30 janvier 2026. Jésus, le Règne en travail.
« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment » (Mc 4, 26-34)
Le Règne de Dieu c’est Jésus, Dieu jeté en terre il y a deux mille ans. Il y a été désagrégé, mais il y a germé et depuis, la plante ne cesse de se développer même si parfois des branches semblent sécher. « Si le grain de blé ne meurt pas, il reste seul mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ». S’il faut tant de douleur pour passer de la graine à l’épi, c’est que la mort est un arrachement. Cet Autre que nous et que Jésus appelle « ABBA » saisit la mort « à bras le corps » pour mieux l’abattre. Ce n’est pas malgré la mort que la vie de Dieu se manifeste. C’est de cette manière-là que la Vie de Dieu se Manifeste. C’est de cette manière-là qu’il a pris possession de son Règne. Dieu épouse la mort si fort qu’il y coule sa puissance de vie. De l’extrême faiblesse jaillit la Vie. Seul un très très grand Amour pouvait inventer cela.
Le Père Eloi Leclerc qui a été déporté à Ravensbrück, qui a connu l’enfer des camps d’extermination et qui a subi une grave dépression à son retour, a vécu de l’intérieur le sentiment d’abandon. Le Père Eloi Leclerc dit quelque chose de très beau : « Par ce cri sans réponse (Pourquoi m’as-tu abandonné?) Dieu le Fils est vraiment devenu l’un de nous. Il est avec tous ceux qui se débattent dans les ténèbres. Personne désormais ne pourra dire : « Là où je suis il n’est pas venu… pour moi, il n’est pas descendu aussi bas ».
Il fallait que Lui, le Fils bien-aimé, meure dans la nuit des grands abaissements pour que sa résurrection puisse toucher tous les hommes. Jamais Dieu ne s’était rendu aussi proche de l’homme. Il meurt sans s’être séparé du Père. Pour tenir à Dieu dans ces circonstances, il faut être Dieu le Fils. Il meurt sans s’être séparé de nous, sans avoir esquissé un geste de distance vis-à-vis de ses bourreaux. Il fallait qu’il nous aime d’un amour total, inconditionnel, extrême !
Chacune de nos vies est en fait une succession de morts. Des moments de mort et de résurrection jalonnent tout notre parcours. C’est une loi de vie. « Qui n’avance pas recule ». Qui n’abandonne pas certaines choses ne peut pas accueillir l’avenir. Qu’est-ce qui nous fait mourir ? Ce n’est pas la vie c’est l’avenir …
Je laisse la parole à Claire DIERCKX avec quelques extraits de son livre « L’amour coûte que coûte ». Claire est atteinte d’une maladie neurodégénérative.
Elle a été touchée par cette parole de son prêtre accompagnateur alors qu’elle venait de lui dire sa révolte : « Il n’y a pas de réponse à la question de la souffrance. Mais, dans la souffrance, il peut y avoir beaucoup d’amour. »
Elle observe que la Vierge Marie qui a accompagné son fils jusqu’à la mort silencieuse, l’a porté dans l’espérance et l’amour. Elle avait confiance en Dieu, elle savait qu’il prendrait soin de son fils. Bien sûr qu’elle souffrait, elle aussi, mais elle n’a pas cherché à « régler le problème ». Elle n’a pas décroché son fils de la croix, elle n’a pas tenté de dissuader les gardes d’arrêter ce supplice. Elle, n’a pas testé des solutions comme nous sommes si souvent tentés de le faire. Comme l’euthanasie par exemple, pour abréger les souffrances…. La Sainte Vierge n’a pas tenté d’abréger les souffrances de son fils en hâtant sa mort mais elle l’a accompagné jusqu’au bout par sa présence silencieuse au pied de la croix. »
Elle-même cite Mgr jean-Luc Hudsyn du Brabant Wallon : « Ce qui compte et qui est essentiel, c’est ce qui se passe sur la croix, Jésus voit aussi ses forces diminuer, il voit sa vie et son œuvre brutalement figées mais en même temps, en puisant dans son amour du Père, nous le voyons rester croyant, aimant, il pardonne à la foule à ceux qui me méprisent, il réconforte et donne l’espérance au bon larron, il prend soin de Marie et de Jean, il s’abandonne au Père. C’est en cela que la croix nous sauve : elle nous montre que même dans l’épreuve, jésus a continué l’essentiel de son œuvre. »
Etty Hillesum : « Je vais tout faire pour ne pas t’éteindre en moi. »
« Il faut choisir de vivre sans oublier que nous sommes faits pour le Ciel. »
« Vivre le passé avec gratitude, le présent avec passion et le futur avec confiance. »
« Arrêtons de croire que la seule solution à la souffrance c’est se donner la mort !» Cette dernière remarque nous fait réfléchir par rapport à l’erreur pensée par notre société. Si donner est, selon la définition le Robert, « abandonner à quelqu’un sans rien demander en retour une chose que l’on possède ou dont on jouit », Comment puis-je me donner la mort puisque je ne la possède pas mais je jouis de la vie ! Et la vie je ne me la suis pas donnée non plus, je l’ai reçue ! Se donner la mort ne convient pas dans les termes.
Une parole d’Etty Hillesum la réconforte : « On n’est jamais sous les griffes de personne tant qu’on est dans Tes Bras ». Après une année de formation tout en terminait ses études de droit à l’université de Louvain-la-Neuve, elle est envoyée à Cuba avec Points-Coeurs. Elle y reste deux ans, confrontée, à l’extrême pauvreté des personnes qu’ils visitent e aussi à sa maladie qui progresse, à ses imperfections, à la solitude. Jésus devient son plus grand ami. Elle écrit : « L’amour de Dieu m‘a sauvée. Avec lui confrontée à plus pauvre que moi, j’ai appris à accepter ma pauvreté pour accueillir celle de l’autre »
Les bonus : (6304) Carine Neveu : convertie par l’Esprit-Saint – YouTube