4 juillet 2021 Les Carmes (18h30 ; 10h) Château de Pouzols (Arsac, Equipes N-D)

Jésus est le Fils de la Vierge Marie et il nous sauve en famille.

Partons de l’évangile. On l’a dit et redit, on y a répondu des dizaines de fois, mais il faut y revenir encore. Il n’y a pas de frères et de sœurs de Jésus malgré ce que semble dire ici l’Evangile : ce sont des cousins, le clan, la famille proche. Nous sommes absolument certains que la Vierge Marie n’a pas eu d’autres enfants, d’abord, parce qu’elle est… la Vierge Marie : toujours vierge, selon la splendide expression des Pères de l’Église, vierge avant, pendant et après l’enfantement. La naissance de Jésus marque l’avènement dans le monde de la Lumière éternelle : il est le Verbe incarné ; vrai Homme, il est aussi Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Sa naissance est donc unique, totalement miraculeuse.

La deuxième raison pour laquelle nous sommes sûrs qu’il n’y a ni frère ni sœur, c’est que sur la Croix, avant de mourir, Jésus confie sa Mère à son meilleur ami, saint Jean. S’il y avait eu des frères, Marie serait allée évidemment chez eux.

La troisième raison pour laquelle nous sommes sûrs qu’il n’y a ni frère ni sœur de Jésus, c »est que Jésus est l’Homme parfait. Il réalise en sa Personne la Filiation dans sa plénitude, engendré par le Père de toute éternité ; né de la Vierge Marie dans le temps. Elle-même est la Mère de Dieu, elle réalise la Maternité à la perfection, et c’est pourquoi il n’y a pas d’autres enfants. Sa maternité s’épuise pour ainsi dire dans la naissance de Jésus, et elle est d’une telle richesse, qu’elle enfantera aussi au pied de la Croix de son Fils, cette fois dans la douleur, tous les enfants de Dieu, ceux qui croiront en lui et qui sont ainsi sauvés par lui.

Pourquoi donc, habituellement les couples ont plusieurs enfants? Parce que chacun, bien qu’il soit une personne unique, ne suffit pas à porter tout ce que les parents peuvent donner : leur paternité et leur maternité ne s’épuisent pas dans leur petit roi, leur chef-d’oeuvre, comme s’ils ne pouvaient plus rien faire après cela. Comment regardons-nous nos enfants, leur personnalité, leurs qualités, leur limites, leurs défauts, leurs faiblesses ? Une jeune collégienne a écrit la recette du bonheur en famille : – Prenez un papa et une maman, ajoutez-y quelques enfants,
– Ajoutez à votre recette un chat ou un chien ou bien un poisson rouge.
– Mettez tout ça dans une maison douillette bien au chaud.
– Après avoir mijoté pendant douze années, vous obtiendrez une « joyeuse tribu » à distribuer avec abus !

Ce qui nous amène au deuxième commentaire à partir de la Lettre de saint Paul. Comment considérons-nous nos défauts, faiblesses, vulnérabilités, handicaps, et ceux des autres ? aggravés en plus par la dureté de nos cœurs et les péchés que nous entassons les uns sur les autres ? Est-ce que cela nous décourage ou au contraire grossit notre orgueil : pourquoi l’homme est-il créé imparfait ? et nous levons les yeux avec hargne vers le Ciel.. Mais tout cela ne nous provoque-t-il pas au contraire à nous entraider ? Nous avons besoin les uns des autres pour vivre. Dieu n’a pas créé l’individu, mais il nous a créés personnes en relations : en famille. Voilà ce que c’est qu’être un homme, et une femme, et des enfants, et des grands parents. Chacun avec des limites, des faiblesses, des péchés pour la conversion desquels nous prions ; mais une capacité de se mettre en relation avec les autres pour nous enrichir mutuellement de tout ce que nous sommes et de ce que nous pouvons faire avec et grâce aux autres. Un exemple : on dépense actuellement des fortunes pour des rampes d’accès des handicapés en tout lieu : c’est très bien, c’est un progrès. Est-il permis de se demander : mais comment faisaient-ils donc avant ?

Mais ils s’entraidaient, tout simplement et pour pas un sou. « Jeune homme, s’il vous plaît, pouvez-vous m’aider ? – mais bien sûr Madame ! » et hop, voilà qui est fait. « Merci beaucoup, vous êtes gentil » ; et le voilà parti avec un beau sourire reconnaissant au lieu des mines renfrognées qu’il rencontre habituellement, et elle a bénéficié non seulement du service technique dont elle avait besoin, mais de bras rassurants et de la chaleur d’humanité sans laquelle personne ne peut vivre.

Quel progrès, ou quel appauvrissement, c’est le cas de le dire. Peut-être dira-t-elle son chapelet pour ces deux païens qui l’espace d’un instant ont ouvert leur cœur, et parviendront-ils mystérieusement au Salut ?

C’est ainsi que les grands mystères de notre Foi éclairent aussi les chemins de notre vie, et nous ne devons jamais hésiter à les mettre à contribution pour comprendre nos situations et aider nos frères à découvrir la vérité. Comme le dit Ezéchiel dans la première Lecture : qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas, en tout cas lorsqu’il y a un chrétien, on sait en principe qu’il y a un prophète parmi nous. Amen !

15° dimanche ord. B. 11 juillet 2021 Les Carmes

Frères et sœurs, page après page Jésus brosse le portrait du chrétien. Aujourd’hui, le chrétien est un être envoyé. On pourrait dire qu’il est le premier domino, mais à l’envers… Vous avez vu ces réactions en chaîne à la télévision. Pendant des semaines on a installé des dominos dans un gymnase, des centaines de milliers de dominos. On fait tomber le premier et cela déclenche la chute de tous les autres. Le chrétien sait qu’il est le premier domino mais à l’envers : un chrétien qui se relève, un chrétien qui tient debout permet à une multitude de se redresser.

Il sait que la chiquenaude initiale lui est donnée par Jésus. C’est Jésus qui l’envoie. Et cela donne un grande liberté intérieure. Comme le prophète Amos : « Si ce n’était que de moi, je serai encore derrière les vaches et à m’occuper des sycomores. Mais le Seigneur m’a demandé d’être prophète »… Mon ami prêtre, le Père Roger Oléon était chef de gare à la SNCF mais le Seigneur l’a fait dérailler… ! Et dans l’évangile : « Secouez la poussière de vos pieds ». Sous entendu : « je ne fais pas cela pour de l’argent ou pour d’autres avantages. Même votre poussière, je ne veux pas l’emporter. » Sainte Bernadette le disait à sa façon, magnifique : « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire mais de vous le dire. » Je ne cherche pas à vous convaincre, mais je cherche à vous transmettre le message du Ciel.

Quel est ce message ?  « En Jésus, par son Sang, nous avons la Rédemption, le pardon de nos fautes ; c’est la richesse de sa grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous. » Et si nous complétons par l’évangile du jour, à en croire Jésus, il y a bel et bien des esprits impurs qui cherchent à nous faire tomber. Ne créons pas de lien avec eux. Les baptisés ont directement accès à Dieu le Père par Jésus, avec Lui et en Lui. Alors n’allons pas chercher des ennuis en consultant n’importe qui. Pour quelques malheureux renseignements ou quelques soulagements au niveau de la santé, nous risquerons d’y perdre notre âme.

Qu’est-ce que cela change de se savoir envoyé ? Disons-le par cette petite histoire : Un célèbre funambule québécois qui s’appelait Blondin a tenté un exploit formidable : traverser les chutes du Niagara, entre le Canada et les Etats-Unis sur un fil. Le jour « J », toute une foule se rassemble pour assister à l’exploit. Il parcourt le filin à pied plusieurs fois, nullement impressionné par le vide sous ses pas. Il le fait dans un sens, puis dans l’autre. Tout le monde applaudit. Ensuite, il prend une brouette et la fait rouler sur le fil, d’un côté et de l’autre. Les applaudissements redoublent. Pour corser la difficulté, il met des briques dans la brouette, environ quatre vingt kilogrammes, et il traverse le câble de nouveau sans encombre. Tonnerre d’applaudissements ! Puis Blondin s’adresse à la foule en disant : « Croyez-vous que je puisse transporter un homme dans la brouette ? » « Oui, oui, oui, bien sûr ! » crie la foule… « Alors, qui veut être le premier homme à franchir les chutes du Niagara dans une brouette ? » L’histoire dit que seule sa maman s’est portée volontaire… Etre baptisé, recevoir la première des communions, s’engager dans le mariage, être ordonné prêtre, faire des vœux religieux, c’est comme monter dans la brouette.  Les jours de doute et de peur (qui ne manqueront pas d’arriver…), quand on se demande ce que nous faisons là au-dessus du vide, il suffira de se rappeler que ce n’est pas nous qui tenons les brancards de la brouette. Amarrer ses yeux dans ceux du Seigneur permettra de passer le cap. Il faut que le domino fasse mémoire sans arrêt de la chiquenaude permanente : « Va, je t’envoie. » Amen !

Dimanche 18 juillet 2021 Par lui, avec Lui et en Lui, l’accès au Père.

Quand on pense à la vie de Jésus, on ne peut qu’être émerveillé. 30 ans de silence, 3 ans d’activité intense, 3 jours de torture inouïe.

30 ans de silence : Je ne sais pas comment vous fonctionnez mais quand vous avez une nouvelle non seulement bonne mais extraordinaire pour le monde entier et pour toute l’histoire de l’humanité dans les siècles à venir, comment la garder secrète non seulement quelques jours mais pendant 30 ans ! 30 ans de silence, de travail humble, de vie simple.

3 ans d’activité intense : le jour, il marche, guérit, visite, enseigne. (Entre parenthèse,  vous avez bien entendu : « Jésus se mit à les instruire longuement ». (Cette petite phrase justifie tous les prédicateurs… ! Un jour une dame interpelle le saint curé d’Ars : « Monsieur le curé, vos sermons sont très bien mais vous prêchez un peu trop longtemps » Il lui a répondu avec son air ingénu :  « Madame, ce ne sont pas mes homélies qui sont longues, ce sont vos dévotions qui sont courtes» … ! Rassurez vous, je ne vais pas en abuser. ) Jésus est tellement fatigué qu’il peut dormir dans une barque en bois agitée par une tempête qui effraie les disciples ! Il est tellement sollicité que les apôtres essaient de le protéger.

Trois jours de torture physique, morale et spirituelle. On n’a pas idée de la profondeur, de la largeur, de la hauteur, de la longueur des souffrances de Jésus. Lui qui est Dieu sans idée du mal subit tous les péchés personnels de tous les hommes de tous les temps.

Pourquoi cette dépense d’énergie ?

Jérémie nous le dit : pour être notre Roi, notre Justice, le « Germe juste ». Saint Paul, lui , parle de l’unité qu’il réalise par son sang versé, il dit qu’il est « notre paix ». Il écrit aussi que par lui, nous avons « « accès auprès du Père ».

Deux faits peuvent nous aider : aux Etats-Unis, pendant la guerre de Sécession, suite à un drame familial, un soldat avait reçu la permission d’aller à Washington pour obtenir une exemption. Mais en se présentant à la Maison-Blanche, il n’a pas réussi à obtenir d’audience du président. Il était assis tristement sur un banc dans un parc proche, quand un petit garçon a engagé la conversation. Le soldat lui a raconté sa triste histoire. L’enfant lui a dit : « Suivez-moi ! ». Ils sont entrés par l’arrière de la Maison-Blanche, ont passé des postes de garde, croisé des généraux et des ministres, et sont entrés sans frapper dans le bureau du président des Etats-Unis Abraham Lincoln. Le président a demandé : « Todd, qu’y a-t-il ? » Le petit garçon a dit : « Papa, ce soldat a besoin de te parler. » Bien sûr, nous ne pouvons pas comprendre si nous faisons de Dieu guère plus qu’un humain supérieur, un Dieu humanoïde et humaniste, pliable, portable et adaptable, un dieu sans mystère et dont on a vite fait le tour, dieu du quotidien, des faits de vie, du journal télévisé, du « vécu », c’est-à-dire de la banalité et de la table de cuisine, dieu des petits bonheurs et des petites envies et des petites consolations. Le soldat a obtenu un accès au président Lincoln  par le fils Todd. De même pour nous : par le Fils, nous avons accès au Père. Tout passe par Jésus. Voilà pourquoi le rendez-vous de la messe est si important. Nous le chanterons tout à l’heure : Par lui, avec lui et en lui. Par Jésus, nous avons accès au cœur de Dieu, avec Jésus, notre vie prend tout son sens, en Jésus, nous avons tous les trésors du monde.

Deuxième fait réel. Nous sommes en 1930. Un enfant de sept ans est surpris en flagrant délit de vol dans une épicerie. L’épicier vient s’en plaindre à ses parents alors que l’enfant est monté dans sa chambre sans rien dire à ses parents. Evidemment, il n’est pas bien tranquille. A l’heure du dîner, quand maman appelle, il descend quand même. Ils sont cinq frères et sœurs. Avec le papa et la maman, cela fait sept personnes. Or, il ne compte que six assiettes sur la table. Il comprend quelle va être la sanction : parce qu’il a volé, il sera privé de repas. Alors, il attend à l’entrée de la cuisine. Mais maman lui dit de s’asseoir. Il ne comprendra qu’un peu plus tard. Son papa a eu tellement honte que son fils ait volé qu’il considère que c’est de sa faute : il pense  l’avoir mal élevé. Alors il prend sur lui la sanction. Il se prive lui-même de repas du soir. Le geste de ce papa nous permet de comprendre un peu la Passion de Jésus. Plutôt que ses enfants subissent les conséquences de leurs péchés, il les a pris sur lui. Il a subi tout ce que nous aurions dû subir pour rejoindre le Père. Il a pris sur lui autant les péchés d’Hitler, de Staline, de Polpot que mes péchés que je considère comme petits. En tout cas, l’enfant qui avait volé la pomme est devenu prêtre. C’est lui-même qui a raconté l’anecdote.

Jésus est notre Paix, il est en personne l’accès au Dieu absolument inaccessible sans lui, il est notre Justice, il est le « Germe Juste » qui vient féconder nos cœurs, il est Celui grâce à qui nous pourrons « habiter la Maison du Seigneur pour l’éternité » (Psaume).

 

23 juillet 2021. Fête de sainte Brigitte de Suède, mère de famille puis religieuse, morte en 1373 à Rome.

Evangile de Jésus selon saint Jean (15,1-8.) : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

 

Jésus emploie 8 fois le verbe « demeurer ». Voici une  petite collection de bons mots, de mots inspirés, qui font résonner ce Mystère de la Présence de Jésus en nous et de notre présence en Jésus.

Depuis notre baptême, en nous, il n’y a pas seulement « quelque chose », pas seulement de l’énergie divine, pas seulement de la divinité, mais trois Personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit… Un enfant va au catéchisme le mercredi matin. L’abbé lui explique ce que dit saint Paul à savoir que nous sommes le Temple du Saint-Esprit c’est à dire que, depuis notre baptême, le Saint-Esprit habite en chacun de nous comme dans un sanctuaire sacré. L’après-midi, parce qu’il a fait une bêtise à la ferme paternelle, il reçoit un magistral coup de pied au derrière de la part de son père. Le gamin se tourne alors calmement vers le paternel et lui dit : « Tu viens de faire un gros péché Tu viens de donner un coup de pied au Temple du Saint-Esprit »… Mais son père, qui a au moins autant de répartie que lui, a le dernier mot : « Un coup de pied, peut-être à la sacristie du Temple, mais pas au Temple »…

Du village de Rocoules près de Saugues, une vieille dame sans instruction avait une intelligence profonde. Monsieur le curé venait de lui donner la communion à domicile. « J’ai bien réfléchi à une chose, dit-elle. On nous a dit que les apôtres avaient de la chance parce qu’ils voyaient Jésus. Ils l’avaient à côté d’eux, devant eux. Moi j’ai plus de chance encore qu’eux. Je l’ai en moi, au dedans de moi. »

Les « esprits mauvais » ne peuvent venir que dans les abords pour mettre le trouble, … seul Le Seigneur peut demeurer en nous.

Au temps du rideau de fer, en Hongrie. Un jeune chrétien est interpellé par un jeune communiste :  « Où vas-tu ? » « Je vais à la messe. » Le jeune communiste se moque de lui en lui disant : « De deux choses l’une : ou Dieu existe ou Dieu n’existe pas. S’il n’existe pas, tu perds ton temps. Mais s’il existe, comment peux-tu imaginer qu’il faille aller dans une église pour le rencontrer ? Il est partout. »  Le jeune chrétien, après une courte prière intérieure au Saint-Esprit s’est entendu lui répondre : « Je sais en tout cas une chose : Dieu est si grand qu’Il ne peut tenir dans ton intelligence. Mais je sais aussi qu’Il peut se faire si petit qu’Il peut tenir dans mon cœur. »

Enfin, voici une « enfandise »: Gwenaëlle est institutrice dans la maternelle d’une école hors contrat. Ce jour-là, elle explique aux enfants que Jésus est dans notre cœur depuis notre baptême… Un moment après, elle voit Pierre-Louis, quatre ans, pleurer à grosses larmes. Elle lui demande ce qui se passe. Il répond : « C’est parce que je cours trop vite »… Ne comprenant pas le lien avec ses pleurs, elle ne sait pas trop quoi lui dire. Elle essaie de le consoler. Mais Pierre-Louis continue de sangloter. « Qu’y a-t-il qui ne va pas ? » Et il répond de nouveau : « Je cours trop vite… » Gwenaëlle n’arrive pas à comprendre pourquoi le fait de courir trop vite suscite tant de chagrin. Mais, étant sûr maintenant que la clef du mystère se cache sous cette expression, elle prend une troisième fois Pierre-Louis pour bien l’écouter… Et le petit garçon finit par expliquer que s’il court trop vite, Jésus qui est dans son cœur risque de perdre l’équilibre et de tomber. Mais une petite Aurélie qui a quelques mois de plus que Pierre-Louis le prend par l’épaule et lui dit : « Mais Jésus, il s’accroche »…

Petit Pierre-Louis, nous aimerions bien avoir une foi aussi grande que la tienne qui nous ferait pleurer de peur de perdre Jésus…