Vendredi 7 février 2025 Amour
Lecture de la lettre aux Hébreux (He 13, 1-8) : « Frères, que demeure l’amour fraternel ! N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges. Souvenez-vous de ceux qui sont en prison, comme si vous étiez prisonniers avec eux. Souvenez-vous de ceux qui sont maltraités, car vous aussi, vous avez un corps. Que le mariage soit honoré de tous, que l’union conjugale ne soit pas profanée, car les débauchés et les adultères seront jugés par Dieu. Que votre conduite ne soit pas inspirée par l’amour de l’argent : contentez-vous de ce que vous avez, car Dieu lui-même a dit : Jamais je ne te lâcherai, jamais je ne t’abandonnerai. C’est pourquoi nous pouvons dire en toute assurance : Le Seigneur est mon secours, je n’ai rien à craindre ! Que pourrait me faire un homme ? Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés : ils vous ont annoncé la parole de Dieu. Méditez sur l’aboutissement de la vie qu’ils ont menée, et imitez leur foi. Jésus Christ, hier et aujourd’hui, est le même, il l’est pour l’éternité. »
Les peuples qui sont sous le joug d’une dictature se défendent souvent par l’humour. C’est ainsi que les Polonais, quand ils étaient sous le joug de l’URSS, sous domination soviétique, racontaient ce genre de blagues : un Russe et un Polonais marchent tous les deux dans une rue assez étroite, chacun sur un trottoir. Voilà qu’ils tombent sur un portefeuille laissé là au milieu de la rue, un portefeuille bourré de dollars. Le Russe, magnanime, dit au Polonais : « Puisque nous l’avons trouvé en même temps, nous allons partager en frères ». Le Polonais lui répond : « J’aimerais mieux que l’on fasse moitié moitié »… ! L’épitre aux Hébreux vient de nous dire : « Frères, que demeure l’amour fraternel !…. Que votre conduite ne soit pas inspirée par l’amour de l’argent »
L’épitre aux Hébreux nous dit encore : « Que le mariage soit honoré de tous, que l’union conjugale ne soit pas profanée, car les débauchés et les adultères seront jugés par Dieu ». Jésus a rendu un service énorme à l’humanité en réintroduisant l’indissolubilité du mariage. Jésus rappelle que le mariage est indissoluble, que nous devrions tous comprendre dans notre cœur que lorsqu’on s’engage envers quelqu’un c’est pour toujours. Le philosophe français Descartes a une belle comparaison pour expliquer que le doute ne nuit pas à l’action. Il en est même le moteur. Qui veut tout maîtriser se trompe. Imaginons des voyageurs perdus en pleine forêt. Que vont-ils faire ? Ils décident de partir dans une direction. Ils marchent tout droit pendant deux heures, puis ils se rendent compte qu’ils ne sont pas encore sortis de la forêt. Ils opèrent donc un quart de tour sur la droite et ils se remettent à marcher… Au bout d’une heure ou deux ils n’ont toujours pas trouvé de sortie. Ils tournent alors à 90° sur la droite et ils continuent la progression. Deux heures plus tard, toujours aussi perdus, ils referont la même opération… Et c’est ainsi que ces voyageurs continueront de tourner en rond. Voilà ce qui arrive à ceux qui remettent en cause sans arrêt leur décision. Si ces voyageurs avaient continué tout droit sans dévier de leur première décision, ils seraient, tôt ou tard, sortis de la forêt. De fait le couple humain ne repose que sur un seul socle : non pas l’intensité du sentiment amoureux, non pas le plaisir continuel d’être ensemble mais la volonté de durer. C’est la volonté de durer qui fait trouver les moyens de s’aimer de mieux en mieux.
L’épitre nous dit aussi : « N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges ». Beaucoup de nos contemporains et nous-mêmes nous nous contentons de vivre au balcon, là où tout nous atteint, mais où nous ne prenons que des contacts furtifs, de curiosité, d’utilité, de plaisir, d’émotion. Nous nous contentons d’une vie en surface et en morceaux. Notre époque a inventé le remplissage. Tout le monde semble avoir horreur du vide, d’une minute où l’on serait réellement seul face à soi-même et face à Dieu. Qui résiste au triple matraquage ? surinformation, suroccupation, surconsommation. A contre-courant, il faut oser lâcher la vie superficielle, devenir intérieur, même si autour de nous on reste au balcon. Jésus nous ramène constamment à ce centre tantôt comme un panier de crabes : “C’est du coeur de l’homme, révèle-t-il, que viennent les pensées mauvaises : dévergondages, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fourberie, débauche, envie, diffamation, orgueil, folie” (Marc 7,21) Et tantôt comme la demeure des Trois : “Nous viendrons à lui (Père, Fils et Saint-Esprit) et nous ferons notre demeure chez lui.” (Jn 14,23 ou Ap 3,20). Dieu est en moi et moi je suis en lui… ! Il faut que je fasse parvenir cette information à tous les étages, à tous les niveaux de ma hiérarchie interne, qui est largement aussi bureaucratisée et compliquée que celle de n’importe quel Etat marxiste. En moi, c’est toujours l’habituel village de Schtroumphs avec toute la ribambelle de curieux nains bleus, le Schtroumph râleur et le Schtroumph jaloux, le trouillard et l’envieux, le velléitaire et le caustique, le méfiant et le gourmand, et le chef des Schtroumphs au milieu avec son beau bonnet rouge qui a bien du mal à maintenir l’ordre. Quand mon esprit ressemblera un peu moins à une assemblée de schtroumphs et un peu plus à la maison de Dieu, je vivrai sûrement mieux l’hospitalité.
les bonus : Vianney : le chanteur à l’ancienne se confie sur sa vision de la vie