Vendredi 23 mai 2025 C’est moi qui choisis
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 15, 12-17) : «En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »
” Merci, Nicholas ” : c’est le titre qui barre la une d’un grand quotidien italien en ce matin de septembre 1994. « Grazie Nicolas » ! L’Italie est secouée par la mort d’un petit enfant de sept ans, un américain, assassiné le jeudi précédent par des bandits sur une autoroute de Calabre. Non seulement les parents du petit enfant ont pardonné. Mais l’Italie entière est encore plus bouleversée en apprenant que les parents, M. et Mme Green, n’ont pas cédé à la haine, mais ont accepté, avant de rapatrier la dépouille du petit Nicolas en Californie, que les organes de leur enfant soient prélevés pour aider d’autres enfants à survivre. Le coeur de Nicholas bat déjà dans la poitrine d’un petit Romain de quatorze ans, Andrea. Une adolescente de Messine a hérité de son foie. Un rein a été greffé sur Tito, un Silicien de onze ans qui habite Syracuse. L’autre rein doit être donné à un enfant des Pouilles. Le pancréas a été envoyé à Pérouse pour secourir un jeune diabétique. Enfin les cornées permettront à deux aveugles siciliens de recouvrer la vue. Ainsi les organes du petit enfant tué vont-ils sauver cinq enfants du pays. Après l’opération, la mère de Nicholas, Margareth Green, s’est contentée de dire d’une voix brisée : Je suis heureuse que tout se soit bien déroulé, autrement la mort de Nicholas n’aurait pas eu de sens. Toute la nuit, la jeune femme, âgée d’une trentaine d’années, et son mari Reginald sont restés dans l’hôpital de Messine où des équipes spécialisées prélevaient les organes de Nicholas, pendant que la police cherchait à identifier les deux assassins cagoulés et armés qui circulaient dans une Fiat Uno blanche. On passe au crible les stations-service de l’autoroute sans résultat tangible. Il n’y a pas de péage sur cette autoroute. Les soucis des parents sont ailleurs. Ils pensent à la petite Eleanor, la soeur de Nicholas. Elle n’a pas compris le drame, elle sait seulement que son frère est allé rendre visite à Jésus . Les Italiens pleurent. Dans le Corriere della Sera , le romancier Enzo Biaggi publie une lettre ouverte à Réginald Green : Rien ne nous grandit autant qu’une grande douleur. Vous l’avez montré. Merci.
Qui osera dire que la miséricorde est chose facile ou n’est qu’affaire de sentiment ? Donner son fils unique pour sauver les autres, n’est-ce pas ce que Dieu a fait avec le Christ par dessein prévenant ? Jésus était l’Innocent, comme le petit Nicholas dont les parents nous révèlent un peu de ce que cela veut dire pour Dieu d’avoir offert son Fils unique ; avec tout ce que ce terme comporte chez les humains de tendresse et de pathétique. A côté de Nicholas, de ses parents et des deux Siciliens de la Fiat Uno, il n’y a pas seulement Tito, Andrea, les enfants des Pouilles et de Pérouse qui nous représentent, sauvés par la greffe, il y a la petite Eleanor. Elle tient aussi notre place. Et Dieu fait pour nous comme ses parents font pour elle : ils la ménagent. Ton petit frère est parti rendre visite à Jésus. Devant le débordement du mal, il faut retourner la question, il ne s’agit plus d’accuser, mais de savoir que Dieu nous ménage. Si nous savions ce qu’Il sait, comment subsisterions-nous ? demande le psaume.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. Aimer ce n’est pas forcément prendre des initiatives, établir des plans quinquennaux. C’est cela oui, pour ceux qui en ont reçu la grâce ; il faut des saint Vincent de Paul, des saint Jean Bosco, des saint Ignace de Loyola, des organisateurs, des prévoyants, des prophètes. Mais pour beaucoup d’entre nous, aimer c’est souvent simplement ne pas se dérober aux circonstances. Le Seigneur est là, dans tout événement, en toutes circonstances. Il nous ménage, il nous sauve en allant chercher au fond de nous le meilleur, en nous élevant au-dessus de nous-mêmes.
Les bonus : (3604) Mort sur ordonnance : le mensonge d’État pour mieux vous pousser dans la tombe – YouTube