23 janvier 2026. Petits surnoms.

« En ce temps-là, Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons. Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra. » (Mc 3, 13-19)

Claude, un homme d’un certain âge, rencontre un jour un bon copain, ancien du même collège que lui : Gilles. Ils sont tout heureux de se retrouver ainsi par hasard plus de cinquante années après leur baccalauréat. Claude invite donc Gilles à prendre le dîner chez lui… Sa femme les reçoit volontiers ; une heure après, elle leur sert le repas. Quand elle apporte l’entrée, Claude ne tarit pas d’éloges : « Ma petite biche, ma puce, tu nous gâtes ! Ma tourterelle, tu t’es surpassée. Mon chaton, ce plat est aussi bon que beau. » Quand elle apporte le plat de résistance, les litanies continuent « Mon minou, qu’est-ce que c’est bon ! Ma colombe, tu es un vrai cordon bleu ! Ma chérie, mon lapin, c’est vraiment délicieux ». Au moment où il goûte plusieurs fromages du plateau, il lui dit encore : « Ma minette, mon canard, tu as vraiment bien choisi ! Mon chatounet, mon poussin, ces fromages sont vraiment exquis. » Au moment où elle retourne à la cuisine, Gilles, son copain de collège, lui dit à voix basse : « A plus de cinquante ans de mariage, c’est vraiment formidable que tu lui donnes tous ces petits noms ! » Alors Claude répond, un peu confus : « C’est que… pour tout te dire… j’ai oublié son prénom. »

Donner un surnom est habituel dans les familles. Certains le gardent toute leur vie : il y a les classiques Pierrot, Jeannot, Jo, Mado, Nini, Titou,… pour Pierre, Jean, Joseph, Marie Madeleine, Marie, Thérèse,… Et il y a les très originaux qui sont sortis du giron familial et qui ont été adoptés par le cercle amical. On connaît un garçon qui a maintenant 60 ans que tout le monde appelle « la puce » depuis tout petit à l’instar de ses 8 frères et sœurs ainés et ses parents et qui a fait carrière dans l’informatique !

Il semble que Jésus ait emprunté ce chemin affectueux. Il appelle Simon Pierre alors qu’il n’y a pas plus fragile, inconstant. Mais c’est un surnom qui va porter Simon jusqu’à Rome, le cœur de l’empire et bientôt de l’Eglise ! Jésus appelle Jean et Jacques, les fils de Zébédée « les Fils du tonnerre » ; les deux frères devaient avoir le tempérament fougueux. Jésus leur apprendra qu’il ne faut pas demander à ce que le feu du Ciel descende sur une ville à moins que ce ne soit le Feu du Saint-Esprit. Thomas était surnommé Didyme c’est-à-dire jumeau, précise saint Jean. Est-ce Jésus qui l’avait surnommé ainsi ? Et le zélote ? Est-ce aussi un surnom donné par Jésus pour dire le côté rebelle du deuxième Simon ?

Dans l’Eglise, nous continuons la tradition. Saint Jean évêque de Constantinople au IV° siècle a très vite été appelé Chrysostome c’est-à-dire « bouche d’or » en langue grecque. Amoureux de la langue et de littérature, il est considéré comme le plus grand prédicateur de son époque à tel point qu’on a pu parler de lui comme un « second saint Paul ».

Le Bienheureux Justo Takayam Uko a été « baptisé «  le samouraï du Christ ». Au XVII ° siècle, ce samouraï japonais se convertit et il est baptisé par les missionnaires jésuites, ce qui entraine pour lui qu’il renonce aux attributs et aux avantages de son rang. Contraint à l’exil, il trouve refuge aux Philippines où il meurt de maladie.

Sainte Thérèse de l’enfant Jésus et de la Sainte Face est beaucoup plus connue sous le surnom affectueux de « La petite Thérèse » alors qu’elle est Docteure de l’Eglise, mais elle a démocratisé la sainteté par sa Petite Voie qui est l’abandon de l’enfant entre les bras de son Père.

Saint François de Sales est appelé « Le docteur de l‘amour ». C’est lui le premier qui a insisté sur la vocation à la sainteté des laïcs au cœur du monde.

Bienheureuse Imelda Lambertini, « la fleur de l’eucharistie ». Toute petite elle est attirée par l’eucharistie et brûle de faire sa première communion. A cette époque il faut attendre d’avoir 14 ans. Cependant le jour de l’ascension 1533 alors qu’elle n’a que 11 ans, une hostie s’échappe du ciboire et s’élève dans les airs au-dessus d’Imelda qui communie naturellement. Rayonnante, elle se recueille en silence mais elle ne se relève pas . Elle est morte de joie et d’amour. La fleur de l’eucharistie. On la considère comme la sainte Patronne des communiants.

Bienheureuse Maria Crescencia Perez « Soeur Douceur ». Religieuse argentine du XX° siècle, elle entre à l’âge de18ans dans la congrégation des filles de Notre Dame du jardin. Sœur Douceur en raison de son sens  du service, et son humilité dans la vie quotidienne.

Bienheureux Engelman Unzeitig l’ange de Dachau. Ce jeune prêtre allemand est arrêté par la gestapo en 1941 et déporté à Dachau. Il se fait remarquer par son attention aux autres. Il prend soin des prisonniers, les soigne, et leur donne les sacrements illuminant cet environnement extrêmement hostile. Ayant contracté le typhus, il meurt le 2 mars 1945 quelques semaines avant la libération du camp.

Saint Ephrem le Syrien est appelé la Harpe du Saint-Esprit. Pour la beauté de ses poèmes en langue syriaque. Il a composé d’admirables hymnes liturgiques qui sont encore chantées au Moyen-Orient.

Et vous ? On ne peut pas soupçonner Jésus d’avoir oublié votre nom mais par quel surnom affectueux vous appelle-t-il ?

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