9 décembre 2025. Les consolations du Bon Pasteur.
De l’évangile selon saint Matthieu : « Jésus disait à ses disciples : « Quel est votre avis ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne va-t-il pas laisser les 99 autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les 99 qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »
Nous connaissons bien la parabole de la brebis perdue. On peut en faire de nombreux commentaires. Aujourd’hui retenons l’aspect indiqué par la première lecture qui est la prophétie de cette parabole : ce sont les 11 premiers versets du chapitre 40 du Livre d’Isaïe :
Le début : « Consolez, consolez mon peuple – dit votre Dieu – parlez au cœur de Jérusalem » […] Et la fin : « Voici votre Dieu ! Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage. Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent. »
Un homme avait 17 brebis. Comme il vieillissait, il décide de mettre un terme à son métier de berger. Il n’a pas besoin d’argent et il préfère faire plaisir. Il décide donc de donner la moitié de ses brebis à son fils. Mais comment diviser 17 par deux ? Il voudrait aussi en donner le tiers à son filleul. Mais comment diviser 17 par trois ? Enfin, comme son voisin l’a beaucoup aidé, ces dernières années, au travail des fenaisons, alors que ses forces avaient déjà beaucoup diminué, il a dans le cœur de lui donner le neuvième de son petit troupeau. Mais comment diviser 17 par 9 ? Il va consulter un ami qui vit en ermite persuadé qu’il va lui trouver une solution. Le vieil homme l’écoute patiemment, puis il lui dit : « J’ai une seule brebis. Je te la donne. Tu en auras donc 18. Faisons les comptes ; 18 divisé par deux , cela fait 9 brebis pour ton fils. 18 divisé par 3, cela fait 6 : et voilà 6 brebis pour ton filleul. 18 divisé par 9, cela fait 2 : deux brebis pour ton voisin qui sera tout content de ta gratitude. 9 brebis + 6 brebis + 2 brebis, cela fait 17 brebis. Et moi, je garde ma brebis. » Cette 18ème brebis qui permet de trouver une solution juste et équitable, n’est-ce pas comme une parabole de la Consolation de Dieu ? Il n’est jamais à court d’idées quand il s’agit de faire du bien dans n’importe quelles situations même les pires dans lesquelles ses enfants se sont empêtrés.
Mais la consolation de Dieu va plus loin. La petite histoire qui suit le dit magnifiquement. Conservé dans la tradition hébraïque, on trouve un passage remarquable de la vie de Moïse. Rencontrant un berger, il l’aide à traire ses brebis. Le soir, le berger verse le lait, le meilleur, dans une écuelle qu’il dépose sur une pierre en expliquant : « C’est le lait de Dieu ». Intrigué, Moïse le presse de s’expliquer. Le berger dit alors : « Je mets toujours de côté le lait le meilleur et je l’offre à Dieu ». « Et Dieu le boit ? » « Oui » répond le berger. Moïse, plus averti que le berger en sa foi naïve, estime qu’il se doit d’éclairer le pauvre homme et lui explique alors que Dieu, pur esprit, ne saurait boire de lait.
Le berger refusant de le croire, Moïse lui suggère de se cacher derrière les buissons pour voir si Dieu viendra boire le lait. Le berger se cache. La nuit tombe. Au clair de lune, il voit un renardeau venir en trottinant ; après avoir regardé à droite et à gauche, l’animal fonce sur le lait qu’il lape goulûment puis s’enfonce à nouveau dans le désert. Le lendemain, Moïse retrouve le berger tout déprimé : « Qu’est-ce qui ne va pas ? » lui demande-t-il. « Tu as raison, Dieu est un pur esprit, il ne veut pas de mon lait ! » Moïse s’écrie : « Tu devrais être content ! Tu en sais davantage sur Dieu qu’il y a quelques jours ! » « Oui », répond le berger, « mais la seule chose qui me permettait de lui montrer mon amour m’a été enlevée ! » Moïse comprend alors et se retire dans la solitude pour prier. Au cours de la nuit, Dieu lui apparaît et lui dit : « Moïse tu t’es trompé. C’est vrai, je suis un pur esprit, mais je n’en acceptais pas moins avec plaisir le lait offert par le berger en gage de son amour ; toutefois, comme je n’avais pas besoin de son lait, je le partageais avec ce renardeau qui en est friand ».
Le Seigneur nous console en nous apportant des solutions inattendues mais surtout en acceptant nos services si humbles soient-ils. Combien de personnes, par exemple, qui ont vécu le terrible malheur de perdre un enfant, trouvent du réconfort et de l’espérance en s’engageant dans des associations contre la violence routière, ou autres, dans lesquelles elles peuvent continuer de se donner ?Quand nous nous sentons brebis perdue, guettons bien les grâces du Bon Berger, et ses appels. Ils nous apporteront la Consolation.
Les bonus : “LA FÉCONDITÉ EXTRAORDINAIRE DE L’ÉGLISE / CHRISTOPHE DICKÈS / FESTIVAL 1000 RAISONS DE CROIRE” : https://youtu.be/BjCHNyC3kFE?si=TyeMRmQ0t5LqktAZ