29 janvier 2026. Bien retenir en bonne étamine.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 4, 21-25) : « En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Est-ce que la lampe est apportée pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ? Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté ; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir à la clarté. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure que vous utilisez sera utilisée aussi pour vous, et il vous sera donné encore plus. Car celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a. »
« Est-ce que la lampe est apportée pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ? Jésus fait de l’humour réaliste qui consiste à énoncer une « évidence évidente ». On n’imagine pas tout de suite les rires et les sourires qu’il a suscités ce jour-là dans l’assistance. En effet, aujourd’hui, pour allumer une lampe, il suffit d’appuyer sur un bouton, de craquer une allumette ou d’actionner un briquet. A l’époque de Jésus, il faut d’abord trouver de l’huile, puis une mèche qui flotte et quand tout est installé, trouver du feu. On gardait des braises dans des jarres. Parfois elles étaient réduites à de la cendre. Il fallait aller chercher chez les voisins… Alors quand on a fait toute cette préparation laborieuse, peut-on risquer d’étouffer la lumière ?
Ce jour-là, Jésus leur explique qu’ils sont en train, ensemble, de faire prendre le feu qu’Il est venu allumer, d’installer dans le monde la Lumière qu’Il est Lui-même, qu’ils ont intérêt à bien écouter, à bien enregistrer pour que cela marche. « Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté ; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir à la clarté. » « Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! » Bien entendre : c’est vrai au niveau de nos relations : Vous l’avez sans doute expérimenté : l’écoute de qualité est un cadeau précieux et trop rare. Trop souvent on entend : « C’est comme moi »… et on embraye sur ses propres malheurs… Ecouter c’est reformuler, c’est nommer l’émotion perçue, c’est entrer en sympathie… Souvent nous ne sommes pas dans l’écoute. Voici quelques exemples teintés d’humour dans lesquels nous nous reconnaîtrons facilement :
Fabien, huit ans, demande à sa mère, en parlant de son petit frère : « Comment il est venu, Sébastien ? » La mère rougit, balbutie des histoires de cigognes ou d’ovules – je ne sais plus – jusqu’au moment où Fabien l’interrompt : « Mais non, maman, tu n’comprends rien, comment il a fait pour rentrer ce soir de l’école ? » Demander des précisions au lieu de se contenter de ce que l’on croit avoir entendu peut éviter des mésaventures…
Le Père Denis Sonet donne aussi cet exemple : « Mesdames, lorsque votre mari vous dit : « Chérie, cette jupe quelconque te va très bien », qu’avez-vous entendu ? » Souvent, au lieu d’écouter nous interprétons… nous filtrons… Je croyais être sa princesse et il me dit que je suis quelconque alors que lui voulait vraiment faire un beau compliment : « ma chérie tu es tellement belle qu’un rien t’habille ».
Un Père du désert, Abba Macaire, avait un chien qui le suivait fidèlement partout. Un jour, alors qu’il s’avançait dans le désert, il fut rejoint par un paysan qui lui dit : « Abba, aujourd’hui, ton chien a mangé une de mes poules. – Tu fais bien de me le dire, répartit l’ancien : ainsi ce soir, je ne lui donnerai rien à manger. »
C’est vrai aussi dans la foi.
Il est important de savoir qui est Dieu car ce que nous croyons au sujet de Dieu va influencer notre comportement. Imaginons la chose suivante : vous vous promenez en forêt la nuit, et un gros chien noir traverse le sentier devant vous. Il fait si sombre que vous n’arrivez pas à le distinguer. Tout ce que vous savez, c’est que quelque chose de noir a bougé. A partir de ce moment, votre corps entier se met en branle. Vos globes oculaires envoient immédiatement un message à votre cerveau : « C’est un ours » ! Vos jambes ne discutent pas avec vos globes oculaires. Elles s’ouvrent comme un compas pour vous sortir de là. Peu importe si ce que vous avez vu est une ombre, un morceau de carton ou un rocher. Si vous croyez que c’est un ours, votre corps réagira tout comme si un ours se trouvait réellement devant vous. La façon dont nous envisageons Dieu agit sur notre vie, bien sûr !
C’est vrai aussi de ce que nous écoutons des médias…. Où prenons-nous notre information ? Est-ce que nous la vérifions ?
Jésus poursuit : « La mesure que vous utilisez sera utilisée aussi pour vous, et il vous sera donné encore plus. Car celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a. »
Un vieux Rabbin disait : si tu veux être un bon disciple, à quoi pourrais-je te comparer ? A une éponge ? Elle absorbe tout : le bon mais aussi le mauvais ! A un entonnoir ? Il reçoit tout mais ne garde rien ! A un pressoir ? Il fait du bon vin mais ne retient que la lie ! Je préfère, dit le Rabbin, que tu sois une étamine : elle donne de la très bonne farine, mais elle retient sa fine fleur. Et en plus, elle a parfois besoin d’être secouée ! Puissions-nous être cette étamine : en retenant uniquement ce qui est du Seigneur en chaque être rencontré, en chaque événement, en chaque fait divers, en chaque nouvelle.
Les bonus : (6304) « Fioretti d’espoir » : Bénédicte Delelis – YouTube