Jeudi 10 avril 2025 Jésus : 0 en grammaire
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 8, 51-59) : « En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? » Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”, alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde. Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. » Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. » Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple. »
René est professeur de mathématiques en lycée. Comment lui, qui a un esprit tellement scientifique, est-il arrivé à la foi ? Durant ses propres années de lycée il se posait beaucoup de questions. Il voulait rencontrer Dieu… si jamais il existait. En faculté de mathématiques, un premier déclic s’est opéré, à partir de cette réflexion : « nous sommes limités par la masse (nous avons un poids contre lequel nous ne pouvons pas grand-chose), par l’espace (nous ne pouvons pas être ici et ailleurs en même temps) et par le temps. Mais Albert Einstein a démontré la relativité. Ces notions de masse, d’espace et de temps ne sont pas aussi figées que nous l’observons à notre petite mesure. Cela a suffi à René pour que son intelligence admette qu’il puisse exister une autre façon d’être. Dieu, lui, n’est pas enfermé dans la masse, l’espace et le temps que nous connaissons. C’est pour cela que Jésus peut faire une faute de grammaire comme celle de ce chapitre huit de l’évangile selon saint Jean. Ce jour-là, Jésus est en discussion serrée avec les pharisiens. Ceux-ci s’apprêtent à lui jeter des pierres pour cause de paroles blasphématoires. Juste avant, ils lui disent de façon ironique : « Tu n’as pas cinquante ans et tu as vu Abraham ! » Jésus leur répond : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fut, JE SUIS. » Normalement, il aurait dû dire : « Avant qu’Abraham fut, j’étais ». Mais Jésus est Dieu le Fils qui existe de toute éternité. Il est Dieu pour qui il n’y a qu’un éternel présent.
ll avait été répondu à Moise devant le Buisson ardent : « Quand ils te demanderont mon nom, tu leur diras YHWH » On peut traduire par : « Je suis qui je suis » sous-entendu « Comment peux-tu prétendre me connaître ? Je serai toujours au-delà de ta petite « comprenote ». On peut traduire aussi : « Je suis Celui qui est » : Dieu n’est pas dans le passé ni dans le futur. Il est dans un présent éternel. Des exégètes disent qu’on peut aussi traduire par « Je suis qui je serai » : ce qui signifie : si tu marches avec moi, si tu restes fidèle, peu à peu tu pourras me connaître.
Pourquoi la Sainte Trinité est-elle représentée entre autres images, par un triangle ? Dans les premiers siècles on a eu du mal à comprendre et à expliquer que le Père ne précède pas le Fils contrairement à nous les hommes. En principe, un papa est plus âgé que son fils… Le triangle permet de dire que le Père et le Fils sont « simultanés » : en effet, dès qu’un triangle est posé, ses propriétés sont posées, notamment le fait que la somme de ses trois angles est égale à 180 degrés, quelle que soit sa forme : équilatéral, isocèle, ou rectangle. Dès que le Père est là, le Fils y est aussi.
Pendant longtemps les théologiens ont buté sur la notion d’éternité. Ce n’est qu’au Moyen Age que Boèce a donné la définition : Interminabilis vitae tota simul et perfecta possessio. Possession entière, parfaite, simultanée d’une vie sans limite. C’est plus une densité de vie qu’une perpétuité. C’est un présent.
Or, pour nous le présent n’existe pas, en fait. Nous sommes toujours à courir après le temps. Dieu, lui, est un éternel présent. Saint Jean-Paul II avait imaginé cette histoire malicieuse qu’il avait racontée à son ami André Frossard : (c’était avant le levée du rideau de fer, avant donc 1989 : « Le Pape prie et demande à Dieu : – Seigneur, la Pologne retrouvera-t-elle un jour sa liberté ? – Oui, répondit Dieu, mais pas de ton vivant. » Alors le Pape un peu secoué parce qu’il voit bien que la présence d’un Polonais sur le siège de saint Pierre remue vivement l’organisation soviétique et fait bouger les lignes) continue : – « Seigneur, mais après moi, y aura-t-il encore un Pape polonais ? – Pas de mon vivant », répondit Dieu. J’avais rapporté cette histoire souriante qui montre l’humilité, l’autodérision de saint Jean-Paul II dans mon livre « Jésus, les Douze et le Quinze de France ». Peu après la sortie de ce livre, une dame m’appelle au téléphone pour me signaler que j’avais fait erreur, qu’il ne fallait pas écrire « pas de mon vivant » mais « pas de ton vivant », c’est à dire pas du vivant de Dieu, mais du vivant de saint Jean-Paul II. Je n’ai pas su comment lui expliquer qu’en effet, Dieu étant éternel, c’est cocasse de parler de son vivant. Mais l’humour de Karol Wojtyla faisait ressortir que Dieu et l’homme ne jouent pas dans la même cour !
Comme Jésus qui fait exprès une faute grammaticale pour dire qu’il est vivant plus que depuis la nuit des temps, vivant dès avant la création du temps, posé avec le Père et le Seigneur Esprit-Saint, comme les 180 degrés du triangle. Avant même qu’Abraham commence à exister, JE SUIS.
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