2° carême année A. Malpas Valvert 1er mars 2026

Frères et sœurs, qu’est-ce qui est étonnant dans cet événement de la vie de Jésus ? Ce qui est étonnant c’est que ce soit la seule fois que sa divinité transparaisse. Réfléchissons : « en Jésus, dit saint Paul, réside corporellement  la plénitude de la Divinité »  (Colossiens 2, 9) !!!!  Dieu Lumière infinie tout entier contenu dans une personne en chair et en os ! Une concentration de Lumière inimaginable qui passait inaperçue ! Sauf cette-nuit-là.   Le chrétien, c’est quelqu’un qui commence par s’émerveiller devant ce Mystère.  Cet épisode dévoile le Mystère de Jésus : il est « Dieu né de Dieu, lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du Vrai Dieu, engendré, et non pas –comme nous – créé ».

Remarquez : ce phénomène de transfiguration se produisait peut-être chaque nuit dès que Jésus entrait en prière avec son Père mais personne n’était là pour le voir. Cet épisode dévoile quelque chose de la prière de Jésus. Oui Jésus partage ce temps d’intimité avec  trois de ses apôtres. Ce temps vital pour lui. Et l’Evangile ose nous y emmener nous aussi et voici ce que nous découvrons :

1) La prière transforme, transfigure. On connaît des personnes transformées par la douceur et la réalité de la présence de Dieu en elles. Un peu comme dans cette parabole… Un jour, un fermier trouva un œuf d’aigle. Il le prit et le déposa, délicatement, sous une poule… L’aiglon grandit avec les poules. Un jour, un chasseur passa et, surpris, demanda au fermier de lui expliquer pourquoi ce bel aigle vivait dans la cage à poules ! Le fermier répondit : « Oh, tu sais, maintenant, l’aigle croit qu’il est une poule. Regarde… » Effectivement, en dehors de la cage, l’aigle sautillait comme une poule. Le fermier dit à son ami : « Tu vois bien qu’il pense qu’il est une poule ! » Le chasseur prit alors l’aigle et l’emmena sur une très haute montagne. Il le souleva de terre et lui fit voir l’immensité du paysage. Soudain, l’aigle, saisi par le souffle de l’air sous ses ailes, prit son envol. Il devint ce à quoi il était destiné : un aigle qui vole plus haut que les nuages. » Nous sommes des aigles en notre cœur de baptisés ! Notre destinée : la Vie éternelle… Cependant, il nous arrive d’oublier notre vocation céleste et nous nous contentons de sautiller comme des poules. Il suffit, alors, d’être transportés sur une montagne spirituelle pour savourer l’air pur du Saint-Esprit. Où est la montagne ? Elle n’est pas loin : prenons un temps de cœur à cœur avec le Seigneur et sur cette hauteur, nous sentirons le vent sous nos ailes et nous nous envolerons à nouveau.

2) La prière met en communion profonde avec tous ceux et celles qui nous ont précédés et nos contemporains.

La prière nous permet de faire mémoire : les terres que nous cultivons ont été autrefois défrichées par d’autres. Les inventions techniques dont nous bénéficions sont le fruit des recherches des siècles précédents. C’est parce qu’Abraham, Moïse, Elie, saint Jean-Marie-Vanney, sainte Thérèse Martin, et quantité de parents se sont accrochés au Bon Dieu que nous avons la chance de le connaître, de « servir en sa présence ».  Voilà pourquoi à chaque messe nous prions aussi pour nos défunts. Nous faisons partie d’une longue chaîne et nous n’en sommes pas le bout. Nous avons le devoir de transmettre.

3) La prière unifie toute la révélation faite de paroles diverses, de personnalités différentes ; en Jésus tout s’unifie. C’est l’un des sens de cette couleur blanche unique et pourtant constituée du spectre de toutes les couleurs.

Il faut lire le chef d’œuvre de Dominique LAPIERRE le journaliste-romancier à qui l’on doit : « La cité de la Joie ». Son livre s’appelle « Plus grand que l’amour ». Il y raconte comment on a découvert le virus du sida, la course contre la montre pour essayer de le combattre. Il y raconte surtout l’histoire de cette jeune fille indienne, de la caste des intouchables originaires de Bénarès où son père est le propriétaire des bûchers funéraires au bord du Gange. Atteinte par la lèpre elle est expulsée de sa famille. Elle est récupérée par des proxénètes. Elle s’enfuit, humiliée et apeurée. Elle trouve refuge chez les sœurs de Mère Térèsa. Là, grâce à la bonté extraordinaire de sœur Bandona, elle guérit et surtout elle découvre -même s’il lui faut des mois et des mois- qu’elle est aimée de Jésus. Elle demande même à être religieuse. Elle devient sœur Amanda, soeur Joie. Et un jour, elle est envoyée par Mère Térésa à New York, parmi la première équipe qui ouvre le foyer Gift of Love (Le Don de l’Amour) pour soigner les toxicomanes sidéens en phase terminale. Voilà ce que fait Jésus.

Le Père Christophe Barwang du grand Toukou au Nord Cameroun a comme évêque Mgr Barthélemy. Son parcours est étonnant. A 11 ans , il ne savait ni lire ni écrire. Il avait été comme « vendu » par ses parents à un instituteur ; il couchait sous le porche, à la merci de tous les animaux de la maison et de la savane. Il nous disait : « Quand la Bible dit que le Seigneur tire le pauvre de la cendre », c’est vrai !

Oui, la prière transforme, elle met en communion, elle unifie notre regard et notre être. Et elle est le lieu de révélation du poids de Vérité de Jésus le Fils de Dieu, le Fils bien-aimé. C’est la folie de Dieu de nous introduire tels que nous sommes dans son intimité, dans l’intimité de son œuvre ici et maintenant. Une seule chose nous est demandée : être à l’écoute de son Fils bien-aimé, de celui qui se prépare à donner sa vie en totalité. Amen !

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2 mars 2026. Récompense de Dieu. Prêt avec intérêts

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 6, 36-38) :  «En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

Ce n’est pas la première fois que Jésus nous parle de l’importance du Don de soi et de ce qu’il nous prépare. « Que ton aumône soit faite dans le secret ; et ton Père qui voit dans le secret, te récompensera » (en Matthieu 6,4). Il dit aussi par la voix de saint Paul : « Dieu aime celui qui donne joyeusement » (2 Cor 9,7) Dans l’ancien testament, il était déjà écrit : « Qui use de grâce envers le pauvre prête à l’Eternel, et il lui rendra son bienfait » (Proverbes 19,17)

Le peintre français Eugène Delacroix dînait un jour avec le baron de Rothschild, le riche banquier. Le peintre lui confia qu’il recherchait un modèle de visage de mendiant, pour un tableau qu’il était en train de peindre. Il ajouté que le baron avait ce type de visage ! Grand amateur d’art, Rothschild consentit à poser comme mendiant. Lors d’une séance, Delacroix s’absenta. Un de ses élèves entra dans l’atelier, s’entretint avec le « mendiant » et lui glissa une pièce de deux francs avant de partir. Le baron raconta les faits à Delacroix qui l’informa que son élève était talentueux mais pauvre. Plus tard, l’élève peintre reçut de la banque Rothschild une lettre l’invitant à venir toucher les intérêts de son geste de charité. Incrédule, il s’y rendit et se vit remettre une somme de 10.000 francs !

La Bible dit que Dieu agit de la même manière avec nous. Tout ce que fait un disciple du Seigneur par amour pour son maître recevra sa récompense au centuple, même ce qui peut paraître insignifiant, comme donner un verre d’eau fraîche (Matthieu 10,42 ;19,29). L’aumône qui plaît à Dieu est celle qui est faîte dans la discrétion. C’est celle-là qui sera récompensée (Matthieu 6,1-4). Donner ne concerne pas seulement les dons matériels, c’est une disposition de cœur qui engage toute notre personne : notre temps, nos capacités, notre affection… Comment Dieu récompensera-t-il ? Peut-être avec des bénédictions matérielles, et certainement avec des bénédictions spirituelles abondantes, selon la mesure divine (Luc 6,38).

De notre roman personnel, nous ne savons pas grand-chose. Ni combien de pages il comportera, ni comment il finira. Une seule chose est sûre : viendra un moment où l’on aura besoin de ressentir sur nous un autre regard. Non plus fondé sur les apparences, elles seront démolies ; pas plus sur nos performances (saurons-nous encore aligner trois phrases ?) Un autre regard aussi incompréhensible et irrationnel que celui que Dieu accorde à son serviteur ; un regard “qui rajoute la différence”, un regard “à fonds perdu”.
Alors engrangeons de l’amour en nous donnant, pour que le moment venu, cet amour nous revienne en boomerang au centuple. Le taux d’intérêt du Seigneur n’est pas de 5% ou de 10% mais de 100 pour 1 !

Kahlil Gibran a cette belle méditation : Alors un homme riche dit : “Parlez-nous du don.” Et le prophète répondit : “Vous ne donnez que peu lorsque vous donnez de vos biens. C’est lorsque vous donnez de vous-mêmes que vous donnez réellement… Il en est qui donnent peu de l’abondance qu’ils ont – et ils donnent pour susciter la reconnaissance, et leur désir secret corrompt leur don.  Il en est qui ont peu et qui le donnent entièrement. Ceux-ci croient en la vie, et leur coffre n’est jamais vide. Il en est qui donnent avec joie, et cette joie est leur récompense. Il en est qui donnent avec douleur, et cette douleur est leur baptême. Il en est qui donnent et ne ressentent ni douleur ni joie et ne sont pas conscients de leur vertu, ils donnent comme dans la vallée là-bas le myrte exhale son parfum dans l’espace. Par les mains de tels êtres, Dieu parle, et à travers leur regard il sourit à la terre. Vous dites souvent : “Je donnerai, mais seulement à ceux qui le méritent.” Les arbres de vos vergers ne parlent pas ainsi, ni les troupeaux dans vos pâturages. Ils donnent afin de vivre, car retenir c’est périr… Voyez d’abord à mériter vous-mêmes d’être donneur et instrument du don. Car en vérité, c’est la vie qui donne à la vie.” Khalil Gibran

Seigneur, Tu connais mon cœur. Tu sais que mon seul désir est de donner aux autres tout ce que Tu m’as donné. Que mes sentiments et mes paroles, mes loisirs et mon travail mes actions et mes pensées, mes réussites et mes difficultés, ma vie et ma mort, ma santé et mes infirmités, tout ce que je suis et tout ce que je vis, que tout soit pour eux, puisque Tu n’as pas dédaigné Toi-même de Te dépenser pour eux. Apprends-moi donc, Seigneur, sous l’inspiration de ton Esprit à consoler ceux qui sont affligés, à redonner du courage à ceux qui n’en ont pas assez, à relever ceux qui tombent à me sentir faible avec les faibles, et à me faire tout à tous. Mets sur mes lèvres des paroles droites et justes, afin que nous croissions tous dans la foi, l’espérance et l’amour, dans la ferveur de l’esprit et du cœur. Donne-moi la lumière et la compétence dont j’ai besoin. Fais que je sache m’adapter à chacun de mes frères, à son caractère et à ses dispositions, à ses capacités et à ses limites, selon les temps et selon les lieux, comme Tu le jugeras bon, Seigneur.

Les bonus : Une Députée UDR Sur L’Euthanasie

(6764) Les 10 versets de la Bible les plus mal compris (et leur vrai sens) – YouTube