Lundi 19 mai 2025 : Demeures de Dieu.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 14, 21-26) : «En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. » Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? » Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »
Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette. Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : « Enterrons la divinité de l’homme dans la terre. » Mais Brahma répondit : « Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et la trouvera. »
Alors les dieux répliquèrent : « Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans. » Mais Brahma répondit à nouveau : « Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous les océans et il est certain qu’un jour, il la trouvera et la remontera à la surface. » Alors les dieux conclurent : « Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour. »
Alors Brahma dit : « Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher. » Depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.
Il y a en l’homme quelque chose de mystérieux qui nous dépasse ; la théologie catholique appelle cela la présence d’immensité. L’existence est comme la lumière : on ne la met pas dans un coffre, on la reçoit à tout instant. C’est donc à chaque instant que Dieu nous la donne ainsi qu’à tout l’univers. C’est pourquoi si Dieu avait un instant de distraction, tout disparaîtrait. Or cette création suppose une présence de Dieu au plus intime de chaque chose pour lui donner l’existence : on l’appelle présence d’immensité, parce qu’elle n’a pas de limite. Dieu est Vie, plénitude de Vie. Il est présent dans la vie minérale, mais il est plus présent dans la vie végétale, encore plus dans la vie animale, plus encore dans la vie physique de l’homme, bien plus encore dans la vie personnelle, consciente et libre.
L’évangile nous apprend que Dieu veut demeurer en chacun de nous. En nous, il n’y a pas seulement « quelque chose », pas seulement de l’énergie divine, pas seulement de la divinité, mais trois Personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit… Un enfant va au catéchisme le mercredi matin. L’abbé lui explique ce que dit saint Paul à savoir que nous sommes le Temple du Saint-Esprit c’est à dire que, depuis notre baptême, le Saint-Esprit habite en chacun de nous comme dans un sanctuaire sacré. L’après-midi, parce qu’il a fait une bêtise à la ferme paternelle, il reçoit un magistral coup de pied au derrière de la part de son père. Le gamin se tourne alors calmement vers le paternel et lui dit : « Tu viens de faire un gros péché Tu viens de donner un coup de pied au Temple du Saint-Esprit »… Mais son père, qui a au moins autant de répartie que lui, a le dernier mot : « Un coup de pied, peut-être à la sacristie du Temple, mais pas au Temple »…
Comment comprendre cette présence de Dieu Père, Fils et Saint-Esprit en nous ? Jésus avait une adresse, à Nazareth, à Capharnaüm ou à Jérusalem. Pour le voir, il fallait faire le voyage. Cela continue d’être vrai : même glorifié, Jésus est toujours « quelque part ». Où est Dieu ? On peut donc répondre : il est partout… où on le laisse entrer. C’est dit magnifiquement dans le Livre de l’Apocalypse : « Je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un m’ouvre, j’entrerai et je prendrai mon repas avec lui et Lui avec moi. » Nous lui avons ouvert la porte à notre baptême. Mais cette porte a un groom très efficace qui la pousse à se refermer sans arrêt. Parfois même, la porte est fermée par des verrous. Or, si la porte est fermée par douze verrous et que vous n’en ouvrez que onze, il ne se passera pas grand-chose
Une vieille dame sans instruction du village de Rocoules près de Saugues, avait une intelligence profonde. Monsieur le curé venait de lui donner la communion à domicile. « J’ai bien réfléchi à une chose, dit-elle. On nous a dit que les apôtres avaient de la chance parce qu’ils voyaient Jésus. Ils l’avaient à côté d’eux, devant eux. Moi j’ai plus de chance encore qu’eux. Je l’ai en moi, au dedans de moi. »
Les bonus : (3201) 🙏🏻 3 JOURS AU MONASTÈRE : CE QUE J’AI VU VA VOUS SURPRENDRE ! – YouTube