2 septembre 2025 Comme un voleur

De la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens (1 Th 5, 1-6.9-11) : «Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre.  Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : « Quelle paix ! quelle tranquillité ! », c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper.  Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur. En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ; nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres. Car Dieu ne nous a pas destinés à subir la colère, mais à entrer en possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ, mort pour nous afin de nous faire vivre avec lui, que nous soyons en train de veiller ou de dormir. Ainsi, réconfortez-vous mutuellement et édifiez-vous l’un l’autre, comme vous le faites déjà. »

Il est très touchant que saint Paul s’inspire non seulement de l’Esprit de Jésus mais aussi de ses paroles mêmes. Les paroles de Jésus sont souvent en filigrane de ses textes mais précisément dans ce passage : si saint Paul emploie la comparaison du voleur pour parler de la venue de Jésus, c’est que les disciples oculaires de Jésus lui ont raconté la petite parabole qui a été consignée en Luc 12, 39 : «  Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Jésus comme un voleur, c’est original ! Depuis, l’image a fait florès. Sainte Thérèse, par exemple, disait avec un peu d’humour qu’elle n’avait pas peur du  Seigneur qui vient comme un voleur : « Au contraire, je l’appelle ; je lui dis : « Vite par ici ! par ici !»

Dans un autre passage, Jésus dit : “L’un sera pris, l’autre laissé”… Sa formulation peut nous faire frémir. Il annonce sa venue à l’improviste, comme un voleur. Mais pourquoi vient-il ? Pour nous sauver, pour faire la vérité, pour nous juger, au sens où la Lumière accuse le relief, Jésus Lumière accusera nos aspérités. Saint Jean François Régis disait dans un sermon que vis-à-vis de la fin du monde tantôt décrite par Isaïe comme une bonne nouvelle et par saint Pierre comme un moment terrible, nous sommes comme deux prisonniers ; l’un est innocent et le jugement sera pour lui une libération, l’autre est coupable et le jugement sera pour lui une condamnation. Au fond c’est à nous de décider… 

Pensons à ce qui s’est passé au Golgotha. Il y avait ce jour-là deux bandits. Avaient-ils volé ? Avaient-ils tué ? Avaient-ils fomenté un attentat contre Pilate ? Cela n’est pas dit. Mais si le bon larron était un voleur, la dernière chose qu’il ait volé c’est le paradis …Le retournement est possible jusqu’au dernier moment : tâchons d’être pris par lui. C’est une invitation à poser des actes de foi par lesquels nous entrons en communion avec Lui, nous adhérons à Lui, nous nous attachons à Lui, nous sommes saisis par Lui.

Deux amis grands amateurs de pétanque s’étaient fait une promesse. Le premier qui mourrait devait se débrouiller pour faire savoir à l’autre comment était le paradis. L’un de ces boulistes acharnés s’appelait Baptiste. L’autre s’appelait Louis. C’est Baptiste qui mourut le premier. La nuit suivant son décès, Louis a un songe. Il voit son ami Baptiste dans un habit de lumière et au sourire rayonnant. Il s’entend lui demander : « Alors, comment cela se passe-t-il là-haut ?   –  Ne m’en parle pas, répond Baptiste, saint Pierre nous organise des concours de pétanque vraiment merveilleux. Personne ne triche. Il y a des joueurs de tous les pays mais nous parlons tous la même langue. On n’est jamais fatigué. Chaque partie est plus passionnante que la précédente. C’est vraiment formidable !    – Ah, lui dit Louis, et à part ça ?   –  Eh bien, répond le bienheureux, saint Pierre t’a inscrit au tournoi de dimanche prochain. » Tout le monde veut aller au ciel mais personne ne veut mourir. C’est assez normal.

Partir c’est mourir un peu, mais mourir c’est … partir beaucoup. Nous sommes des êtres écartelés. C’est le mot qu’emploie Jacques Brel dans sa belle chanson où il se dit à la recherche de l’ « inaccessible étoile ». « Ecartelés »,  parce que nous apprécions cette vie sur terre. « Ecartelés » aussi parce que nous pressentons bien que notre « Au-delà » sera tributaire de la façon dont nous menons notre vie actuelle. Le problème n’est pas de partir, disait quelqu’un, le problème c’est d’arriver. « Ecartelés »  parce que l’espérance nous dit intérieurement que seul Dieu peut apaiser nos angoisses et combler nos désirs. L’Eglise conserve précieusement cette parole de saint Augustin qui résume tout : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre coeur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. » Imagine-t-on recevable le propos d’un bouliste qui disait : « Je suis bouliste, mais je ne pratique pas. » ? On ne peut se prétendre bouliste que si on passe du temps à jouer aux boules. Tant qu’il est encore temps, pratiquons, pour ne pas nous laisser surprendre par la venue du voleur, pour nous familiariser à l’amour de Celui avec qui nous passerons notre éternité.

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