Vendredi 21 novembre 2025 Dédicace.

Du premier livre des Martyrs d’Israël (1 M 4, 36-37.52-59) : «En ces jours-là, Judas et ses frères déclarèrent : « Voilà nos ennemis écrasés, montons purifier le Lieu saint et en faire la dédicace. » Toute l’armée se rassembla, et ils montèrent à la montagne de Sion. Le vingt-cinquième jour du neuvième mois, de grand matin, les prêtres offrirent le sacrifice prescrit par la Loi sur le nouvel autel qu’ils avaient construit. On fit la dédicace de l’autel au chant des hymnes, au son des cithares, des harpes et des cymbales. C’était juste l’anniversaire du jour où les païens l’avaient profané.  Le peuple entier se prosterna la face contre terre pour adorer, puis ils bénirent le Ciel qui avait fait aboutir leur effort. Pendant huit jours, ils célébrèrent la dédicace de l’autel, en offrant, dans l’allégresse, des holocaustes, des sacrifices de communion et d’action de grâce.  Ils ornèrent la façade du Temple de couronnes d’or et de boucliers, ils en restaurèrent les entrées et les salles et y replacèrent des portes.   Il y eut une grande allégresse dans le peuple, et l’humiliation infligée par les païens fut effacée. Judas Maccabée décida, avec ses frères et toute l’assemblée d’Israël, que l’anniversaire de la dédicace de l’autel serait célébré pendant huit jours chaque année à cette date, dans la joie et l’allégresse. »

D’après le dictionnaire, La dédicace est un hommage qu’un auteur fait de son œuvre à quelqu’un en la lui dédiant par une mention imprimée en tête du livre. C’est une formule qu’une personnalité (en particulier un artiste, un auteur) écrit sur une photo, un ouvrage qu’elle offre à des admirateurs. La dédicace peut également être la consécration d’un édifice destiné au culte ou une fête annuelle en mémoire de la consécration d’une église.

Dans cette définition, il manque une chose. Qu’une basilique, qu’une église, qu’une chapelle soient consacrée, soient dédicacées, c’est dire qu’elles sont vouées au culte, qu’elles sont devenues une Adresse du Seigneur, un de Ses Lieux de Résidence (à la ville ou à la campagne) où tout est aménagé pour que l’on puisse le rencontrer dans les meilleures conditions possibles : espace de silence, espace de beauté, espace de célébration, espace acoustique, espace de rencontre avec le Très-Haut qui s’est fait le Très-Bas, et qui aime rassembler ses enfants. Mais un bâtiment reste un symbole. Le lieu où réside le Seigneur, c’est la personne humaine, surtout quand elle a été « dédicacée » par les sacrements du baptême, de la confirmation, et de l’eucharistie.

Marie-Françoise Salamin dans le petit recueil Graines de Sagesse nous propose cette méditation. Un ange visita un jour un spéléologue prénommé Théophile. Celui-ci s’entendit faire une proposition bien particulière : visiter son propre coeur. Théophile accepta. Il choisit de pénétrer à l’intérieur par une faille qui datait de fort longtemps. Une blessure d’enfance l’avait provoquée et expliquait son apparente vulnérabilité. Au bout de la fissure Théophile arriva dans une zone morcelée par des brisures. Elles étaient la conséquence de toutes les déceptions, de tous les chagrins endurés, et dont il n’avait voulu tirer aucun enseignement. Mais ces fentes avaient leur utilité : elles permettaient à l’ensemble du coeur de mieux s’oxygéner. Dans ce voisinage, certaines parties étaient desséchées, à cause de quelques manoeuvres tentées pour se préserver de la souffrance. Le spéléologue, impressionné, continua son aventure.

Il traversa une zone recouverte de calcaire. C’est là que le coeur avait stocké tout ce qui l’avait inutilement encombré : tentation de richesse, de pouvoir, d’excessive sécurité, d’hypocrisie… C’est là aussi que coulaient des eaux tumultueuses, par suite d’une inondation de préoccupations inutiles.

En suivant le cours de l’eau, Théophile arriva dans la région des grottes. La première était creusée dans une roche tendre, imbibée de tout l’amour donné et reçu. Ses parois avaient des formes harmonieuses. Elles avaient été modelées par les événements, les heureux et les difficiles aussi.
On y ressentait un grand sentiment de compassion, de générosité. De là, le spéléologue put passer dans la grotte aux trésors, dont les parois étaient recouvertes de pierres précieuses, aux tailles et aux couleurs multiples.
Certaines brillaient de mille feux. D’autres étaient restées ignorées, recouvertes d’une poussière qui ternissait leur éclat.

Poursuivant sa prospection, Théophile arriva enfin au cœur du cœur. Et ce qu’il vécut là dépassa tout ce qu’il avait pu imaginer. Il se trouva dans un espace baigné d’une douce lumière. Un espace dont on ne peut définir les limites. Un espace à la fois intime et infini. Profondément bouleversé, Théophile accueillit toutes sortes de sensations, d’émotions et de sentiments : chaleur et fraîcheur, désir, joie, sérénité, enthousiasme, plénitude et communion. Car ce lieu était présence. Théophile sut qu’il touchait là au plus grand des mystères de la vie, de l’amour. Le temps était suspendu… Ce fut l’ange qui dut le ramener là d’où il venait.

Depuis lors, Théophile poursuit sa route. Il garde bien les pieds sur terre, ou même sous terre. Mais son cœur est dans le ciel…

Pourquoi ne pas faire comme Judas Maccabées : fêter chaque année l’anniversaire de sa propre Dédicace, et pourquoi pas (comme lui et toute l’assemblée) « pendant huit jours, dans la joie et l’allégresse » ? A propos savez-vous la date de votre baptême ?

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