Mardi 14 avril 2026. Faut Ben !
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 3, 7b- 15) : « En ce temps-là,
Jésus disait à Nicodème : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ? Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. »
Il faut ! « Il faut que le Fils de l’Homme soit élevé ». En clair, Jésus dit : « Il faut que je sois crucifié ». Quelle nécessité y avait-il à ce que Jésus meure de cette façon ?
Quand il s’agit de Dieu, la réponse est toujours la même : l’Amour. Si par amour je dois aller à Tel Aviv en moins de cinq heures, j’y mettrai le prix ; il faut nécessairement que je prenne l’avion. Si le Père nous veut tous auprès de lui dans le Bonheur parfait, il faut que son Fils meure sur une croix. Pour prouver à quel point il tient à nous, et déverser dans l’humanité cet amour hors-norme. Ce « Il faut » me rappelle ces moments où, découvrant l’abnégation d’une épouse pour son mari malade, alors que jadis, il l’avait fait souffrir beaucoup à cause d’une infidélité, je lui disais : « Vous êtes admirable ; vous êtes plus admirable qu’imitable ». Elle répondait : « Faut ben » !
Explorons le « Il faut » qui a porté Jésus jusqu’à l’extrême de l’amour. On raconte que le célèbre peintre allemand Albrecht Dürer connut une jeunesse difficile. Il partageait son logement avec un camarade qui, lui aussi, maniait habilement le pinceau. L'argent manquait, il fut donc décidé que l'un accepterait n'importe quel travail manuel pour assurer leur subsistance commune pendant que l'autre se livrerait à son art. Puis, on inverserait les rôles. Le camarade de Dürer trouve un emploi de domestique : couper le bois, porter l'eau, balayer les planchers, étriller les chevaux dans une auberge. Pendant ce temps, Dürer est à ses toiles. C'est maintenant au tour de l'ami de prendre les pinceaux. Une terrible déception l'attend : ses doigts s'étant habitués aux durs travaux ne savent plus dessiner. Un soir que Dürer rentre après sa journée de travail, il entend comme un murmure. Il ouvre doucement la porte et voit son camarade à genoux qui étend vers Dieu ses mains noueuses et engourdies. Dürer en ressent une profonde émotion : "Le monde doit savoir ce que mon ami a fait pour moi", se dit-il. Et il esquissa les mains qui s'étaient sacrifiées pour lui, un tableau qui devint célèbre. Huit jours après sa résurrection, Jésus dit à Thomas : "Regarde mes mains et ne sois pas incrédule, mais croyant". Par amour, il fallait que ses mains soient clouées. Pensons à regarder les mains de Jésus.
De notre côté, nous pouvons désormais lui accorder notre foi. LA FOI est le regard que je lève vers Jésus présent pour nous sur la croix.
Un groupe d'environ quatre-vingts hommes combattaient un feu de forêt. Ils étaient sur le point d'être cernés sans s'en rendre compte. Le pilote d'un petit avion vit leur situation. Par trois fois il risque sa vie en volant assez bas pour leur jeter des messages lestés. Il les avertit qu'ils sont encerclés, mais il leur propose de les guider jusqu'à un passage encore praticable.
A l'instant, ils abandonnent leurs outils et suivent en courant leur guide aérien. Ils gagnent ainsi un étroit corridor laissé par les flammes, et atteignent tous la grande route sains et saufs.
Ces gens ne se sont pas demandé si l'aviateur était digne de confiance ; ils n'ont pas cherché eux-mêmes un autre chemin. Il était évident que seul celui qui voyait d'en haut l'ensemble de la situation pouvait les délivrer d'une mort certaine. Ils l'ont cru ; ils ont été sauvés.
Il fallait bien que l’amour de Dieu aille jusqu’à se laisser clouer. Il faut bien que devant tant d’amour nous désarmions, que nous nous rendions.
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