Mardi 19 mai 2026 La Vie éternelle.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 17, 1-11a) : «En ce temps-là , Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »
Méditons avec humour sur le Ciel, sur la Vie éternelle. Un couple marié depuis un peu plus de soixante-cinq ans part en voiture voir des amis. Ils ont chacun 87 ans. Au détour d’un virage, c’est l’accident. Les deux meurent sur le coup et arrivent devant la Porte du Ciel. Saint Pierre leur ouvre et les invite à avancer vers un magnifique buffet où il y a tout ce qu’il faut pour se remettre de leur émotion. Ensuite des anges les font entrer dans un sauna où ils sont pris en charge séparément, pour un temps de détente comme ils n’en n’ont jamais connu. Deux ou trois heures après, quand ils se retrouvent en peignoir, le mari dit à son épouse : « Je te retiens, toi, et tes régimes si sévères pour éviter le sel, le sucre, le gras et prévenir le cholestérol, le diabète et tant d’autres maladies. Quand je pense à toutes ces privations que tu nous as imposées pour vivre le plus longtemps possible ! Sans tous ces régimes, nous serions à profiter de ces douceurs depuis au moins vingt ans ! ».
Que penser de cette « blagounette » ? Outre l’impasse qu’elle fait sur le jugement particulier dès la mort, elle nous fait réfléchir. Elle peut nous rappeler ce qu’écrit saint Thomas d’Aquin à propos du paradis vu par le Coran. Les musulmans se privent de vin pendant leur vie parce que cette abstinence leur donnera accès au vin qui coule à flots au paradis. Ils dorment seulement avec leurs épouses légitimes et les concubines permises parce que ces restrictions leur obtiendront au paradis le plaisir en temps plein.
Saint Thomas fait remarquer que c’est précisément le contraire de la vertu de religion que de faire les pratiques commandées pour pouvoir s’éclater dans tous les vices.
On peut dire aussi que la remarque du vieux monsieur démasque l’hygiénisme ambiant qui ne donne d’espoir que de se prolonger dans la vie actuelle alors que nous sommes faits pour la vie éternelle. Tant que l’on est ici c’est très bien, mais lorsque arrive le moment d’être transféré, on dit : « Par pitié, encore quelques jours, monsieur le bourreau » et ceci, quel qu’en soit le prix, « quoiqu’il en coûte ». Le risque est de prendre plus de précautions pour se prolonger et finalement de se gâcher la vie. Plus dramatiquement, parfois quand survient la maladie, on épuise ses dernières forces à supporter les traitements très lourds qui ont quelque chance d’ajouter des années à la vie alors qu’on aurait pu avec des soins de confort, user ses forces à rencontrer ses proches.
Mais cette histoire nous rappelle d’une certaine façon que la vie éternelle est tout aussi concrète que la vie terrestre et infiniment plus réelle puisqu’elle n’a pas de fin, même si nous n’en pouvons pas dire grand-chose. Laissons au Seigneur la joie de nous en faire la surprise.
Une dame était en consultation chez le médecin. Le docteur l’ausculte. - « Est-ce que vous ne buvez pas trop d’alcool madame ? » - « J’avoue que j’aime bien les apéritifs avant chaque repas et du vin en mangeant ». - « Il faut arrêter tout alcool … J’ai l’impression aussi que vous ne dormez pas assez ». - « Oui, j’aime beaucoup danser, faire la fête, alors forcément les nuits de jeudi, vendredi, samedi, et dimanche sont raccourcies ». - « Il faut arrêter toutes ces sorties, au vu de vos analyses, vous mangez trop, trop riche en tout cas ». - « Oui, j’avoue que j’aime cuisiner. Et j’aime aller au restaurant ». - « Il vous faut arrêter les restaurants et diminuer drastiquement votre alimentation … » Après un grand silence, la dame dit au médecin : - « Et vous pensez, docteur, qu’en faisant tout ce que vous me dites, je vivrai plus longtemps ? » - « Je ne peux pas vous l’assurer, mais je peux vous promettre que le temps vous paraîtra plus long ».
Pour le chrétien il y a deux moments essentiels : l’instant de la mort où nous espérons bien basculer dans la plénitude du bonheur en Dieu, et l’instant présent, le seul à notre portée, l’instant qui est un présent de Dieu, un vrai cadeau. Cet instant présent est appelé « maintenant » parce qu’il est le seul que la « main » puisse « tenir ».
Nous ne visons pas la perpétuité mais l’éternité. La vie est dite éternelle non parce qu’elle est perpétuelle mais parce qu’il s’agit de la vie de l’Eternel. Et nous pouvons en vivre dès maintenant.
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