Vendredi 25 septembre 2026 chaque chose en son temps

Du livre de Qohélet ( 3, 1-11) :    « Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel : un temps pour donner la vie, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher. Un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour détruire et un temps pour construire. Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser.  Un temps pour jeter des pierres, et un temps pour les amasser ; un temps pour s’étreindre, et un temps pour s’abstenir. Un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter. Un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler. Un temps pour aimer, et un temps pour ne pas aimer ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix. […] Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps. Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme, mais celui-ci est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite du début jusqu’à la fin. »

Petite parabole : On demanda un jour à un homme débordant d'activités comment il faisait pour être recueilli en dépit de toutes ses occupations. Il répondit :

  • « Quand je me lève, je me lève. Quand je marche, je marche. Quand je mange, je mange. Quand je parle, je parle. »
  • Les gens l'interrompirent en lui disant : « Nous faisons de même, mais que fais-tu de plus ? »
  • « Quand je me lève, je me lève. Quand je marche, je marche. Quand je suis assis, je suis assis. Quand je mange, je mange. Quand j'écoute, j'écoute. »
  • Les gens lui dirent encore une fois : « C'est ce que nous faisons aussi ! »
  • « Non, leur répondit-il. Quand vous êtes assis, vous vous levez déjà. Quand vous vous levez, vous courez déjà. Quand vous courez, vous êtes déjà au but… »

Puissions-nous être présent au présent. Il faut accueillir l'aujourd'hui comme un présent de Dieu, un présent… royal. Le « maintenant » est le seul instant qui est à notre portée, le seul que la main peut tenir.

Les saints sont spécialistes de l’art de bien vivre le moment présent. Je vous partage un souvenir personnel : je terminais mes cinq années de séminaire à Rome. C'était en juin 1986. Celle année-là, le Père Supérieur a institué la tradition de demander une messe privée au Saint Père. De bon matin, nous voilà dans la chapelle privée du Pape, les quelques vingt-cinq jeunes prêtres et séminaristes achevant leur séjour à Rome avant de partir dans leurs diocèses français ou le service militaire ou la coopération. A la fin de la messe, après avoir enlevé chasuble, étole, et aube, nous nous retrouvons tout autour d'une très belle salle. Le Saint Père vient nous saluer tout en nous donnant un chapelet et sa dernière encyclique. Le Père supérieur nous présente à saint Jean-Paul II chacun à notre tour. Personnellement, je suis très impressionné. Juste après moi, se trouve Bernard, un compagnon de séminaire beaucoup moins timide. Le Père Supérieur dit : « Bernard G., diacre du diocèse d'Avignon. » Aussitôt Bernard lui dit avec humour : « Vous savez, Saint-Père, que vous êtes chez vous à Avignon »… (On sait en effet que les Papes, quelque temps, avaient fui l'insécurité qui régnait en Italie et s'étaient mis sous la protection du roi de France, dans le Palais des Papes à Avignon. Mais sainte Catherine de Sienne – une espèce de sainte Jeanne d’Arc italienne - avait ramené le Saint-Père presque manu militari à Rome. Saint Pierre était mort martyr à Rome, c'est à Rome qu'il devait être, en sécurité ou pas). Le Pape commençait une journée archi-pleine. Il était interpellé dans une autre langue que la sienne. Il aurait pu ne pas entendre, il aurait pu faire un beau sourire et poursuivre. Il s'est arrêté. Et il a dit : « Je vous remercie. Mais c'est trop dangereux. A cause de sainte Catherine »…

Tout saint Jean-Paul II est là, une présence extraordinaire au présent et à chaque personne.

Pour comparaison je pense à une autre anecdote. Un délégué du Secours Catholique nous racontait qu’il s’amuse parfois lors de réunions publiques avec des élus de la république. Il s’appelle Jean-Louis Merlin. Et en tant que représentant du Secours Catholique, il se retrouve parfois aligné avec d’autres à attendre que le député ou le sénateur ou le ministre soit devant lui pour lui serrer la main. Alors cela donne ce dialogue : il se présente : - Jean-Louis Merlin délégué du Secours Catholique. – Enchanté… ! répond très vite l’officiel tout en poursuivant les salutations .  Et alors que l’officiel est déjà à deux mètres plus loin, Jean-Louis Merlin lui dit tout fort – Normal ! Pourquoi normal ? – Eh bien oui, normal : Merlin …l’Enchanteur ! 

Les hommes et femmes politiques font ce qu’ils peuvent mais saint Jean-Paul était vraiment très présent au Présent de Dieu.

Seigneur permets-nous d’apprivoiser le temps et d’habiter vraiment le présent.  

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