Connaissez-vous l’histoire de Jean Dupont ? Un cambrioleur entre dans la chambre de Jean Dupont et lui vole un objet précieux. Jean Dupont voit la scène. Pourtant, le lendemain, il est incapable d‘en parler à la police. Pourquoi ? Cherchez un instant. Qu’imaginez-vous ? « Jean Dupont l’avait  lui-même volé ;en allant voir la police il se serait dénoncé… Ou bien, il rêvait… On encore, il est mort… Ou bien il n’a pas voulu dénoncer son voleur par peur des représailles ou au contraire pour lui donner une chance…» Comment visualisez-vous Jean Dupont ? N’avez-vous pas projeté un homme adulte ? Alors qu’en fait, c’était un bébé à qui on avait volé son biberon. En ce qui concerne Dieu, n’y-a-t-il pas le risque de le considérer trop longtemps sans changer d’œillères ? C’est pourquoi on peut dire que le chrétien ne croit pas d’abord en Dieu ; il croit en un événement. Pendant la révolution française, un député qui s’appelait La Révellière se désolait devant Talleyrand de l’échec de la religion qu’il avait fondée : la théophilanthropie. Talleyrand lui a simplement répondu : « Pour fonder sa religion, Jésus a été crucifié, il est mort et il est ressuscité ; vous devriez tâcher d’en faire autant. » 

S’il ne fallait qu’une preuve de la résurrection de Jésus, ce serait le dimanche. Le sacro-saint Jour du Seigneur pour un juif, c’est le samedi, le sabbat, jour où Dieu s’est reposé de toute sa création. Pour que des juifs se soient permis de le déplacer au lendemain, premier jour d’une deuxième semaine, il a fallu une raison énormissime : Jésus est sorti vivant du tombeau.

Le Pape Benoît XVI, à Pâques 2006, a eu des expressions très audacieuses pour en parler : « Si, a-t-il dit dans son homélie de la veillée de Pâques, si  une fois quelqu’un avait été réanimé, et rien d’autre, en quoi cela devrait-il nous concerner ? Mais précisément, la résurrection du Christ est bien plus, il s’agit d’une réalité différente. Elle est – si nous pouvons pour une fois utiliser le langage de la théorie de l’évolution – la plus grande « mutation », le saut absolument décisif dans une dimension totalement nouvelle qui soit jamais advenue dans la longue histoire de la vie et de ses développements : un saut d’un ordre complètement nouveau, qui nous concerne et qui concerne toute l’histoire (…)Ainsi, nous sommes associés à une nouvelle dimension de la vie dans laquelle nous sommes déjà en quelque sorte introduits au milieu des tribulations de notre temps. (…) La résurrection n’est pas passée, la résurrection nous a rejoints et saisis. Nous nous accrochons à elle, c’est à dire au Christ ressuscité. (…)» Pour rebondir sur les propos du Pape Benoît XVI, on peut donc dire qu’après l’homo erectus, l’homo habilis, puis l’homo sapiens, puis l’homo sapiens sapiens, grâce à Jésus, voici l’homo ressuscitatus. C’est le baptisé. Quelle est l’espérance du baptisé c’est-à-dire non pas un vague espoir mais une certitude ancrée au fond de lui et qui est son ressort ?

L’idéologie transhumaniste nous promet que l’immortalité est maintenant à portée de main. Des sommes considérables sont investies par les GAFA dans ce but.  La mort de la mort est même annoncée pour 2045 ! La promesse d’immortalité, si elle est tenue sur la terre, ne va-t-elle faire perdre beaucoup d’intérêt à la perspective du ciel ?

Faut-il le rappeler ? L’espérance chrétienne n’est pas de vivre toujours ici-bas, mais d’accéder à une autre forme de vie dans un au-delà. Pas de se survivre mais de se dépasser. Le vœu chrétien n’est pas le sempiternel, mais l’éternel ! Pas le paradis terrestre, mais la béatitude céleste. Même si l’on nous faisait miroiter une vie d’aisance et de confort sempiternel sur cette terre, l’aspiration furieuse qui nous soulève vers le divin ne serait pas tarie en nous. On peut attendre du génie humain toutes sortes d’avancées merveilleuses mais le rêve devient cauchemar s’il se ferme à la seule issue qui puisse combler nos cœurs : voir Dieu. Nous choisissons l’éternité plutôt que la perpétuité. Et pour l’homo ressuscitatus, son éternité c’est Jésus, la présence de Jésus dans son cœur, la présence réelle de Jésus à chaque messe, l’accompagnement indéfectible de Jésus à chaque instant. Le Don de sa maman, de son Corps et de son Sang, de sa Famille l’Eglise, de son Pardon, de sa Parole. Puissions-nous tous dire ce que disait Louis de Funès, le gendarme de Saint-Tropez : « Jésus a été le radieux compagnon de mon enfance et de mon adolescence. Il reste le radieux compagnon de ma vie familiale et de ma vie professionnelle ». Un radieux compagnon exigeant mais aimant à l’infini ! Amen