5 mars 2025 Mercredi des Cendres C’est qui le patron ?
Au cours d’une visite ad limina -de ces visites prévues tous les cinq ans, des évêques auprès du saint-Père – saint Jean-Paul II demande à Mgr Daucourt, évêque d’Orléans, au cours d’un déjeuner : « Avez-vous un gros problème dans votre diocèse ? -Oui, Saint-Père, un très gros problème que je ne sais pas résoudre. -Qu’est-ce donc ? -C’est la conversion de son évêque. -Eh bien, c’est exactement le même problème dans le diocèse de Rome. » A propos d’un livre où le Père Jacques Loew avait rassemblé les instructions données lors d’une retraite prêchée au Vatican, le Bienheureux Paul VI dit : « C’est un livre qui se vend bien. Tout le monde veut savoir comment on peut convertir le pape. » C’était de l’humour mais ce n’était pas pour rire ! Les trois se savaient en état de conversion permanente. Le carême est un temps d’entraînement. On le voit arriver chaque année avec un peu d’appréhension parce qu’on se demande quelles résolutions il va falloir prendre , parce qu’on sait qu’il va être difficile de les tenir, et parce qu’on va un peu culpabiliser…
L’évangile du jour nous dit que le but du carême c’est d’entrer un peu plus dans l’intimité avec le Père (Ton Père voit tout ce que tu fais dans le secret). Jésus nous indique les trois moyens : la prière, le jeûne et le partage.
La prière sera toujours un « combat ». Il faut lutter pour préserver un temps régulier pour Le Seigneur. On a toujours mille choses plus gratifiantes à faire avant de se mettre à prier. Et pourtant d’une part ce n’est que de la politesse vis à vis de Dieu à qui nous devons tout, et d’autre part, selon le mot de Georges Bernanos « c’est curieux comme mes idées changent lorsque je les prie. »
Le jeûne : c’est la sobriété dans la consommation que ce soit en nourriture, carburant, media, sorties. C’est aussi l’occasion de vérifier : C’est qui le patron ? la cigarette ou moi ? C’est qui le patron ? l’alcool ou moi ? C’est qui le patron ? les sucreries ou moi ? C’est qui le patron ? Les jeux ou moi ? C’est qui le patron ? la nourriture ou moi ? C’est qui le patron ? Internet ou moi ? C’est qui le patron ? ma langue de vipère ou moi ? C’est qui le patron ? mes colères ou moi ?
Le partage : c’est important de « budgétiser » sa charité. Il y a tellement de besoins dans le monde. Calculons un pourcentage. Ne donnons pas que des pièces rouges. Le carême ce n’est pas le moment des grandes révolutions mais le temps de la conversion : il s’agit de se tourner vers Jésus comme on se tourne vers un avocat ; pour demander de l’aide, pour l’appeler à la rescousse. Et Jésus va nous faire changer des petits riens. De toutes petites choses, de modestes petites choses. Des intentions, des attentions, des inflexions imperceptibles, mais qui changent tout. C’est le pouvoir des petits riens ! La force d’un merci, la puissance d’un sourire, le poids d’une main tendue. C’est retenir un soupir, s’abstenir d’une critique, oublier un reproche. Ce ne sont que de petites choses, mais qui, répétées chaque jour, modifient et bonifient le cours d’une existence. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.
Il me semble qu’il y a deux bonnes résolutions à prendre :
1) s’engager à lire chaque jour la page du livret « Carême à domicile » C’est un petit carnet édité chaque année par une équipe du diocèse de Dijon. On lit donc on prie. Et on fait dans l’heure qui suit l’effort qui est proposé. L’astuce c’est vraiment d’avancer 24 heures par 24 heures pas plus. Mais on doit trouver l’équivalent dans d’autres publications ou sur certains sites internet.
2) vivre le sacrement de confession sans attendre Pâques. Le Père Henri Lacordaire (1802-1861), le grand prédicateur du XIXe siècle, disait un jour : « Quand je donne mes conférences de Carême à Notre-Dame de Paris, il y a tant de monde que les gens montent sur les confessionnaux pour m’entendre. Mais à Ars, il y a un petit curé qui dit peu de choses mais qui fait entrer les gens dedans. » Nous sommes dans une année jubilaire, l’année sainte du 2025 ème anniversaire de l’Incarnation de Dieu le Fils. Cela vaut le coup de faire ce qu’on appelle une « confession générale » depuis notre enfance, tous les écarts, toutes les sorties de piste dont on se souvient. Mais il faut en parallèle faire mémoire des grandes grâces qui ont jalonné notre vie. Frères,
nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. En tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui. Car il dit dans l’Écriture : Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut. Amen !
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