Jeudi 26 février 2026. « Quiconque demande reçoit »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 7, 7-12) : «En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ? ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »

Puisque Dieu connaît tous nos besoins, toutes nos difficultés, à quoi bon lui demander ? Le louer, le remercier, d’accord. Mais lui demander !

He bien en fait, on peut  constater que la prière de demande est un critère sûr pour juger de l’authenticité d’une vie spirituelle : les faux mystiques la dédaignent, les vrais s’y complaisent. Un saint est toujours un mendiant, non pas nécessairement aux portes des hommes, mais à la porte de Dieu. Il se plaît à attendre du Seigneur son pain quotidien, et surtout il sollicite de lui les biens spirituels dont il est encore plus affamé : l’accroissement des vertus théologales, l’intelligence et l’amour de la Croix, l’humilité, la compassion, les dons du Saint-Esprit. D’ailleurs, le vrai spirituel se souvient d’une phrase de Jésus qui l’incite à cette prière de demande : « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir.» (Ac 20,35). Il découvre, en ces mots, un secret du cœur du Christ, et plus encore qu’une consigne, une confidence. Aussi bien, est-ce cette joie de donner qu’il entend procurer à son Dieu en se faisant, auprès de lui, solliciteur. Les parents expérimentent cette joie.

Nous trouvons l’écho de ce besoin et de cette joie de donner dans une lettre de saint Thomas More à sa fille. On y voit, à l’évidence, que la sainteté n’élimine pas les sentiments paternels, mais bien plutôt les affine et les approfondit, de telle sorte qu’ils deviennent comme le miroir où se révèlent les sentiments de Dieu. En lisant ce texte où ce père admirable exprime son besoin et sa joie de donner, comprenons qu’une telle disposition, est assurément encore bien plus grande, à notre égard, en Dieu, notre Père : « Tu me demandes de l’argent, ma chère fille, avec trop de timidité et d’hésitation. Ton père, tu le sais bien, est toujours prêt à t’en donner, et d’autant plus que ta lettre mériterait, non pas deux philippes d’or pour chaque ligne, comme le fit Alexandre pour les vers du poète Cherilus, mais, si ma bourse se mesurait à mes désirs, deux onces d’or pour chaque syllabe… Pourtant, je t’envoie juste ce que tu me demandes. J’aurais bien ajouté quelque chose mais si j’aime donner, j’aime aussi beaucoup que ma fille chérie me demande gentiment, comme elle sait le faire. Aussi, dépêche-toi de dépenser cet argent – je suis certain que tu en feras bon emploi. Plus tôt tu reviendras à la charge, et plus je serai content. »

Il faut croire à la force de la prière. Notre Père nous exauce toujours.

Imaginez-vous au guichet de la poste. Vous avez déjà attendu votre tour un long moment. Et la postière met très longtemps à chercher le renseignement que vous lui demandez. Si – intérieurement, parce que vous êtes polis – vous vous dites : « Quelle gourde ! », vous êtes sûr qu’elle risque bien de s’embrouiller encore plus dans ses fiches et son ordinateur. Mais si vous dites : « merci Seigneur pour la peine qu’elle se donne… » et si vous priez pour elle…, alors tout peut changer. Faites l’expérience.

Cette histoire vraie s’est passée au temps des grandes journées de batteuse. Aujourd’hui, avec les moissonneuses batteuses, on n’imagine pas ce que représentaient ces journées de battage. C’était à la fois un travail très pénible et un grand moment de convivialité, même de fête pour tout un village. Les hommes avaient chacun leur poste à la batteuse. Les femmes se levaient tôt pour préparer le grand repas pour tous. Ce matin-là – pas de chance pour cette ferme – il se met à pleuvoir. Pas une simple averse mais une pluie fine et drue qui promet de durer. Parmi les femmes réunies pour préparer le repas, il y a une servante qui est connue pour sa discrétion et sa piété. Elle ne parle pas beaucoup mais elle est efficace et ne manque pas ses prières ni sa messe. Les hommes lui disent alors :

  • « Eugénie, vous qui êtes bien avec le Bon Dieu, demandez-lui pour nous d’arrêter la pluie. »
  • Elle a répondu : « Vous savez la prière, c’est comme les sous, il vaut mieux en avoir toujours un peu d’avance… »

Il est bon de demander, d’appeler, de supplier. Mais notre prière n’a pas pour but d’influencer Dieu, ou de l’informer, ou de capter son attention et ses bonnes grâces : Lui-même nous aime et sait ce dont nous avons besoin. A celui qui se plaint : « Pourquoi ne suis-je jamais exaucé ? », on peut répondre par ce jeu de mots : « Le plus important n’est pas d’être exaucé, mais d’être « exhaussé ». » La prière est là pour nous élever au-dessus de nous-mêmes.

Léon Bloy disait volontiers : « Nous demandons à Dieu ce qu’il nous plaît. Il nous donne ce qu’il nous faut. »

Les bonus : https://youtu.be/kbVWvAoCBcA?si=LL_hYjJzZTxSB3yD

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