Mardi 25 novembre 2025 Dernier avis avant la fin d’un monde

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 21, 5-11) :  «En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume.  Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »

Le genre littéraire dit apocalyptique est un peu mystérieux. Mais nous comprenons l’essentiel : Jésus est là, quoi qu’il arrive. Il est dans l’événement quelles que soient les circonstances. On se rappelle le passage de l’ancien testament où Elie découvre que Dieu n’est pas dans l’ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu, mais dans le murmure d’une brise légère (1 Rois19, 9-13).  Cela pourrait laisser penser qu’on peut juger de la présence de Dieu au fait tout va bien, que tout n’est que silence, sérénité, tranquillité. Jésus nous assure qu’il est aussi dans l’ouragan, dans le tremblement de terre, dans le feu.  Il est dans la barque qui menace de sombrer tellement la mer est furieuse.

Ses disciples  lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »

Nous ressemblons quelquefois à cet homme qui priait Dieu pour les SDF. Seigneur viens à leur secours. Il avait remarqué cette femme dehors, l’hiver approchait, il suppliait le Seigneur pour elle. Et voici qu’un jour de grand froid, il l’aperçoit dehors à la même place. Alors chez lui il supplie Dieu « Seigneur fais quelque chose pour elle » et dans sa prière il entend le Seigneur lui répondre : « Mais j’ai fait beaucoup pour elle, je t’ai fait toi ! » avec ton cœur pour l’aimer, tes mains pour la secourir, ta maison pour l’héberger, ta fortune pour la nourrir, ta science pour la soigner.

Notre espérance du ciel ne nous engage pas à la paresse dans l’attente d’un salut qui vient d’en haut, elle nous engage à servir sans compter comme les intendants des mystères de Dieu. La décisive orientation de toute notre existence vers les réalités invisibles et éternelles, n’émousse aucunement notre zèle à servir ici-bas dans le temps, elle l’aiguillonne plutôt. Il en va comme des arbres qui rallongent leurs racines en terre d’autant plus  qu’ils pointent plus fièrement leur cime vers le ciel. Tant de saints nous montrent cet exemple d’une vie d’autant mieux incarnée dans une charité concrète, qu’elle est soulevée par l’espérance théologale.

Souvenons-nous de Saint Vincent de Paul. Lui, l’apôtre inlassable de la charité, lui qui avait œuvré sans relâche. Au soir de sa vie, il se lamentait :
— J’ai fait si peu…j’ai fait si peu… La Reine de France, interloquée, lui rétorque : — Mais que donc faut-il faire, Monsieur, selon vous pour avoir fait quelque chose… La réplique fuse aussitôt : — Davantage, Madame, davantage ! murmure le vieux prêtre.

Peut-être faut-il voir dans cette réponse édifiante du saint au seuil de la mort, moins de regret de ce qui n’a pas été fait, que d’espérance de ce qui deviendra bientôt possible en Dieu. Car selon une certaine loi de gravitation spirituelle, plus augmente le désir du ciel, plus croît le labeur terrestre. Comme les corps qui connaissent une accélération lorsqu’ils approchent des planètes, nous sentons un attrait et une poussée qui accroissent notre zèle. Un vieux monsieur  disait à son petit-fils : la vie est une semaine. Toi tu es à mardi, moi je suis à samedi, mais pour moi, demain, c’est la fête !

Était-ce présomption de sa part ? le grand-père, tout pécheur qu’il se connaissait ne pouvait imaginer n’être pas du bon côté de la balance. Il savait bien pourtant qu’il y aura un jugement que Dieu portera sur chacune de nos pauvres vies.

Nous avons tendance à nous disculper en disant : ce n’est pas ma faute, j’ai oublié ! On dit j’ai oublié et l’on est persuadé que cela élimine toute accusation. L’oubli, croit-on, innocente. Quelle erreur ! L’oubli n’est-il pas le plus sûr symptôme du désintérêt ? Est-ce que l’on oublie ce qu’on aime profondément ? La fiancée oublie-t-elle son bien-aimé ? Doit-elle faire effort pour s’en ressouvenir ? Ce que l’on aime nous revient assez de soi-même. Ce que l’on aime, ce qui nous tient à cœur, on ne l’oublie pas. Une mère oublie-t-elle son enfant, dit le Seigneur, quand bien même une mère pourrait oublier son enfant, moi dit Dieu je ne t’oublierai pas ! (Is 49, 15)
Nous nous comportons parfois comme cet écolier qui demande à sa maîtresse :
— « Madame, est-ce qu’on peut être puni pour ce qu’on n’a pas fait ? »
— « Oh bien sûr que non mon petit, certainement pas »,
— « et bien voilà, Madame je n’ai pas fait mes devoirs »…

Ah ! si dans nos confessions nous avouions aussi au Seigneur, en plus de ce que nous avons fait de mal tout le bien qui était à notre portée et que nous n’avons pas fait !

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