22 juin 2025 Fête-Dieu et Première des communions aux Carmes

Frères et sœurs, pourquoi Jésus a-t-il multiplié les pains et les poissons ?

Pour se faire de la publicité ? C’est tout le contraire. Dès qu’il leur viendra à l’idée de le faire roi, il partira dans la montagne.

Est-ce que vous avez noté le rapprochement avec ce que le prêtre va dire dans quelques minutes :

Jésus prit les cinq pains et les deux poissons,             Il prit le pain
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction sur eux,                                 il le bénit
les rompit                                                                            il le rompit
et les donna à ses disciples                             et il dit « prenez et mangez-en tous »
pour qu’ils les distribuent à la foule. Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ;
puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers. (Tout à l’heure nous recueillerons précieusement les hosties et nous les porterons dans le tabernacle).

Il ne manque que « Ceci est mon corps livré pour vous » (Il faudra que Jésus soit à la veille de donner sur la croix son corps, son sang, sa vie, son pardon, son Père , sa maman, tout, pour qu’il dise « Ceci est mon Corps livré ». Ce miracle se prolonge chaque jour mais en particulier chaque dimanche dans le monde entier.   

Alors plutôt qu’un discours, je vais vous donner des témoignages de la force de la messe, de ce que produit la Communion.

Jean Christophe Parisot, est myopathe c’est-à-dire qu’une maladie terrible le paralyse de plus en plus. Et pourtant il est aussi diacre, préfet de la république, marié et père de 4 enfants. Il raconte : un jour, à Lourdes, j’étais assis durant la messe à côté d’une femme dont la langue était sortie. C’était très impressionnant de voir ce visage, d’où sortaient tube et tuyaux. Elle poussait des petits cris, et je me disais : « Pourquoi Seigneur permets-tu cela ? » Les passants détournaient le regard. Au moment de la communion, je vois surgir une religieuse, une seringue à la main. Elle saupoudre de la poussière d’hostie dedans. La femme peut ainsi communier paisiblement. Je me dis alors : « C’est donc cela, partager le repas de l’Amour vrai ! » Jésus vient visiter chacun grâce à la tendresse et l’imagination de nos communautés. Depuis, quand je parle de l’amour de Jésus pour les malades, moi tétraplégique trachéotomisé en fauteuil roulant, je comprends grâce à cette femme qui est le Dieu-Tout Autre qui se fait le Dieu Tout Nôtre.

Le Père Stan Rougier lui, est aumônier de jeunes, prédicateur de retraites et grand voyageur. Il raconte qu’un jour il était en Inde. Comme il faisait très chaud et qu’il passe près d’une rivière, il décide de piquer un plongeon. Quand il ressort de l’eau, une heure plus tard, toutes ses affaires ont disparu. Il avait pensé que le coin était tranquille, et voilà qu’il se retrouve non seulement sans sa guitare, sans ses papiers mais aussi sans son sac à dos, et sans ses habits de jour. En maillot de bain ! Que faire ? Il recherche une paroisse catholique. Il sonne à la porte du presbytère. Au prêtre qui paraît, il explique en anglais ce qui vient de lui arriver et il dit qu’il vient demander de l’aide ici parce qu’il est prêtre. Son confrère indien lui répond : « Qu’est ce qui me le prouve ? »… Que faire ? Stan Rougier, qui ne manque pas d’idées, lui propose : « Si je vous récite la messe, est-ce que cela vous ira ? »… Et c’est ainsi qu’il a pu trouver des vêtements et continuer sa route… Sauvé par la messe ! Dans un de ses livres il écrit ce témoignage très personnel : « Je revois le petit enfant que j’étais à huit ans, bête, pataud, superflu. Je me croyais né par erreur, incapable d’inspirer un intérêt quelconque, de trop ! Et l’on m’annonça que le Créateur venait me rendre visite. En sortant de l’église, ce matin de printemps, je pus marcher la tête haute. Cette première communion fut pour moi un « permis d’exister ». Victor Hugo fait dire à Ruy Blas : « Je suis plus que le roi puisque la reine m’aime. » Il y avait là bien plus que toutes les reines. C’est Dieu qui m’aimait.

Un jour, assistait à une retraite un vigneron d’une cinquantaine d’années. Il vient trouver le Père prédicateur et lui dit sa lassitude. « La vie devient de plus en plus compliquée. Les lois se multiplient. On dit que l’école est gratuite mais ce n’est pas vrai ! Quand on aurait besoin des allocations familiales, elles sont coupées et mes deux aînés en faculté me coûtent terriblement cher… » Le Père lui conseille de parler de tout cela à la Vierge Marie et aussi de bien profiter de la semaine pour se reposer : « Voilà au moins six jours où vous vous coucherez sans avoir mal au dos. » Ce vigneron avait apporté du vin, du bon vin. Comme les retraitants n’étaient pas très nombreux, la communion à la messe était sous les deux espèces. On avait disposé huit calices sur l’autel et ceux qui le voulaient venaient boire au Précieux Sang, au Sang douloureux, au Sang glorieux du Christ. Après la messe, ce vigneron vient trouver le Père : « J’ai reconnu mon vin… Eh bien, si mon vin – et on imagine tout ce que cela représentait pour lui – devient le Sang du Christ, je reprends courage »

A la messe, nous unissons nos vies à la Vie, à la Passion, à la mort de Jésus pour son Corps qui est l’Eglise.

Nous venons à la messe, pour tout offrir à Jésus, pour que rien ne soit perdu et que tout soit multiplié, nous venons comme celui qui a offert son pique-nique, cinq pains et deux poissons, pour que Jésus puisse nourrir tout le monde. Ou comme ceux qui ont offert les paniers vides, parce qu’ils n’avaient pas autre chose. Mais le Seigneur a besoin de tout et de chacun de nous. Amen !

Les bonus ; Mange-t-on vraiment le corps du Christ ? La vérité sur l’Eucharistie