Jeudi 2 juillet- Un moral de vainqueur

Revoyons chacune des tentations auxquelles le diable a soumis Jésus.

Première tentation. « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Dans la tradition d’Israël, on s’interroge sur le jugement qui frappe le serpent au début de la Genèse, ce serpent qui a déformé la parole de Dieu et entraîné Eve à manger du fruit défendu. Dieu condamne le serpent à se nourrir de la poussière du sol. Pourquoi cette condamnation ?  Les rabbins font remarquer que c’est curieux, car s’il y a une chose qui ne manquera jamais, c’est bien la poussière ! Ce n’est pas ceux et celles qui font le ménage de leurs maisons qui diront le contraire… Les sages d’Israël continuent leur réflexion en disant que cela veut donc dire que le serpent aura toujours de quoi manger, et que de ce fait il n’aura jamais faim ; or, concluent-ils, c’est là que réside la malédiction : dans le fait de ne pas avoir faim. C’est le drame de notre époque : tout le monde a de quoi manger, et largement. On est dans la surconsommation. Et on s’en arrête là. Pas de place pour notre vie intérieure notre vie spirituelle. Préservons notre vie spirituelle. Pensons à la vie éternelle, qui n’est pas dite éternelle parce qu’elle n’aura pas de fin. Sinon, on parlerait de vie perpétuelle ! Mais parce que c’est la Vie de l’Eternel dès maintenant.

Deuxième tentation. Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »

J’ai connu le Père Claude Garnier. Le Père Claude était le plus doux des hommes, le plus bienveillant des prêtres, mais il avait parfois des indignations virulentes. C’est ainsi qu’un jour il déclare avec vivacité : « Vous savez ce dont la France aurait besoin, c’est d’une bonne dictature : cinq ans de dictature, cela remettrait les choses en ordre ». Le Père Rémi, son ami, prend alors la parole « Claude, je suis d’accord avec toi. Mais à une condition … C’est que le dictateur, ce soit toi ! » 

Le seul qui doit régner sur nos cœurs, sur nos vies, sur nos pays, c’est Jésus.

Ne faisons pas comme le Père Eugène… Le père Eugène va bientôt passer l'arme à gauche, et Monsieur le Curé est à son chevet pour lui donner l'extrême onction. Le Père curé le connaît bien. Il le tutoie. Comme le Père Eugène est sourd, il s'approche le plus près possible et lui dit à l'oreille :

 - Avant de mourir, dis ta foi en Notre Seigneur Jésus Christ et renie le Démon.

Mais le père Eugène se tait. Le curé lui demande :

- Allons, père Eugène, quand on quitte ce monde, il faut se préparer et renier le mal pour rejoindre le Seigneur aussi pur que possible...

Pourquoi ne veux-tu pas renier le Démon ?

Le Père Eugène lui dit : " J'hésite "

- Comment tu hésites. Il est plus que temps de t'abandonner entre les bras de Jésus et d'abjurer le démon.

Alors le vieux, d'une voix chevrotante :

- Tant que je ne sais pas chez qui je vais aller, je ne veux vexer personne.

La blague est jolie - Mais elle est dangereuse. Elle laisse penser qu’aller au Ciel ou aller en Enfer c'est équivalent. Or, nous sommes faits pour le Ciel. La liberté ce n’est pas de pouvoir choisir entre le bien et le mal. C’est précisément de se décider pour le Beau, le Bien, le Juste, le Pur, le Vrai.

Troisième tentation. « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit :Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et :    Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara :
« Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Il y avait un homme, dans un bar de l’Alaska, en train de s’enivrer.

Dieu… Il ne voulait plus en entendre parler. Son avion s’était écrasé.

Il a été enseveli, mourant, dans la neige, et a prié Dieu de le sauver, mais non… rien !... Il se sent complètement abandonné. Le barman alors lui dit :

-        Mais tu es là ! Tu as été sauvé !

-        Tu parles ! C’est juste qu’un esquimau est passé par là...

Il se peut que nos prières soient exaucées mais que nous ne nous en apercevions même pas. Nous pouvons interpeller le Seigneur (comme dans les psaumes où le priant n’hésite pas à exposer ses souffrances, son ras-le- bol). Mais en dernier ressort, confiance, confiance confiance dans le Seigneur. Il voit plus loin que nous. Jésus a accepté la croix plutôt que la Gloriole.

On l’aura compris : Le diable fait croire. Il fait croire que le paradis  peut être installé sur terre. Ainsi il veut nous détourner de l’essentiel, nous faire passer à côté de la vie éternelle, il veut nous faire miroiter l’espoir d’un homme providentiel ou d’une idéologie qui nous sauverait enfin, il veut nous faire croire que Dieu est indifférent à ce qui nous arrive. Mais le Saint-Esprit a conduit Jésus sur le ring. Jésus ne s’est pas dérobé. Jésus a gagné le Combat pour qu’à notre tour nous soyons vainqueurs et que nous ayons un moral de vainqueurs.

Les bonus : Deux prêtres de Haute-Loire sur Cnews : Eugénie Joubert : une catéchiste de feu

(9075) Construire sa personnalité - Nicolas Buttet - YouTube

(9050) péché contre l'Esprit Saint - YouTube

Vendredi 3 juillet- Tout chambouler

Qu’est-ce qui nous permet  de voir ? La réponse spontanée : ce sont les yeux, pardi ! Or ce ne sont pas nos yeux. C’est la lumière. A preuve l’histoire authentique d’un prêtre martyr au Vietnam. Les communistes l’ont enfermé pendant sept ans dans un cachot sans lumière. Quand il en est ressorti, il était aveugle. Ce qui nous permet de voir, c’est la lumière. Dans les changements coperniciens que Jésus a opérés, il y en a un au tout début de sa prédication. Dès qu’il sort de l’ombre, dès qu’il sort du silence de Nazareth, Jésus commence par demander la conversion. Mais Jésus change le sens du mot. Jusqu’à lui, et même dans la bouche de saint Jean Baptiste, « convertissez-vous » signifiait : revenez à moi, vous êtes allés trop loin dans le mal, revenez, faites demi-tour. Avec de très belles images, l’hirondelle revient faire son nid, le bœuf connaît l’étable de son maître, l’âne revient à la mangeoire, mais mon peuple, non. Sous-entendu : ne faites pas le mal. Avec Jésus, « convertissez-vous » veut dire : croyez moi, croyez en moi, faites moi confiance. Dans un cas, il s’agit de chercher à être irréprochable pour être de nouveau en Dieu. Avec Jésus, il faut lui donner sa foi, et reste suivra. Désormais, la grâce est première. Les commandements viennent après. Nous sommes libres pour avoir la capacité de poser l’acte de foi. Vous savez ce qu’est un « coup de main » : c’est à plusieurs et très rapidement devenir maitre d’une situation, comme s’emparer d’un poste de garde, ou d’une place forte dans une guerre. L’idée est que Dieu, sans attendre que les hommes changent leur manière de vivre fait advenir  librement, gratuitement le Royaume, le Christ, l’évangile (c’est la même chose). Jésus le dit avec la parabole des invités aux festins : « Venez maintenant tout est prêt ». L’ordre n’est plus : d’abord la conversion puis il y aura le salut. L’ordre est désormais : le salut est arrivé, il est là. La conversion, c’est l’effet du salut, ce n’est plus la cause. C’est en  ce changement radical, absolu qu’est la nouveauté chrétienne.

Et nous avons des preuves. André Frossard  par exemple. Fils du premier secrétaire général du Parti Communiste Français, il a été élevé dans l'athéisme. En 1935, il a une vingtaine d'année, il est métamorphosé en deux minutes simplement parce qu'il s'est trompé de trottoir et qu'au lieu d'entrer à l'école normale supérieure (rue d'Ulm à Paris où il avait rendez-vous), il est entré chez les religieuses de l'adoration. Il en ressort « chrétien catholique romain ». Il ne sait rien de la foi chrétienne mais il sait avec certitude que la Vérité est là. Il dit : « On m'a dit souvent : « Et votre libre-arbitre ? On fait décidément de vous tout ce que l'on veut. Votre père est socialiste, vous êtes socialiste. Vous entrez dans une chapelle, vous voilà chrétien. Si vous étiez entré dans une pagode, vous seriez bouddhiste ; dans une mosquée, vous seriez musulman. » A quoi je me permets parfois de répondre qu'il m'arrive de sortir d'une gare sans être un train. Quant à mon libre-arbitre, je n'en ai vraiment disposé qu'après ma conversion, lorsque j'ai compris que Dieu seul pouvait nous sauver de toutes les dépendances auxquelles, sans lui, nous serions inexorablement enchaînés.

Le Pasteur Thomas Roberts était anglo-saxon mais il était tellement malicieux qu'il arrivait à faire des jeux de mots en français. C'est ainsi qu'il avait sa façon bien à lui de traduire le passage d’évangile de ce dimanche: « Passant au bord du lac, Jésus vit Pierre et André qui lavaient leurs filets. Il leur dit : « Venez à ma suite et je vous enverrai pêcher non plus des poissons mais des hommes. » … Et aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » (Mc1, 18) Le pasteur Thomas résumait avec humour : « Et Jésus leur dit : Jetez vos péchés et filez »...!

Parmi les sept secrets de la sainteté de saint Carlo Acutis, il y a se confesser. La confession a de multiples effets. Le premier. Une petite fille : « Père bénissez-moi… »

La confession comporte 4 étapes :

Identifier ses péchés. (je demandais à maman)

Le regretter. « Acte de construction… Ferme révolution (shub, chambouler)… Ferme résurrection..)

L’avouer brièvement, simplement, sincèrement.

L’absolution (douche).

La réparation. Ce sont Jésus et la Vierge Marie qui la font mais il est bon d’apporter notre part : obligatoirement quand il s’agit d’un vol, ou d’un dommage, avec discernement et foi dans tous les cas.

Jésus Lumière est La Lumière de la vie, la Lumière du Monde. Approchons-nous de lui. Il nous éclairera. Laissons-lui nos péchés et filons !

Les bonus : (8913) Les révélations choc d’un prêtre sur les coupeurs de feu et magnétiseurs. - YouTube

(8899) 6 Astuces de peinture et bricolage que peu de gens connaissent! - YouTube

Samedi 4 Juillet - Voici l’agneau de Dieu

Les catéchistes ont parfois de drôles d’idées. Une catéchiste demande aux enfants de son groupe de chercher à quel animal nous pourrions comparer Dieu. Si vous aviez à dessiner Dieu, quel animal feriez-vous ? » Un enfant répond : « à un lion parce que c’est le roi des animaux. Il est fort comme un lion. » Un autre répond : «  à un aigle parce qu’il voit tout d’en-haut avec des yeux très perçants. Il voit de haut et de très loin » Et puis une petite fille lève la main : « Moi je ferais une araignée » « Une araignée, pourquoi ? Parce qu’elle tisse sa toile. Les  hommes la lui déchirent mais elle la reconstruit toujours ». Cette petite est une vraie théologienne. Saint Jean Baptiste lui, dessinerait un agneau.

Nous allons rechercher pourquoi. L’agneau c’est d’abord un symbole naturel très parlant. Deuxièmement c’est un symbole biblique très important. Et troisièmement, cela nous permettra de mieux comprendre comment cet agneau enlève les péchés du monde.

Au niveau simplement humain, le symbole est très fort. Y a-t-il un animal plus fragile, plus vulnérable, plus doux ? Même un poussin peut se défendre en se cachant sous les bois. Le bébé serpent peut faire peur. Le chaton ou le chiot peuvent griffer. Mais l’agneau ne peut ni piquer, ni mordre, ni griffer, ni se cacher, ni s’envoler. En hébreu, enfant et Agneau c’est le même mot. Dieu nous sauve en se faisant petit, fragile, vulnérable. Nous attendions un superman dépanneur, interventionniste. Nous avons comme sauveur un agneau qui sollicite notre cœur. Certains lui offriront de l’or, de l’encens, de la myrrhe. D’autres des crachats, des insultes, et des coups. Certains lui offriront du parfum, d’autre la mauvaise odeur de leur cœur ranci. Certains lui offriront l’eau vive de leur amour. D’autres le vinaigre de leur amertume. Certains lui offriront leur empathie. D’autres les rails de leur indifférence. Certains lui offriront leurs péchés. D’autres s’empêtreront dans leurs péchés au lieu de les lui donner.

Mais si saint Jean-Baptiste désigne Jésus comme l’agneau, c’est surtout parce que l’agneau est un des fils rouges les plus éclairants de l’Ancien Testament. Alors nous allons prendre nos bottes de sept lieues et traverser toute la Bible. Rappelons-nous. Au tout début, Abel et Caïn. Abel offre à Dieu (qui n’a rien demandé – ce genre de sacrifice est inspiré par le péché originel)  les agneaux de son troupeau, Caïn les légumes de ses champs. Caïn se met à penser que Dieu aime l’agneau plus que les légumes. Il laisse entrer dans son cœur la jalousie qui était tapie à sa porte, jalousie qui va le pousser à tuer son frère.  Passons ensuite à Abraham qui demande à son fils de partir avec lui pour offrir un sacrifice. Un dialogue bouleversant.  Isaac dit à son père Abraham : « Mon père ! – Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? » Abraham répondit : « C’est Dieu qui fournira l’agneau pour l’holocauste, mon fils. »  La Bible aurait pu s’arrêter là car le sens du sacrifice est inversé. Extraordinaire prophétie d’Abraham. Avec Abel et Cain nous sommes dans le donnant-donnant : le « do ut des » juridique : je donne à la divinité pour m’attirer ses bonnes grâces. C’est moi qui fais tout afin d’obtenir le maximum. Abraham annonce le sacrifice chrétien : simplement accueillir le sacrifice de Dieu. Explication de saint Paul : (Rm 8, 31b-34) « Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? » Ce n’est pas nous qui offrons le sacrifice. C’est le Seigneur.  Nous, nous y communions en l’accueillant, en donnant notre adhésion, en « validant ». Certes en donnant de notre temps, un peu de notre argent (quête, offrande de messe) mais surtout de notre Foi.

Passons ensuite au Livre de l’Exode : (Ex 12, 1-8.11-14) : « En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « …que l’on prenne un agneau par maison… on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera... Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai. » Le sang de Jésus sera répandu sur le linteau et le montant de la croix, non plus pour un peuple seulement mais pour la multitude.

Puis Isaïe : «Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche ». Et Jérémie : « Moi, j’étais comme un agneau docile qu’on emmène à l’abattoir. »

Arrive le doigt de saint Jean-Baptiste: « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ».

Il faut encore citer l’Apocalypse (5, 6-12) : « Et j’ai vu, entre le Trône, les quatre Vivants et les Anciens, un Agneau debout, comme égorgé. » L’agneau a vaincu la mort. Il  est ressuscité.

On entrevoit alors comment l’agneau enlève nos péchés. Nous aimerions, nous, qu’il nous bombarde d’antibiotiques pour détruire tous les germes de péché. Mais Dieu qui nous crée sans nous demander notre avis, ne veut pas nous sauver sans nous ; C’est une alliance, une coopération. Il nous enlève nos péchés, d’abord en les identifiant. Dans l’Apocalypse, il est écrit que l‘agneau tiendra lieu de flambeau. C’est important dans une société qui depuis des décennies appelle bien ce qui est mal et dénonce come mal les valeurs issues de l‘évangile.

Avec Abraham et Isaïe, nous comprenons qu’il nous les enlève par substitution. Saint Paul : « Ma vie dans la condition humaine, qui est la mienne je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi ».

Avec l’agneau pascal immolé chaque année, nous comprenons que c’est lui qui vit l’Expiation. Saint Paul va jusqu’à dire 2Co5.21 « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.» Mes cinq frères et moi-même resterons marqués par une prière de maman : « mon Dieu je vous l’offre »  C’est Jésus qui permet que nous puissions offrir quelque chose à Dieu. Une maman, en écoutant attentivement  son petit garçon dire la prière juste avant la communion, s’est rendu compte qu’il disait bel et bien : « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, donne nous … la patte » Puissions-nous avoir toujours ce même réalisme !

Le Seigneur a donné son Fils pour que nous puissions, en aimant vraiment son Fils, lui donner notre Amour. Ce qui fait plaisir à Dieu, c'est que nous lui donnions librement notre cœur. Pour le dire autrement, Dieu ne nous demande pas notre cœur. Il nous demande de lui donner notre cœur.

Les bonus : Sagrada familia :

(8899) Antoní Gaudi et la Sagrada Familia - YouTube

(8899) The baby’s first taste of the world ❤️ #baby #cutebaby #usa🇺🇸 #fyp - YouTube

Lundi 6 Juillet- La longueur des homélies.

« En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement. »

Cette petite phrase justifie tous les prédicateurs  : « Jésus se mit à les enseigner longuement » (Marc 6,34) !  Alors voici un petit florilège d’un thème récurrent dans les paroisses : la longueur des homélies …

Un jour une dame interpelle le saint curé d’Ars : « Monsieur le curé, vos sermons sont très bien mais vous prêchez un peu trop longtemps ». Il lui a répondu avec son air ingénu : « Madame, ce ne sont pas mes homélies qui sont longues, ce sont vos dévotions qui sont courtes » … !

Le Père G., curé d'une paroisse de Haute-Loire avait comme aide-au-prêtre (on disait aussi sa « bonne » - Annie Cordy les a rendues célèbres) sa propre soeur. Depuis sa première nomination, tout de suite après son ordination, elle l'avait toujours accompagné, le suivant dans toutes ses différentes affectations. Cela durait depuis une quarantaine d'années, mais elle venait de mourir. Ses confrères du doyenné arrivent aussitôt pour lui dire leur amitié. Ils imaginent bien que sa peine est immense. Alors, ils lui font cette proposition : « Tu es touché en plein coeur. Si tu veux, nous allons nous occuper de tout pour la messe d'enterrement. » Mais il refuse : « Je tiens absolument à célébrer moi-même. C'était ma soeur. Elle a tellement fait pour moi. Je lui dois bien de présider ses funérailles. » Alors, les confrères prêtres lui disent : « Évidemment, nous comprenons. Mais alors, nous te proposons de prendre en charge l'homélie. Célébrer, c'est encore possible, mais prêcher, c'est trop difficile. Quand il nous arrive une peine aussi grande, on est trop vulnérable, trop sensible pour pouvoir parler à toute une assemblée. » Mais là encore, il refuse poliment : « J'y ai pensé, mais je tiens à tout assurer, l'homélie aussi …» Deux jours plus tard, l'église est pleine à ras bord. Beaucoup de prêtres ont pris place dans les stalles du choeur. Le Père curé préside la messe. Il y a beaucoup d'émotion, mais tout se passe bien. Arrive le moment de l'Evangile. Il lit sans trembler le récit de la résurrection de Lazare. « Acclamons la Parole de Dieu. »  L'assemblée, d'une seule voix, répond : « Louange à toi, Seigneur Jésus ». Tout le monde s'assoit. Et le Père curé dit : « Mes frères, les grandes douleurs sont muettes. Amen. » Et il rejoint le siège du célébrant !

Les homélies les plus courtes sont peut-être les meilleures. Je me souviens de celle de l’un de nos professeurs au séminaire. Il venait de proclamer la parabole du pharisien et du publicain. Jésus y dénonce l’attitude du pharisien qui dit dans sa prière : « Seigneur, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme ce publicain… » Il nous dit alors : « Ne serions-nous pas en train de nous dire : Seigneur, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme ce pharisien ? » Ces trouvailles ne sont peut-être pas à renouveler trop souvent. Mais, il faut reconnaître qu’elles donnent à réfléchir longtemps !.…

Les séminaristes s'exerçaient à l'homélie. Chacun avait un sujet précis. Un avait hérité de l'enfer. Au milieu d'une phrase, le trou... Dans ces cas-là, une astuce de professionnel consiste à dire une phrase banale avant de retrouver son idée : « En enfer... vous avez du feu au-dessus, vous avez du feu à droite, vous avez du feu à gauche, vous avez du feu au-dessous... » Le supérieur, pas dupe, appuie alors sur la sonnette et dit : « Cessez le feu ».

Dans cette famille catholique, le père tenait absolument à ce que ses grands fils aillent à la messe chaque dimanche. Pour les … encourager, le papa faisait des contrôles inopinés. Ce dimanche-là, alors qu’un des fils revient du bourg, il vérifie qu’il a bien participé à l’eucharistie : « Est-ce que tu peux me dire ce qu’a dit le Père curé dans son homélie ? » Pris de court –mais pas forcément parce qu’il n’était pas à l’église ce matin-là mais peut-être simplement parce que les distractions avaient parasité son écoute - le fils répond : « Il a parlé de Dieu.. et il était « pour ». Le dimanche suivant, le père un peu soupçonneux lui pose la même question. Et le fils répond : « Il a parlé du mal… et il était « contre ».

Le Père Emiliano Tardif commentant le récit de la première Pentecôte disait avec humour : « Le jour de Pentecôte, il a suffi d'une prédication pour faire trois mille conversions. Aujourd'hui, il faut trois mille prédications pour un seul converti. » C'est peut-être un peu pessimiste. L'homélie suppose, de la part de l'auditeur, une capacité d'écoute, une disponibilité, une attente. Et de la part du prêtre ou du diacre qui la prononce, un peu de savoir-faire. Voici quelques conseils. Quelle est la ressemblance entre une homélie et une mini-jupe ? Les deux doivent être plutôt courtes pour retenir l'attention et suffisamment longues pour couvrir le sujet. Les anciens disaient que pour faire une bonne homélie, il fallait préparer une bonne introduction et une bonne conclusion... et faire en sorte que les deux soient le plus rapprochées possible.

Dans un monastère, le Père Maître des novices interrogeait le jeune frère cuisinier sur l'homélie qu'avait prononcée le Père Abbé au cours de la messe du dimanche. Et comme le frère ne se souvenait plus de rien, le Père Maître lui faisait un peu la morale : Il faudrait qu'il soit tout de même plus attentif. S'il n'écoute pas, il perd son temps, et il fait perdre leur temps à ceux qui s'échinent à préparer. Le frère essaie d'expliquer qu'il a beau faire l'effort d'écouter, il entend tout, mais il ne retient rien. Le Père Maître ne comprend pas. Alors, le frère cuisinier lui dit : « Voyez-vous Père, il en va de l'homélie comme de l'eau pour la salade. Une fois que la salade est essorée, toute l'eau a disparu. Il n'empêche que l'eau a bien rempli son effet : la salade est propre. » Voilà pourquoi le prédicateur vise le rayonnement par les homélies. Le Seigneur sème parce qu’il nous aime

Les bonus : (8899) Les chrétiens ne se forcent pas - YouTube

(8899) Mere PIA - BOULAURE - YouTube