20 janvier 2026. En mon âme et conscience.
« Le sabbat a été fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat. Cette parole de Jésus pose la question du rapport entre nos décisions et la Loi. Il y a un texte célèbre du Bienheureux cardinal John Henri Newman qui est souvent mal interprété : « Si, après un dîner, j’étais obligé de porter un toast religieux – ce qui évidemment ne se fait pas – je boirais à la santé du pape, croyez-le bien, mais à la conscience d’abord, et ensuite au pape. » [Lettre au Duc de Norfolk, p. 253.] Tous les écrits du cardinal disent bien que la conscience n’est pas une sorte de bulle intérieure ; la conscience c’est un donné vivant ; elle épouse ce que je suis ; plus je fais le bien et plus ma conscience s’affine. Plus je fais le mal, plus ma conscience s’alourdit, s’abêtit. Il y a par conséquent, des consciences bonnes, pures, des consciences mauvaises, des consciences souillées, et des consciences faibles qu’il faut éduquer. Bien sûr, nous sommes responsables devant notre conscience, nous sommes responsables de notre conscience.
Qu’est ce que la conscience ? Disons d’abord ce qu’elle n’est pas : il ne faut pas la confondre avec l’instinct. Le psaume dit ceci très justement : « L’impie se glorifie du désir de son âme » (Ps 9 B, 13). C’est un danger en effet. La conscience est justement le contraire de l’instinct. La spontanéité personnelle n’est en fait bien souvent que le reflet intérieur de la mode, de ce qu’on appelle le « prêt-à-penser » … Aujourd’hui on se représenterait plutôt la conscience comme un parlement ; juger en conscience, ce serait se retirer au fond de soi-même ; et là, au milieu des valeurs qui m’auraient été laissées par ma famille, par mon milieu, que j’aurais découvertes par mon expérience, je délibérerais avec moi-même. Et cette décision pour l’homme moderne est apparentée à l’oracle. Je rends un oracle, j’émets une conviction où je me suis engagé totalement. Et par conséquent, s’il y a autant de parlements que d’individus, autant d’opinions que de personnes, toutes les opinions se valent. A condition de respecter la règle du jeu démocratique, toutes les opinions sont recevables : vous, vous souhaitez que l’on condamne les propos racistes tenus en public, tel autre s’y refuse, parce qu’il pense que la sottise trouve en elle-même sa propre sanction. Un tel préconise le rétablissement de la peine de mort, parce qu’il la croit dissuasive, et tel autre la juge incompatible avec la dignité de la personne. Il y a des personnes qui soutiennent d’abord le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes et de leur propre corps, et puis il en est d’autres qui mettent d’abord en avant la défense de la vie innocente de l’enfant qui ne demande qu’à naître. Bref, pour la mentalité contemporaine, aucune autorité, aucun magistère n’est habilité à dire ce qui est bien ou mal et chacun se forge sa propre échelle de valeurs.
Cependant, reste à se demander si la conscience est un parlement… C’est le concile Vatican II qui en a donné la définition la plus précise et la plus belle : « La conscience est le centre le plus intime et le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre… » Un SANCTUAIRE… Elle est donc un lieu sacré. Et comme tout sanctuaire, la conscience est habitée ; elle est le lieu de la présence de Dieu. Un poète latin, Ovide, définissait déjà la conscience à l’aide de ces trois petits mots : deus in nobis, un dieu à l’intérieur de nous-mêmes. La formule est admirable qui dit tout en si peu de mots. Elle croise l’infiniment distant, l’infiniment lointain, et l’infiniment proche, l’infiniment intime. Elle affirme tout simplement que Dieu s’est installé dans le coeur de l’homme. Que fait Dieu dans ce lieu sacré ? Il parle. Le créateur accorde à sa créature cette grâce extraordinaire de l’associer à sa propre connaissance. Un sanctuaire, c’est aussi un lieu qui doit rester protégé de toute intervention extérieure intempestive. Autrui a le droit d’entrer dans ma conscience, mais sans violence, sans effraction. Il va le faire pour des raisons d’éducation. (Les parents savent bien qu’il n’est pas si facile d’éduquer des enfants tout en respectant la conscience) Et puis le prochain sera aussi présent dans ma conscience lorsqu’il me demandera : « Qu’as-tu fait de moi ? » Le prêtre y entre au cours du sacrement de confession. Mais c’est toujours avec un infini respect. Dans un sanctuaire, on célèbre un culte. C’est celui dont Jésus parle à la Samaritaine, le culte en esprit et en vérité. Ce culte c’est d’écouter la Voix de Dieu. Pour nous catholiques, elle nous vient comme pour tout le monde par les événements de la vie, mais d’abord et avant tout par la Bible et la Tradition interprétée par le Magistère, c’est-à-dire l’enseignement du Pape et des évêques.
La conscience, c’est la capacité de reconnaître la Voix de Dieu. Capter la Voix de Dieu, ce n’est pas facile, surtout aujourd’hui. Pour prendre une comparaison, c’est comme chercher une station de radio qui serait vitale, parmi d’autres beaucoup moins intéressantes et surtout plus dangereuses, qui émettent pourtant sur des fréquences facilement repérables, et voisines. Capter la Voix de Dieu, cela suppose de s’y exercer patiemment, avec persévérance, de lire et de relire l’évangile, de se ménager des temps de silence, de se faire aider. Saint Jean dit ceci : « Notre cœur aurait beau nous condamner, Dieu est plus grand que notre cœur »… C’est à ce prix que notre conscience ne sera ni élastique, ni autosuffisante, ni conformiste, ni formaliste… Ce n’est qu’en nous exerçant à capter la Voix de Jésus que nous comprendrons le bien-fondé de ses exigences pour nous conduire au Bonheur, et la VOIX deviendra la VOIE.
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