Mercredi 12 février 2025 fragile mais très grand

Lecture du livre de la Genèse (Gn 2, 4b- 9.15-17) : « Lorsque le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, aucun buisson n’était encore sur la terre, aucune herbe n’avait poussé, parce que le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol. Mais une source montait de la terre et irriguait toute la surface du sol. Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde. Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ; mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »

Un grand savant m’a dit un jour que ce texte est le plus beau de tout ce que l’humanité a produit. Parce qu’un enfant de six ans peut en comprendre le message profond et que de grands penseurs peuvent y trouver beaucoup d’inspiration.  Voyons un peu.

Il n’y a rien, mais il y a  tout de même quelque chose. « Lorsque le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, aucun buisson n’était encore sur la terre, aucune herbe n’avait poussé […] Mais une source montait de la terre et irriguait toute la surface du sol ». Nous ne sommes pas devant une description de ce qu’il s’est passé mais dans un genre littéraire proche de la parabole ou du conte ou du mythe, un genre littéraire spécial qui nous permet de comprendre le projet du Seigneur quand il crée.

Le Seigneur modèle l’homme à partir de l’argile. Quelle magnifique image ! J’ai la chance d’avoir un frère sculpteur sur bois. Il a fait quelques réalisations en argile. Un artiste met beaucoup de lui-même dans son œuvre : sa force, son énergie, son coup d’œil, sa sueur, son inspiration, sa façon de voir la réalité, son désir de faire plaisir,…  Dieu a mis beaucoup de lui-même en l’homme. Nous voyons le produit fini mais il lui a fallu beaucoup réfléchir : où mettre le cerveau ? Pourquoi pas un œil coté nuque ? combien de doigts dans chaque main ? Et la peau : carapace ? écailles, ? plumes ? Comment a-t-il fait pour atteindre une telle douceur ? une telle élasticité ? une telle capacité de réparation, de restauration ?… On imagine le Seigneur portant son projet pendant des semaines puis se mettant au travail comme un potier devant son tour. Mon papa aimait raconter que lorsque le Seigneur eut terminé son œuvre, il la laissa sécher un peu au soleil. Mas il était pressé de continuer. Il toucha de son doigt pour voir si c’était sec. Ce n’était pas sec. Le doigt s’enfonça. Nous gardons la trace de ce doigt : c’est notre nombril… ! 

Une fois sa statue d’argile terminée, le Seigneur, y insuffle l’âme en soufflant dans ses narines. Nous sommes extrêmement fragiles comme des vases d’argile mais nous sommes infiniment grand puisque nous avons en nous le Souffle du Très-Haut. Quand il créera les animaux, il ne sera pas dit qu’il insuffle en eux son haleine de vie. L’homme n’est pas qu’un animal. Il a en lui la divinité. Les traitions orientales l’ont perçu. D’autres traditions aussi. Les Romains définissaient la conscience comme Deus in nobis Dieu en nous. Notons que l’argile ne sèche vraiment qu’au four. Tant qu’elle n’est pas sèche, elle peut être remodelée. Nous ne serons vraiment cuits au four que lorsque la mort figera notre option fondamentale. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Pensons au bon larron ou à Pranzini le condamné à la guillotine qui a finalement accepté d’embrasser le crucifix en montant sur l’échafaud.  

Ensuite, le Seigneur qui a commencé comme  potier sculpteur se fait paysagiste pour que l’homme ait un écosystème où s’épanouir. Il confie à l’homme la mission de cultiver et garder ce jardin. Il y a un jeu de mots dans l’original hébreu qui est bien reproduit en français. Le Seigneur confier à l’homme la mission de garder et cultiver la terre. Ce sont les mêmes mots que pour garder les commandements et rendre un culte au Seigneur ; si l’homme avait pris au sérieux cette mission, aurait-il pollué comme il l’a fait la terre, l’eau et l’air ?

Ce jardin c’est la terre. L’homme dispose de tout. Il n’est pas écrit qu’il y a des montagnes sacrées, ou des lieux maléfiques. Mais dans cette organisation divine, il y a l’arbre de la connaissance du bien et du mal auquel l’homme ne doit pas toucher. C’est tout simplement pour faire comprendre que ce n’est pas l’homme qui peut dire ce qui est bien et ce qui est mal. Seul le Seigneur connaît le mode d’emploi de la nature humaine puisque c’est lui qui l‘a conçue. Les malheurs viennent du fait que tout de suite l’homme a dit : « Et en plus il faudrait que j’écoute quelqu’un que je ne vois pas ?! je suis bien assez grand pour savoir ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire ! Je suis bien assez grand pour décider ce qui est bien et ce qui est mal. » Et cela a été la catastrophe. Mais le Seigneur a toujours un Plan B. La suite du texte le dira.

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