2° Avent 2025. Carmes Solignac
Frères et sœurs, une des clefs des lectures de ce deuxième dimanche de l‘Avent est dans la première lecture : « La Connaissance du Seigneur remplira l’univers mieux que l’eau ne couvre les mers. » Connaître Dieu. Ce n’est pas avoir une opinion sur Dieu. C’est avoir accès à Dieu. Etre intime de Dieu. Avoir ses entrées chez Dieu. C’est tutoyer Dieu. Il a promis par son prophète Isaïe que cette connaissance serait très très répandue, donc accessible au plus grand nombre. Du côté de Dieu, il fallait donc que ce soit très simplifié, que les démarches soient faciles (On nous promet depuis longtemps la simplification des impôts, mais c’est repoussé d’année en année). Si pour avoir accès à Dieu, il fallait avoir un bac + 14, qui le connaîtrait ?
Mais ce que Dieu promet, il le fait. Il a simplifié jusqu’à réduire le mot de passe à deux syllabes : JE–SUS. Sur internet, nous pouvons voir des images de ces rassemblements étonnants en Egypte, en Iran, en Algérie réunissant d’anciens musulmans qui ont rencontré Jésus et qui scandent ces deux syllabes avec une joie inouïe.
Une religieuse catéchiste pose une devinette à son groupe : qu’est-ce qui est roux, qui saute de branche en branche ? un enfant lui répond : je pense que c’est un écureuil mais vous connaissant c’est peut-être Jésus. Des amis ont un grand fils de vingt ans ; quand il était petit, il avait compris la ferveur de sa maman. Et quand il lui posait une question, il répondait volontiers, un peu interrogatif : « Jésus ? ». Jésus est le sésame pour accéder à Dieu. Et de notre côté, il suffit que nous voulions le connaître. Saint Jean Baptiste le dit avec pudeur : cela ne veut pas dire d’abord : ne dites plus de gros mots, ne trahissez pas votre ami, mais tournez-vous vers Jésus. Saint Jean Baptiste fait comme saint Padre Pio qui ne mâchait pas ses mots quand il voyait arriver à son confessionnal un soi-disant chrétien qui en fait cherchait à sauver la face… mais n’avait pas le désir de Jésus. Engeance de vipères… ! Oulala ! Qu’est-ce qui lui prend ? Il lui prend que nos cœurs ne sont pas donnés à Jésus. Dans nos cœurs, il y a toute une ménagerie qui lui barre l’accès, pas seulement la vipère et sa langue bien connue mais aussi le chien colérique, le lièvre peureux, le ver sournois de l’inquiétude, le pachyderme insensible,… Ne dit-on pas rusé comme un renard, fier comme un coq, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, frais comme un gardon. Il y a anguille sous roche, tête de linotte, copain comme cochon, prêt à gueuler comme un putois. Une vraie peau de vache, quoi ! Et vous, vous êtes fait comme un rat, vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe, vous finissez par noyer le poisson, vous avez le cafard. C’est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce sous vos airs d’ours mal léché, faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie. Et puis, ça aurait servi à quoi de se regarder comme des chiens de faïence.
Or Jésus est Celui qui baptise dans l’Esprit Saint et dans le feu, qui donne la connaissance du vrai Dieu, le seul qui transmet le feu de Dieu. Comment savons-nous que nous avons le vrai Jésus ? Est-ce que nous aimons sa maman ? La Sainte Vierge Marie garantit que Jésus n’est pas un rêve, une idée. Le Seigneur a simplifié au maximum avec quatre syllabes : JE- SUS-MA-RIE. A nous de valider ou non. Les Corses ont suffisamment d’histoires pour que nous puissions les taquiner. Rappelons-nous aussi que les stéréotypes, c’est bien pratique ! Nous sommes au bistrot d’un petit village. Alors qu’il y a déjà beaucoup de tables occupées, entre un aveugle avec ses lunettes noires et sa canne blanche. Il va s’asseoir à sa place habituelle. Le barman s’approche de lui. L’aveugle a repéré qu’il y a dans le bistrot quelqu’un qui n’est pas du village et il demande à voix basse : « Doumé, qui c’est ce gars avec l’accent qui n’est pas de chez nous ? » … Et le barman lui dit : « Eh bien, figure-toi que c’est Jésus » … « Oh, dit le malvoyant porte lui un café de ma part ». Un moment après, entre dans le bar un gars sur un fauteuil roulant. Dès qu’il entre il aperçoit au fond de la salle ce beau jeune homme d’une trentaine d’années, belle barbe, très beaux cheveux longs… Et comme il demande au barman qui est ce nouveau venu, il a la surprise de s’entendre dire que c’est Jésus… « Jésus lui-même ?! » « Oui, c’est Jésus » « Oh, écoute, offre-lui une liqueur de châtaigne de ma part ». Quelques minutes plus tard arrive dans le bar un villageois d’une quarante d’années. Lui ne semble pas avoir de handicap particulier. Lui aussi repère tout de suite cet homme qui n’a pas du tout le type ni l’accent corse. Discrètement, il se renseigne auprès du barman. Et quand il apprend que c’est Jésus, il lui fait porter de sa part un pastis.
Un moment plus tard, Jésus se lève. Il s’approche de l’aveugle et lui dit : « Je te remercie infiniment pour le café. Cette attention m’a beaucoup touché ». Et comme il donne une petite tape amicale sur le dos de l’aveugle, voici que cet homme retrouve la vue. Jésus s’approche ensuite du jeune homme sur son fauteuil roulant et lui dit : « Mille mercis pour la liqueur. En vérité je te le dis, qui aura donné un simple verre d’eau fraîche à l’un de ces petits qui sont les miens ne perdra pas sa récompense ». En disant cela, il le prend par les épaules. Et voilà que le paralysé ressent une grande chaleur dans son corps. Il retrouve aussitôt l’usage de ses jambes ! Jésus s’approche enfin du troisième qui avait eu une attention pour lui. Mais celui-ci lui dit : « Ne me touche pas, je suis en arrêt maladie ».
C’est une « blagounette ». Mais elle peut nous faire réfléchir. Souhaitons-nous vraiment l’action de Jésus sur nous… ? Sommes-nous vraiment prêts à le laisser agir en nous ? Avons-nous suffisamment confiance en lui pour lui laisser les clefs de tous les secteurs de notre vie : notre façon de gérer la télévision, notre façon de conduire, l’usage que nous faisons de tous les biens à notre disposition, notre façon de veiller sur notre santé, sur notre équilibre. Se laisser toucher par Jésus n’est peut-être pas aussi évident que cela ! Et pourtant ! Amen.
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Ils élèvent 16 enfants : biologiques, adoptés, handicapés… Le pari fou de la famille Chauvancy
Lundi 8 décembre 2025
Spiritualité et histoire pour honorer Marie Lumière
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés
des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé. En lui, nous sommes devenus le domaine particulier de Dieu, nous y avons été prédestinés selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé : il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d’avance espéré dans le Christ. »
Le 8 décembre 2017, le pape François a dit : « La « pleine de grâce » a vécu une vie belle. Quel était son secret ? Marie avait l’habitude d’écouter Dieu et de s’entretenir avec lui. En restant avec Dieu, en dialoguant avec lui en toutes circonstances, Marie a embelli sa vie. Ce n’est pas l’apparence, ce n’est pas ce qui passe, mais c’est le cœur tourné vers Dieu qui rend la vie belle. Aujourd’hui, regardons avec joie la pleine de grâce. C’est Bernanos qui a eu cette jolie expression : “La Vierge Marie est plus jeune que le péché” Demandons-lui de nous aider à rester jeunes en disant « non » au péché, et à vivre une vie belle, en disant « oui » à Dieu.
Le Pape Benoît XVI lui, a dit : “Elle nous dit : fais comme moi ! Ouvre-toi à lui ! Fais-lui de la place dans ta vie. Fais -lui de la place dans ton temps, dans ton coeur dans ta volonté et dans tes actes. Laisse-le entrer, qu’il trouve de la place en toi, et qu’à travers toi, Dieu prenne un peu demeure, qu’il ait de la place dans ce monde, ce monde qui pense être déjà si encombré que Dieu lui semble une entrave, alors que lui seul nous donne de l’espace et nous rend libres. ” Fais comme moi”dit Marie “ouvre-toi à lui, laisse-le entrer en toi.”
D‘où découle la tradition d’illuminer les fenêtres avec des lumignons en l’honneur de la Sainte ViergeMarie. Bref historique. En 1850, l’afflux des pèlerins à la chapelle de Fourvière (la basilique n’est pas encore construite) nécessite son agrandissement et le clocher, qui a reçu un boulet de canon en 1848, est à consolider. Les laïcs de la confrérie de Fourvière souhaitent qu’il soit surmonté d’une statue de la Sainte Vierge pour que “son éclat rayonne aux quatre points cardinaux et témoigne des merveilles qui se produisent dans ce lieu vénéré.” Le Cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, autorise cette réalisation. C’est le projet de Victor Fabisch, professeur de sculpture à l’école des Beaux-Arts de Lyon, qui l’emporte, par concours, sur trente-deux autres. La statue fait 5,60 mètres. Le 8 septembre (fête de la Nativité de la Vierge) 1852 est choisi. La Providence ne le permettra pas. Des pluies diluviennes tombent en juillet et août. Le Rhône a emporté les digues, des maisons s’écroulent, Charpennes est sous l’eau avec une partie de la place Bellecour. L’atelier du fondeur, quai de Saône, est inondé. Le 8 décembre, fête de l’Immaculée conception*, est finalement choisi. A 11 heures, Messe solennelle d’inauguration par le Cardinal entouré de 400 prêtres et diacres. Mgr Chalandon, évêque de Belley, est venu en voisin. Mais, l’après-midi, l’orage se déclare. Le vicaire général prévient par les journaux du soir et les églises que l’illumination de la statue risque d’être reportée au dimanche suivant. La tempête s’arrête à la tombée de la nuit. C’est alors que, spontanément, les lyonnais, frustrés de l’absence des illuminations de la nouvelle statue de la Vierge, vont illuminer eux-mêmes leurs fenêtres “du rez-de-chaussée jusqu’aux mansardes, de toutes les rues, de la plus grande à la plus petite”, à partir de 18 heures. A 20 heures, toute la Ville est embrasée ! Les gens faisaient la chaîne aux portes des magasins pour avoir de l’huile, des bougies… Tout fut dévalisé en quelques minutes !
La banlieue ne fut pas en reste: les Charpennes, Villeurbanne, les Brotteaux, la Guillotière… La colline de Fourvière ne s’illuminera que le 12, lors des illuminations officielles avec celles des bâtiments publics: l’Hôtel-de-Ville, la Préfecture, les places, les quais, etc. Les communes de Brignais, Oullins, Sainte-Foy, Neuville, Saint-Cyr; le Beaujolais et l’Ain ont suivi l’exemple et se sont couverts d’illuminations en l’honneur de la Vierge Marie protectrice de la Ville de Lyon.
Rappelons les dates et les faits historiques: en 1643: la peste. Le choléra-morbus en 1832, 1835 et 1850. Plus tard, en 1870: les Prussiens…. C’est en effet le 8 octobre 1870 que 8 à 10.000 femmes montent à la chapelle de Fourvière, chapelet en mains, sous une pluie glacée, pour demander à l’Eglise de prononcer un voeu pour la construction d’une basilique si les Prussiens ne parvenaient pas jusqu’à Lyon.
Ranimons notre Foi! Invoquons la Vierge Marie! Mettons nos familles, nos paroisses, nos églises, notre pays sous Sa protection et illuminons nos maisons pour manifester au monde que la vraie lumière n’est pas celle “des lumières” mais de Celui qui a dit: “Je suis la Lumière du monde, qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie” (Jean 8,12).
Les bonus : https://youtu.be/ViikYYFFFl0?si=vigAj0Iu0pNf5MKc