ses titres, fils de Dieu, prophète, Fils de l'Homme, envoyé du Père. En un mot, il a dit, au moins à ses disciples, qui il était. Mais jamais il ne leur a enseigné quel il était. Il n'a pas parlé de son coeur ni décrit son tempérament. Sauf cette fois-là, et sous une forme délibérément impersonnelle, comme une généralité lancée à tout vent. Car ces mots, simplicité de l'âme, pureté, miséricorde, affliction, justice, douceur, outrages, qui désignent-ils d'abord ? En traits de feu, et pourtant à peine cernés, c'est le fond de son âme qu'il ouvre ainsi à ceux qui après lui voudront bien l'imiter. Et au-dessus de toutes les tribulations, neuf fois il l'a déclarée heureuse. Le pauvre c'est Jésus, le doux c'est Jésus, l'assoiffé de justice, c'est Jésus. Du coup, pour nous, le bonheur, c'est Jésus.

Troisièmement, les béatitudes
sont un texte très inspirant. A preuve parmi bien d’autres, une méditation du Père Joseh Folliet : 

. Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes : ils n'ont pas fini de s'amuser.
. Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d'une taupinière : il leur sera épargné bien des tracas.
. Bienheureux ceux qui sont capables de se reposer et de dormir sans chercher d'excuses : ils deviendront sages.
.Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter : ils en apprendront des choses nouvelles !
. Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux : ils seront appréciés de leur entourage.
. Heureux êtes-vous si vous savez regarder sérieusement les petites choses, et paisiblement les choses sérieuses : vous irez loin dans la vie.
. Heureux êtes-vous si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace : votre route sera ensoleillée.
. Heureux êtes-vous si vous êtes capable de toujours interpréter avec bienveillance les attitudes d'autrui, même si les apparences sont contraires : vous passerez pour des naïfs, mais la charité est à ce prix.
. Bienheureux ceux qui pensent avant d'agir et qui prient avant de penser :
ils éviteront bien des bêtises.

. Heureux êtes-vous si vous savez vous taire et sourire même lorsqu'on vous coupe la parole, lorsqu'on vous contredit ou qu'on vous marche sur les pieds : l'Evangile commence à pénétrer votre coeur.
. Bienheureux vous qui savez reconnaître le Seigneur en tous ceux que vous rencontrez : vous avez trouvé la vraie lumière, vous avez trouvé la véritable sagesse.

Les bonus : La Rédemption apportée par le Christ / DÉBAT : Olivier Bonnassies vs L'irréductible athée

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