4° Avent année A 21 décembre 2025 Saint-Antoine et Les Carmes
Frères et sœurs, nous allons nous poser deux questions. Comment se fait-il que La Vierge Marie et saint Joseph aient pu vivre en frère et sœur ? Et si c’est le cas, comment ce couple atypique peut-il être donné comme modèle aux couples chrétiens ?
Pour répondre à la première question, j’emprunte quelques lignes au livre plutôt décoiffant de Fabrice Hadjadj : Etre père avec saint Joseph Petit guide de l’aventurier des temps post-modernes Paru le 13 mai 2021. Que ceux qui l’ont lu et qui connaissent son style un peu cru, se rassurent : j’ai … épuré »…
« Joseph est célébré comme « chaste époux ». Je ne sais pas qui, de nos jours, pourrait bien lui envier ce titre. Dans « chasteté » nous entendons désormais « castration », « efféminement », […] Le chaste est le malheureux en amour qui fait d’impuissance vertu. Comme le dit Célimène dans Le Misanthrope : « On peut, par politique, en prendre le parti, / Quand de nos jeunes ans l’éclat est amorti ; / Cela sert à couvrir de fâcheuses disgrâces. »
Le Catéchisme de l’Eglise Catholique dit tout autre chose (§ 2337) : « La chasteté signifie l’intégration réussie de la sexualité dans la personne et par là l’unité intérieure de l’homme dans son être corporel et spirituel. » Elle correspond donc, non à une mutilation, mais au vivant déploiement de la relation sexuelle.
On l’annexe souvent à la tempérance, en tant qu’elle passe la bride aux chevaux de notre appétit, lesquels se ruent trop vite vers les premières voluptés. Mais il convient de la rattacher davantage à la justice. Plutôt que maîtrise de soi, elle est accueil de l’autre dans le respect de la différence […]. La chasteté masculine préserve le mystère du féminin. Elle ne le dissout pas dans les jouissances. Elle ne le réduit pas à des fonctionnalités domestiques. Elle ne le vaporise pas non plus dans les spéculations philosophiques ou dans les blasons poétiques. Par sa disposition, l’homme n’est plus seulement à convoiter dans la femme une monture, un administrateur, le motif d’un lyrisme, le moment d’un système. Il n’est plus ni avec une moitié, ni avec bobonne, ni même avec l’âme sœur (projection incestueuse). Il comparaît devant cette femme, Siffreine – ou Marie – comme ce qui engage son désir toujours au-delà de ses attentes.
En cela le chaste Joseph est viril. Il ne fait pas viril. Pour faire viril, on doit soulever de la fonte, se laisser pousser la moustache, s’habiller dans le style cow-boy, policier ou biker. Avoir une grosse cylindrée […] est un véritable atout. On préconise aussi le tatouage manchette, avec un motif viking ou tribal, et les bottes en crocodile. Avec son lys à la main, Joseph fait erreur sur la panoplie. […]
Quand vous êtes viril, il ne s’agit pas que de travailler une image ou de connaître un rôle. Cela jaillit du fond de vous-même, cela se cultive comme une plante dont il vous faut raisonnablement accompagner la pousse.
Avant tout, ce n’est pas une question de biceps ni de pilosité, mais de creusement du désir, d’hospitalité à l’autre sexe, dans son hétérogénéité engageante et sa liberté imprévisible. C’est une question de tact et de retenue. Une force intérieure.
Selon le mot d’Albert Camus : « Un homme, ça s’empêche. Voilà ce que c’est qu’un homme, ou sinon … » Sinon c’est une lavette. Celui qui, pareil au caniche devant le sucre, se dresse sur ses pattes arrière devant le premier décolleté venu, celui qui augmente son tableau de chasse, ignorant la personne derrière le trophée, celui-là n’est pas viril, mais veule et gluant. » Le chaste Joseph est viril.
Deuxième question. En quoi ce couple si spécial est-il modèle pour les autres couples ? Pour au moins deux raisons. L’ange dit à saint Joseph au nom de Dieu : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse ». On comprend ainsi ce qu’est fondamentalement le mariage. C’est Dieu qui donne les époux l’un à l’autre. Dans le mariage chrétien on reçoit l’autre, on ne le prend pas. Chacun est don de Dieu pour l’autre. Comme c’est beau quand les jeunes fiancés, ou ceux qui ont 50 ans de mariage, vivent leur rencontre et leur destinée commune dans cet esprit : « Tu es le plus beau des cadeaux que Dieu m’a fait » et en ayant l’audace de dire aussi : « Je suis le plus beau cadeau que le Seigneur pouvait te faire »… ! Cadeau pour te faire du bien et aussi te … sanctifier, te faire progresser dans la patience, l’endurance ! Le sacrement de mariage advient avec la formule que se disent les fiancés devant le prêtre : « Je te reçois comme époux et je me donne à toi. » Cela est déjà magnifiquement exprimé dans le Livre de la Genèse. Rappelez-vous comment est décrite la création de la femme : elle est créée pendant le sommeil mystérieux dans lequel Dieu a fait sombrer Adam. Adam ne va pas la chercher encore moins l’acheter. Il la reçoit sans qu’il ait levé même le petit doigt. Prions pour que les fiancés s’ouvrent à ce mystère : « c’est Dieu qui de toute éternité t’a préparé(e) pour moi » !! Le don du corps est le symbole du Don du Cœur. Le Don du Cœur pour être vrai ne peut être que total pas à moitié, pas aux trois-quarts. Et pour être total il ne peut être que définitif. Les jeunes disent, quand on leur expose cela : « C’est surhumain. » Oui ! Ce n’est pas inhumain, mais surhumain (surnaturel) parce que cela peut être vécu avec Jésus, par Lui et en Lui. »
Le couple de Joseph et de Marie est exemplaire en un deuxième sens : ils ont mis Jésus au centre. Prions pour que tous les couples s’ouvrent à cette grâce : mettre Jésus au centre de leur vie comme source de tout, d’inspiration, de sanctification, de pardon, d’espérance, de charité. Amen !
Les bonus : Jesus t’apprend a prier parler a Dieu comme a un ami #fyp #jesus #bible #amen
De l’église évangélique à la messe catholique : https://www.youtube.com/shorts/aR03vWGpsr8
Lundi 22 décembre 2025 Magnifique Vierge Marie !
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1, 46-56) : « En ce temps-là, Marie rendit grâce au Seigneur en disant : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. »
Voici, pour prolonger le Magnificat qui en fait est sa prière de toute sa vie, voici le témoignage du cardinal Barbarin qui dit son affection pour la Vierge Marie.
« Dans ma vie, la Vierge Marie est présente depuis le premier jour, et sans doute dès avant ma naissance, quand ma maman, quand mes parents lui confiaient la petite vie qui s’annonçait.
Avec elle, j’ai toujours eu une relation simple, avec des temps forts, bien sûr, comme mon premier pèlerinage à Lourdes au moment du centenaire des apparitions, lorsque la basilique Saint Pie X venait d’être achevée. Puis, il y eut la découverte de Fatima, sur le chemin qui nous ramenait du Maroc en France pour les vacances, et la fête de Notre Dame de la Bouzanne, le 15 août, à Aigurande, le lieu d’origine de notre famille, dans le Berry…
Pas de moments exceptionnels. Sauf un, peut-être. J’ai 15 ans. Nous habitons alors à Joinville. Après une confession à Sainte Anne de Polangis, pendant que je fais ma pénitence – il doit y avoir quelques Je vous salue Marie ! – en arrivant à « maintenant et à l’heure de notre mort », je lui confie ma vie d’une manière ferme, précise et décidée. « Mais ce sera quoi ma vie ? » Et la réponse était claire : prêtre ! En fait, cette certitude était ancrée en moi depuis longtemps, mais à ce moment-là j’ai eu l’impression qu’elle recevait son sceau, sous le regard de la Vierge Marie.
Le chapelet… Oui, c’est un bon compagnon de tous les temps, particulièrement peut-être aux heures de maladie. Un jour, à Lourdes, lors d’un « Frat » (1) avec un de mes amis – nous étions jeunes prêtres -, je lui dis : « Il faut que je m’arrête acheter un chapelet, le mien est foutu. » Alors ce bon frère s’exclame : « C’est bien la première fois que je vois quelqu’un ‘user’ des chapelets ! »
Je l’ai récité en français, en latin, en espagnol, en malgache…, selon les époques. Maintenant, pour ne pas me tromper dans le nombre des Je vous salue Marie, à chaque dizaine je les récite en dix langues différentes, selon un ordre bien déterminé ; avec le Notre Père et le Gloria, ça fait douze ! Ainsi, je sais toujours où j’en suis.
En fait, je vois surtout le regard de Marie sur ma vie, sur les autres, sur la grande famille de l’Église et sur le monde. Un regard paisible et pacifiant, silencieux. Le moment qui me fascine dans sa vie, outre son visage bouleversé à l’heure de l’Annonciation et sa course vers la maison de Zacharie et la rencontre incroyable avec Élisabeth, où explose la joie du Magnificat, c’est le soir du Vendredi Saint et la journée du samedi. Les yeux fixés, rivés sur le tombeau où l’on vient de déposer le corps de Jésus, elle n’arrive pas à partir. Avec délicatesse, le disciple bien-aimé la prend par l’épaule et lui murmure à l’oreille : « On va rentrer à la maison. » Et j’essaie de les suivre minute après minute : sur le chemin, à l’arrivée… Arrive-t-on à manger, ce soir-là ? Parviennent-ils à se parler, Marie et Jean ? Moi, j’ai l’impression qu’au bout d’un moment, elle lève les yeux vers le disciple et lui demande doucement : « Et Pierre ? » Et lui, aussitôt de répondre : « Je vais le chercher. »
Peu après, Pierre arrive ; l’Évangile dit qu’effectivement il est là, au matin de Pâques, puisque Pierre et Jean vont courir ensemble vers le tombeau. Je le vois, Pierre, s’arrêtant dans l’embrasure de la porte, plus que gêné, bien sûr, toujours meurtri par la lâcheté de son triple reniement. Mais aussitôt dans le regard de Marie, il se rend compte qu’il est compris, pardonné… vraiment et toujours aimé. Il doit reprendre sa place ! Les paroles et les engagements de Jésus ne perdent pas leur force à cause de nos péchés ou nos trahisons.
Pour Marie, c’est une conviction. Élisabeth l’avait dit jadis en la saluant avec ces mots : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ! » (Lc 1, 45).
C’est cela qui me fascine le plus dans la Vierge Marie : Comment fait-elle pour continuer de croire à la Parole de Dieu quand, devant ses yeux, elle voit exactement le contraire de ce qu’on lui avait promis et annoncé. Lorsque Jésus était sur la croix, elle se rappelait les paroles de l’ange : « Il sera grand » ; « Il sera appelé Fils du Très-Haut » ; « Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père » ; « Il règnera pour toujours »… Elle continue de croire à la vérité de ces paroles… impossibles. Et quand elle a devant elle ce Pierre, désolé et désolant, elle sait qu’il est Pierre et que sur « cette Pierre », Jésus bâtira son Église. La foi de Marie ! »
Les bonus : Eucharistie : (5802) Le miracle de Vilakkannur : impossible à expliquer, impossible à oublier. – YouTube