Mardi 8 septembre 2026 Union hypostatique

De l’évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu : « Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Nous fêtons aujourd’hui avec grande joie la nativité de la Vierge Marie. Pour célébrons-nous avec autant de solennité la naissance de cette petite fille au foyer de Anne et Joachim ? C’est qu’elle va nous donner la seule personne au monde qui existe avant même que sa maman naisse, Dieu-Le Fils qui en entrant dans le monde prend comme prénom Jésus c’est-à-dire le Seigneur sauve. La théologie est une science. Comme toutes les sciences, elle utilise un vocabulaire précis. Savez-vous ce qu'est l'union hypostatique ? Ce terme, très savant, a été forgé pour entrer dans le mystère de la personne de Jésus. « Hypostase » signifie substance, au sens de personne, c'est-à-dire la chose elle-même. Union hypostatique signifie « union dans la personne », c'est-à-dire que les deux natures sont unies dans la personne du Fils de Dieu, qui est donc en Personne, vrai Dieu et vrai Homme : c'est lui-même qui est Dieu, et lui-même qui est homme. Le fondement de la contemplation du mystère de l'incarnation, c'est la foi, dans son contenu dogmatique précisément formulé au Concile de Chalcédoine. Les formules sont inspirées d'une lettre que le pape saint Léon le Grand envoya au Concile, et dont ses légats donnèrent la lecture aux Pères conciliaires. Ils se levèrent alors et s'écrièrent : « Pierre a parlé par Léon. » Les formules du Pape sont alors entrées dans les décrets du Concile qui les a promulgués sous son autorité. L'adoration foisonnante des Orientaux était ainsi complétée par la rigueur pénétrante des Latins. L'Eglise universelle formule ainsi le mystère de l'Incarnation : « Nous confessons un seul et même Jésus Christ, Fils de Dieu de toute éternité, Fils de la Vierge Marie dans le temps, un seul et même Jésus consubstantiel au Père selon la divinité, et consubstantiel à nous selon l'humanité, nous reconnaissons donc une seule personne en deux natures sans changement, sans confusion, sans séparation, et sans division. »

Chacun de ces quatre adverbes (dans le texte original. Ces adverbes sont rendus en français par ces expressions « sans changement, sans confusion, sans séparation, et sans division) est pour nous une balise de la vraie foi. La personne c'est « ce qui est », la nature, c'est « ce par quoi » on est. « Celui qui est », c'est Jésus Christ le Fils de Dieu, sa nature divine « ce par quoi » il est Dieu, sa nature humaine « ce par quoi » il est homme.

Sans changement : Dieu n'a pas été changé par l'incarnation, il n'a pas été contaminé par l'humanité, il est éternel, il est immuable. L'humanité n'a pas non plus été métaphysiquement changée par le fait d'être unie à la divinité en Jésus Christ : il a une âme, un corps qui gardent toutes leurs qualités et leurs capacités naturelles.
Sans confusion : Les deux natures ne sont pas mélangées à la façon dont les païens avaient imaginé des demi-dieux, ou bien des hommes revêtus de certaines qualités divines. Rien de tout cela lorsque nous proclamons la divinité de Jésus de Nazareth.
Sans séparation : Les deux natures dans le Christ n'agissent pas indépendamment mais toujours ensemble et l'une par l'autre. De sorte que Jésus, … Dieu qui pardonne les péchés, le fait en s'approchant des pécheurs, et en mangeant leur nourriture, … Dieu qui guérit le fait en imposant ses mains d'homme sur les malades à qui il manifeste ainsi non seulement la bienveillance divine mais aussi la tendresse d'un frère.
Sans division : C'est un seul être qui exerce cette double prérogative divine et humaine au point que l'on peut concrètement attribuer à chacune des deux natures ce qui relève de l'autre. C'est ainsi que l'on peut dire que cet homme est le Créateur, en visant Jésus concrètement ; et que l'on peut dire également : Dieu est né de la Vierge Marie, en visant Jésus concrètement.

Avouons que c'est difficile.
Bravant la difficulté, un prêtre avait pourtant essayé de parler dans une homélie de cette question de l'union hypostatique. A la fin de la messe, une personne est venue le féliciter : « Monsieur l'abbé, vous avez très bien fait de parler de l'union hypostatique parce qu'il y a tellement de jeunes qui sont dans cette situation maintenant... Ils se mettent en union sans être mariés. Vous avez bien fait de le rappeler. »

En Jésus, l'union de la nature divine et de la nature humaine est bien une union libre. Mais les unions libres ne sont pas des unions hypostatiques.

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