Mercredi 11 mars 2026 L’importance des « cadres ».
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 17-19) : «En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »
Comment se fait-il que Dieu le Fils qui est descendu pour nous délivrer comme cela a été révélé à Moïse au Buisson Ardent, puisse dire que « pas un iota de la Loi ne passera, qu’il est venu tout accomplir dans le détail et qu’il nous ordonne aussi de tout accomplir dans le détail ? Au fond comment concilier la Liberté avec l’accomplissement de commandements, de règles en société, de consignes alimentaires, de normes familiales, de rubriques liturgiques ?
Le cardinal Jean-Marie Lustiger disait dans une interview : « Les contraintes sont une source de liberté et de plus grande beauté. Le jour où un peintre n'est pas limité par sa toile ou par une surface déterminée, il est perdu. Le sculpteur doit respecter son chêne ou sa pierre pour faire une œuvre. Quand la contrainte disparaît, cela donne n'importe quoi. Exemple : le béton armé ! Vous faites ce que vous voulez avec le béton et vous perdez l'avantage formidable de la discipline, de la convention, de la règle qui, en fait, structure l'esprit humain. »
Si Dieu nous donne des lois très précises, c’est pour nous délivrer ! Bruno Rabourdin est connu pour ses qualités de dessinateurs. Il a publié de très belles bandes dessinées et également des livres qui exposent très bien la question de l’existence d’un créateur. Il a aussi un livre sur le Saint-Suaire. Il compose des chants. C’est un chrétien aux multiples talents. Il raconte qu’il avait été embauché par l’Association des « Orphelins Apprentis d’Auteuil » pour enseigner le dessin. Dans le parc de l’école, on lui avait attribué un bungalow. Il l’avait aménagé en salle de dessins et il attendait ses premiers élèves, une trentaine de garçons et de filles pas très faciles et même plutôt durs. Il les fait asseoir. Certains commencent à chahuter, se moquent un peu, continuent des apartés. Bruno se présente et leur dit qu’ils vont s’apercevoir très vite que ce cours n’est pas ennuyeux du tout. Il leur demande, pour commencer, de dessiner un bonhomme sur la feuille qu’ils ont chacun devant eux. Cela lui permettra de savoir où chacun en est en dessin et quels sont les talents de chacun. A ce moment-là, il les voit tous faire la tête et dire - « Oh non !… La galère !… Pas ça !… C’est nul !… C’est trop compliqué… ! » Et nombreux sont ceux qui, d’un revers de main, jettent la feuille de dessin par terre. Pendant ces réactions qui le désarçonnent complètement, Bruno Rabourdin invoque le Saint Esprit : « Seigneur, donne-moi vite une idée »… Et il s’entend alors leur dire : « Attendez, je n’ai pas fini » (alors qu’il n’avait en fait pas prévu autre chose, ni suite, ni solution de recours). « … Attendez, je n’ai pas fini. Je vous demande de dessiner un bonhomme, oui…, mais avec un chapeau sur la tête ! » A ce moment-là, il voit les visages se détendre et les élèves s’exclament : « Alors là, oui d’accord, c’est super !… » Ceux et celles qui avaient jeté leur feuille la ramassent et tous s’appliquent pendant un bon quart d’heure. Pendant que Bruno loue le Seigneur en silence et le bénit d’avoir dénoué une situation critique, les trente jeunes réalisent des dessins tous plus beaux, plus inventifs, plus rigolos les uns que les autres : des clowns et des pierrots, des cow-boys avec le chapeau du far-West, des chapeaux pointus de carnaval, des casquettes de rappeurs, des bérets, des hauts de forme, des chapeaux de paille, des képis de gendarme, des chapeaux extravagants, des élégantes au pied de la tour Eiffel, le chapeau de Charlot, etc… Cela fait réfléchir : le bonhomme, c’est trop grand, c’est trop vaste. Nous avons besoin d’un espace limité pour être créatifs. Nous avons besoin de règles précises pour nous épanouir.
Jeune prêtre, j'interrogeais un ami, papa de sept enfants dont j'admirais le charisme d'éducateur. Il était à la fois très exigeant et très affectueux. Il a eu cette parole : « Un enfant à qui on impose des règles précises est plus heureux que celui qui n'en a pas »... J'ai trouvé confirmation plusieurs années plus tard dans une conférence d'une pédopsychiatre. Cette dame faisait remarquer que les petits bébés, quand on les dépose dans le landau, cherchent aussitôt les bords. Ils ont besoin d'être rassurés : leur espace est limité. Leur espace est sécurisé. Les institutrices qui se trouvaient dans la salle ont tout de suite confirmé qu'elles repéraient très vite les enfants qui n'ont pas de règles précises : ce sont des enfants angoissés.
Toutes les religions disent ce que l’homme doit faire pour Dieu. La religion chrétienne commence par dire ce que Dieu fait pour l’homme. Et même mieux que cela ; elle dit qui est Dieu. Dieu est si grand que l’univers entier ne peut le contenir mais il nous aime tellement qu’il est sensible au moindre iota accompli avec amour.
Les bonus : L’Histoire Complète de Saint Paul, sur une carte