4° dimanche de Pâques 2026 (Les Carmes Saint-Laurent)

Les brebis le Bon Berger, l’ours, et l’agneau.

Frères et sœurs, Nous méditerons sur notre statut de brebis, puis de berger, avant de dire notre espérance en ce Temps Pascal.

Jésus parle de nous comme un troupeau de brebis. Est-ce que cela ne fait pas un peu trop grégaire ? Quand on pense à « mouton », on pense facilement aux « moutons de Panurge ». Panurge est un personnage de François Rabelais. Panurge fait une traversée sur un bateau. Il se querelle (il se prend la tête) avec le marchand Dindenault. Pour se venger, Panurge lui achète un de ses moutons. Le marchand est surpris mais tout content. Cependant, Panurge fait s’avancer le mouton dans la mer. Tous les autres moutons le suivent bêtement. Même le marchand qui s'accroche au dernier mouton, se noie. Jésus voudrait donc que nous soyons des moutons, des personnes qui suivent sans se poser des questions ? Et si c’était le contraire ? Jésus complète avec l’image de la porte. Il nous dit qu’il est « la Porte des brebis ». Une porte, c’est symbole de liberté.

Jésus protège notre liberté. Parce qu’elle est menacée !

Pourquoi ? Parce que des bergers, aujourd'hui, nous n'en manquons pas ! On a parfois le sentiment que certains ont réécrit le psaume du Bon Berger :

Mon internet est mon berger, je ne voudrais pour rien en manquer.
Il me fait reposer dans un fauteuil confortable,
il me dirige près d'une vie inutile mais tranquille.
il divertit mon âme et je me délecte de l'injustice à cause de lui.
Quand je suis menacé par les conséquences de mes choix,
j'ignore tout mal, car tu m'aveugles. Ton écran et tes sites, voilà tout ce qui m'intéresse. Tu dresses devant moi une table où je fraternise avec mes adversaires. Tu remplis ma tête d'illusions et mon âme évidée se laisse vivre par tes idées. Oui, le plaisir et la futilité m'accompagneront aussi longtemps que tu existeras, mais je n'habiterai jamais dans la maison du Seigneur, car tu m'en fermes la porte toutes les soirées de ma vie.

Qui est notre Berger ? De quel exemple nous inspirons-nous ? Au fond qui suivons-nous ? Quand nous prenons des décisions, en dernier ressort qui a le plus d'influence sur nous, les idées à la mode, le prêt-à-penser ? les soucis d'argent, le souci de ne pas déplaire, ou Jésus ? La question est importante et grave.

Voilà pour ce qui est côté brebis. Coté berger maintenant.

Le Père Jean Baure avait été surnommé  le curé bâtisseur  parce qu'il avait dû construire une maison paroissiale dans chacun des clochers où il avait été nommé. Il ne craignait pas de mettre la main à la pâte que ce soit pour bâtir des pierres ou aller couper des arbres dans les bois pour les charpentes. Mais il devait aussi collecter beaucoup d'argent pour boucler les budgets. Il ne se prenait pas au sérieux et un jour, il a raconté avec humour comment il entrevoyait son arrivée au ciel. Le Seigneur me demandera :  Alors Jean, as-tu été un bon pasteur ? As-tu été un bon berger pour mes brebis ?  Et je lui répondrai :  Oh oui, Seigneur ! j'ai fait, en tout cas, du mieux que j'ai pu. Mais il y a une chose qui est sûre, c'est que les brebis que vous m'aviez confiées, je les ai tondues de près, de très très près   Il ne faisait pas que tondre les brebis. Il allait les visiter quand elles étaient malades. Parfois, il les rudoyait un peu (...!) mais il leur donnait chaque jour la nourriture du Ciel. Il leur donnait le pardon du Seigneur. Il leur donnait la grâce du mariage pour tenir bon et élever leurs petits selon l'évangile. Ce sont les prêtres qui ont la vocation de représenter Le Bon Berger. Le Bon Berger, Bon non seulement parce qu’il est gentil mais le « Bon » au sens où l’ont dit : j’ai enfin trouvé la bonne clef ! Le ministère du prêtre est irremplaçable comme le sacrement de mariage est irremplaçable pour que nous ayons des vitrines du Dieu Trine , et la consécration de religieuses pour que nous sachions que Jésus est l’Epoux, leur époux  bien vivant. 

André Frossard a écrit un livre qui s'appelle Les grands bergers. Y figurent évidemment Abraham, Moïse, Jésus, et saint Paul. Mais il y en a un que l'on n'attendait pas du tout, c'est sainte Bernadette Soubirous. On peut s'étonner en si bonne place une bergère qui à quatorze ans ne savait ni lire ni écrire. Mais ce n'est pas si étonnant que cela. Son témoignage rassemble chaque année, à Lourdes, plus de cinq millions de pèlerins. Dans le psaume du Bon Berger nous avons reconnu les trois sacrements de l’initiation : il me mène vers les eaux tranquilles (baptême), Tu prépares la table pour moi (la messe), tu répands le parfum sur ma tête (la confirmation). Chaque baptisé est brebis et berger. Pensons à saint Carlo Carutis.  

Notre espérance en ce Temps Pascal.

Une année, les murs de Rome étaient couverts d'affiches d'un grand ours en colère. Et l'inscription sur l'affiche disait " La forza del prezzo giusto " (la force du juste prix). Cet ours suggère que la trame fondamentale de l'histoire est un progrès irrésistible. C'est un ours dont Darwin aurait été fier, un vainqueur dans le processus d'évolution. Il y a quelques décennies, il était encore possible de s'accrocher à l'idée que l'humanité allait de l'avant. Aujourd'hui, nous sommes moins sûrs de nous.

A la nuit de Pâques, nous avons allumé le cierge pascal au feu nouveau, et l'avons placé sur un support. Et le diacre a chanté l’exultet au pied du cierge. Cette image suggérait que nous sommes pris par une autre histoire. Sur le cierge ces mots : " Christ hier et aujourd'hui, commencement et fin, l'alpha et l'oméga. Le temps entier lui appartient, et tous les âges. A lui, la puissance et la gloire pour tous les temps. Amen ". Attendant d'être crucifié, Jésus dit à ses disciples : " Dans le monde, vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde " (Jn 16,33).

La vraie histoire est celle d'un homme terrassé par les forts mais qui vit pour toujours. Les gros ours de Rome et de Jérusalem dévorent le petit homme de Galilée. Ce que nous célébrons dans cette histoire, ce n'est pas la force supérieure de Dieu, le plus gros ours, mais son absolue créativité dans la résurrection de Jésus d'entre les morts. Nous glorifions Dieu qui dit : " Voici, j'ai fait toutes choses nouvelles ".

Pour cela il nous faut des prêtres. Parce que c’est essentiellement dans la messe et la confession que Jésus le Bon Berger qui s’est fait agneau nous garde sous sa houlette. Amen !

Les bonus : (8235) "Il a guéri son prêtre !" Père Alain-Marie Ratti Open Medj - YouTube

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Lundi 27 avril 2026 De faux bergers et de futurs bergers.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 10, 11-18) :  « En ce temps-là, Jésus déclara : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.  Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »


Suivons nous vraiment le Bon Berger ou bien nous sommes nous mis à la traîne de faux bergers ? Parce que des bergers, aujourd'hui, nous n'en manquons pas  ! Un chrétien a eu l'idée d'appliquer le plus connu des psaumes, le 23 sur le bon berger, à internet. Voici ce que ça donne :

Mon internet est mon berger, je ne voudrais pour rien en manquer.
Il me fait reposer dans un fauteuil confortable,
il me dirige près d'une vie inutile mais tranquille.
il divertit mon âme et je me délecte de l'injustice à cause de lui.
Quand je suis menacé par les conséquences de mes choix,
j'ignore tout mal, car tu m'aveugles. Ton écran et tes sites, voilà tout ce qui m'intéresse. Tu dresses devant moi une table où je fraternise avec mes adversaires. Tu remplis ma tête d'illusions et mon âme évidée se laisse vivre par tes idées. Oui, le plaisir et la futilité m'accompagneront aussi longtemps que tu existeras, mais je n'habiterai jamais dans la maison du Seigneur, car tu m'en fermes la porte toutes les soirées de ma vie.

Qui est notre Berger ? De quel exemple nous inspirons-nous ? Au fond qui suivons-nous ? Quand nous prenons des décisions, en dernier ressort qui a le plus d'influence sur nous, les idées à la mode, le prêt-à-penser ? les soucis d'argent, le souci de ne pas déplaire, ou Jésus ? La question est importante et grave.
Au lendemain du dimanche de prière pour  les vocations, nous pouvons porter encore cette question : concrètement, que faire pour les Vocations ? Voici non des recettes mais quelques convictions que je crois fécondes.
Fuir la morosité, faire confiance au travail de Dieu et arrêter de le critiquer. Ne sont-elles pas assommantes et démoralisantes ces  conversations jérémiades  où s'égrène la litanie des  « plu »   : il n'y a plus de familles, plus de pères, plus de politiciens honnêtes, les gosses ne savent plus rien, n'ont plus la foi, il n'y a plus de pratiquants, etc ? Nous ressemblons à celui qui se placerait près d'un artiste-peintre et lui exprimerait critiques et dépits à chaque coup de pinceau. Laissons Dieu travailler en paix, cherchons à aimer ce qu'il fait et faisons-lui confiance.
Faire confiance aux moyens que Dieu nous a donnés : prière, sacrements, pratique fidèle de l'Evangile. Et vivre avec courage, douceur, patience et humilité, comme Jésus.
Se souvenir :  le Royaume de Dieu est comparable à une graine !  Donc ce qui est petit, inconnu, fragile, silencieux n'est pas forcément sans fécondité et avenir
Sans chercher à faire de grandes choses, donnons ce que nous pouvons (temps, prière, sourire, service ). Avec une petite pièce comme la veuve au Temple, des litres d'eau à Cana ou quelques pains et poissons au bord du lac, Dieu sait faire des merveilles ! Quand et comme il voudra !

André Frossard a écrit un livre qui s'appelle Les grands bergers. Y figurent évidemment Abraham, Moïse, Jésus, et saint Paul. Mais il y en a un que l'on n'attendait pas du tout, c'est sainte Bernadette Soubirous. On peut s'étonner en si bonne place une bergère qui à quatorze ans ne savait ni lire ni écrire. Mais ce n'est pas si étonnant que cela. Son témoignage rassemble chaque année, à Lourdes, plus de cinq millions de pèlerins.

Pour encourager les jeunes garçons à se poser sérieusement la question, je cite l’humour du  Père Jean Baure. Il avait été surnommé  le curé bâtisseur  parce qu'il avait dû construire une maison paroissiale dans chacun des clochers où il avait été nommé. Il ne craignait pas de mettre la main à la pâte que ce soit pour bâtir des pierres ou aller couper des arbres dans les bois pour les charpentes. Mais il devait aussi collecter beaucoup d'argent pour boucler les budgets. Il ne se prenait pas au sérieux et un jour, il a raconté avec humour comment il entrevoyait son arrivée au ciel. Le Seigneur me demandera :  Alors Jean, as-tu été un bon pasteur ? As-tu été un bon berger pour mes brebis ?  Et je lui répondrai :  Oh oui, Seigneur ! j'ai fait, en tout cas, du mieux que j'ai pu. Mais il y a une chose qui est sûre, c'est que les brebis que vous m'aviez confiées, je les ai tondues de près, de très très près   Il ne faisait pas que tondre les brebis. Il allait les visiter quand elles étaient malades. Parfois, il les rudoyait un peu (...!) mais il leur donnait chaque jour la nourriture du Ciel. Il leur donnait le pardon du Seigneur. Il leur donnait la grâce du mariage pour tenir bon et élever leurs petits selon l'évangile.

Les bonus : (6652) Fin de vie : la chronique émouvante de Didier Maïsto - YouTube