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Frères et sœurs, pourquoi, quand nous prions pour des personnes malades, certaines sont guéries et d’autres non ?

Dans ma vie de prêtre, j’ai vu « en direct » un certain nombre de guérisons miraculeuses. Je pense à François, sacristain à Saint Maurice. Il devait avoir 65 ans environ ; une amie m’apprend qu’il est à toute extrémité à l’hôpital Emile Roux (les médecins avaient demandé à ses neveux d’apporter son costume pour l’habiller quand arriverait son décès). Je suis allé lui donner le sacrement des malades : il a poursuivi son service de sacristain encore plus de quinze ans. Suite à la mise en place de « chaînes de prière », un grand jeune et un enfant ont vu leur état de santé s’améliorer à la grande surprise des spécialistes qui  les soignaient. Au pèlerinage diocésain à Lourdes, une jeune maman était tellement fatiguée depuis des mois qu’elle ne pouvait plus se déplacer qu’en fauteuil roulant ; elle s’est mise à bondir comme une gazelle après son passage aux piscines. Vous savez que dès que le Pape déclare bienheureux ou bienheureuse un chrétien ou une chrétienne, c’est qu’il y a eu miracle. Pour saint Jean-Paul II, c’est une jeune religieuse française  sage-femme de métier atteinte de la maladie de Parkinson qui a été guérie d’un jour à l’autre parce que ses soeurs l’avaient confiée à la prière de Jean-Paul II. Mais il y a eu beaucoup de miracles sur l’intercession de ce Pape.

Et puis il a aussi des personnes qui ne guérissent pas.  Pourquoi ? Regardons de près l’évangile. L’évangile a deux « versants » : les guérisons et la Passion. Jésus guérit à tour de bras. Et puis un jour il entre dans sa Passion.   Une catéchiste : « Selon vous, quel a été le plus grand miracle de Jésus ? » Steven, 13 ans : « C’est qu’il n’est pas descendu de la croix. Il en avait pourtant le pouvoir. » Je voudrais que tous les jeunes connaissent la bienheureuse Chiara-Luce. Chiara est morte en 1990 à 18 ans à cause d’un cancer. Elle aurait aujourd’hui 48 ans Elle a été déclarée sainte en 2010. En Pologne une nouvelle église porte son nom et sur un des vitraux, il y a une raquette de tennis parce que c’est en jouant au tennis qu’elle a ressenti la première grande douleur de la maladie qui l‘a emportée un an plus tard. J’ai eu la grâce d’aller dans son village natal à Sasselo en Italie. Je suis allé dans sa maison ; j’ai rencontré son papa et sa maman. Son papa raconte que malgré les douleurs et l’approche de sa mort, elle souriait tout le temps. Ce papa chauffeur de camion dit : « Je pensais qu’elle souriait devant nous pour ne pas nous faire de peine mais que lorsqu’elle était toute seule, elle pleurait ; alors je regardais par le trou de la serrure. Eh bien elle était toujours souriante. » Son secret : elle avait Jésus pour ami. Dans les moments les plus durs, elle dit : « Si on me demandait maintenant si je voudrais marcher, je dirais non car ainsi je suis plus proche de Jésus. » Son médecin, non croyant et critique envers l’Église, dira plus tard : « Depuis que j’ai rencontré Chiara, quelque chose a changé en moi. Ici tout me plaît du christianisme. » Chiara dit : « À présent, je n’ai plus rien, mais j’ai encore mon cœur et avec lui je peux aimer. » «La médecine a déposé les armes. Avec l’arrêt des traitements, les douleurs dans le dos ont augmenté et je n’arrive presque plus à me tourner sur le côté. Je me sens tellement petite et le chemin à parcourir est si ardu… Mais c’est l’Époux qui vient à ma rencontre… » J’ai pu rencontrer aussi l’amie de sa maman qui a  confectionné la robe de mariée qu’on lui a mise quand elle est morte. Avec l’aggravation de la maladie, il faudrait augmenter les doses de morphine, mais Chiara Luce refuse : « Cela m’enlève ma lucidité et la souffrance est la seule chose que je peux offrir à Jésus. » Le dernier jour, elle reçoit Jésus Eucharistie. Elle recommande à sa maman : «Maman, quand tu me prépareras, tu devras toujours te répéter : ‘Maintenant, Chiara Luce voit Jésus.‘’ » Bse Chiara-Luce n’est pas la seule : Tanguy, 13 ans, dit à son papa, quelques jours avant de mourir : -Papa, il n’y a pas deux vies, il n’y en a qu’une. La mort, c’est juste une marche. La prière, c’est le téléphone avec le Ciel. Quand je serai là-haut, on se téléphonera avec la prière.

L’évangile a deux versants : Jésus qui guérit et Jésus qui s’offre pour qu’il y  ait plus d’amour dans le cœur des hommes. Prions pour les malades et Jésus donnera ses grâces, soit de guérison, soit de courage et de foi pour la Gloire du Père et le salut des hommes. Amen !