Samedi 7 mars 2026 Prodigue
Une catéchiste avait raconté aux enfants la parabole de l’enfant prodigue, la plus connue des quelques quarante paraboles de Jésus. S’apercevant au bout d’un moment que beaucoup étaient distraits, elle leur demande d’en faire le résumé par écrit. Et voici ce qu’elle a trouvé sous la plume d’un garçon de 11 ans :
« Un homme avait deux fils. Le plus jeune n’arrivait pas à rester chez lui. Un jour, il partit au loin emportant avec lui tout l’argent. Quand cet argent fut épuisé, le jeune homme décida de retourner chez lui car il n’avait même plus de quoi manger.
Le voyant arriver, son père tout content, prit un bâton et courut à sa rencontre. Mais son autre fils, celui qui était bon, demanda au père :
– Où cours-tu comme ça, avec ce truc à la main ?
– C’est ton pauvre frère qui revient : après ce qu’il m’a fait, il mérite une bonne raclée !
– Veux-tu que je t’aide, papa ?
– Bien sûr, répondit le père.
Et c’est ainsi qu’à deux, ils le rouèrent de coups.
Finalement, le père fit venir un serviteur et lui demanda de tuer le veau le plus gras et de faire une grande fête, car il en avait assez de sonner les cloches à ce fils qui lui en avait fait voir de toutes les couleurs ! »
Et nous comment aurions nous écrit la parabole ? Cette petite rédaction fait bien ressortir que l’amour de Dieu tel qu’il est décrit dans cette parabole, devait nous être révélé. Nous ne pouvions pas imaginer que Dieu nous aime au point de nous pardonner.
Pour le comprendre, voici une histoire vraie. Un jeune homme, Matthieu, a subi les foudres de la colère paternelle pour une raison tout a fait justifiée. Et, à la suite de cette explication délicate, il a claqué la porte…Le temps passe, Matthieu ne remet pas les pieds chez lui. Le voudrait-il, qu’il ne saurait vraiment pas comment s’y prendre… Mais par moments le remords l’étreint… Il s’en ouvre un jour à un ami, Marc. « Je ne vois qu’une solution » lui dit celui-ci « te réconcilier avec ton père. » « Impossible » lui rétorque Matthieu, « il n’acceptera jamais. » Mais l’idée fait son chemin et un beau matin, Matthieu prend la plume : « Papa, je sais que j’ai commis l’irréparable. Mais aujourd’hui, je le regrette. Et vous me manquez tous, je viens donc te demander pardon. Si je le fais par écrit, c’est que je n’oserai jamais te le demander en face… Si tu me considères encore comme ton fils, je te propose de me donner un signe : accroche un foulard blanc au premier arbre de l’allée qui conduit à la maison, je passerai un jour de la semaine prochaine, en voiture. Si le foulard est là, je viendrai frapper à la porte. S’il n’y a pas de foulard, je saurai que je ne suis plus de la famille. »
Le jour dit, Matthieu prend sa voiture. Marc, qui a proposé de l’accompagner, se met au volant. Matthieu se sent plutôt nerveux. Bientôt l’allée d’arbres qui conduit à la maison familiale est en vue. « Toi, regarde, » dit Matthieu à son ami, « moi, je n’aurai pas le courage. » et il tourne la tête de l’autre côté. La voiture approche, dépasse l’allée. Quelques mètres plus loin, Marc se range sur le bas-côté. « Alors ? » demande Matthieu. « Ecoute, il y a des foulards blancs sur tous les arbres ! »
Quel est le péché essentiel, le péché source ? Ces histoires nous apprennent qu’il consiste à méconnaître l’amour dont nous sommes aimés. Lorsqu’on aime un être, on peut tout supporter de lui sauf l’oubli. L’amitié que Dieu nous propose ne nous dit rien. Voilà la mère de tous les péchés : l’oubli. Nous avons mis Dieu dans les oubliettes !!
Bientôt va nous être proposée la confession. Ce sera l’occasion une fois de plus d’expérimenter l’amour du Seigneur. Il est né dans une écurie pour nous dire qu’il n’a pas peur de visiter le coin le plus moche, le plus sali de notre coeur. Il est mort sur une croix pour que nous puissions mettre une croix sur notre passé. Quelqu’un qui est pardonné n’a plus de « passif ». Dans la Bible, il est écrit que Dieu jette nos péchés au fond de la mer ! Un ami prêtre ajoutait qu’il pose une pancarte sur la rive avec cet écriteau : «Interdit de pêcher », c’est-à-dire interdit de revenir sur ce qui ne nous regarde plus puisqu’il a tout pris sur Lui. Avant de nous confesser nous disons au prêtre « Père bénissez-moi » alors qu’en tout logique nous devrions dire « Père punissez-moi ». Mais non : nous ne venons pas recevoir des coups de bâtons mais une embrassade. Une petite fille l’avait compris au fond de son coeur. Sans doute un peu émue, elle avait carrément dit : « Père bénissez-moi entre toutes les femmes ». C’est cela la confession : en reconnaissant nos péchés, nous connaissons l’amour privilégié, la tendresse toute personnelle du Seigneur. Je souhaite à chacun ici d’en faire l’expérience au moment de Pâques quand nous vous proposerons la confession de Pâques.
Les bonus : Abus dans l’Église : la vraie sortie (pas celle qu’on croit) (Abus dans l’eglise : épisode #5)