4 septembre 2025 arrachés au pouvoir des ténèbres.
De la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens (Col 1, 9-14) : «Frères, depuis le jour où nous avons entendu parler de vous, nous ne cessons pas de prier pour vous. Nous demandons à Dieu de vous combler de la pleine connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle. Ainsi votre conduite sera digne du Seigneur, et capable de lui plaire en toutes choses ; par tout le bien que vous ferez, vous porterez du fruit et vous progresserez dans la vraie connaissance de Dieu. Vous serez fortifiés en tout par la puissance de sa gloire, qui vous donnera toute persévérance et patience. Dans la joie, vous rendrez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints, dans la lumière. Nous arrachant au pouvoir des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé : en lui nous avons la rédemption, le pardon des péchés. »
Un fidèle paroissien disait avec humour : « Autrefois il y avait des péchés, aujourd’hui, il n’y a plus que des explications »… Or, c’est très libérateur de savoir que nous sommes « arrachés au pouvoir des ténèbres » par Jésus. Encore faut-il se reconnaître capables du mal et pas seulement limités et imparfaits, et pas seulement tributaires de blessures ou d’un contexte. Bien sûr, tout n’est pas à appeler péché. Au cours d’une célébration pénitentielle, un enfant dit au prêtre auprès de qui il vient se confesser : « J’ai fait plein (excusez-moi de le citer en version originale) j’ai fait plein de conneries, mais je ne sais pas si ce sont des péchés ». Le prêtre lui a alors dit : « He bien, dis-les-moi, je te dirai si elles sont peccamineuses ». L’enfant a ouvert de grands yeux mais il a compris que tout n’est pas péché. Un catéchiste pose la question à son groupe : Pouvez-vous me donner un exemple de péché ? Thomas, presque 7 ans : Faire pipi à côté de la cuvette. Valentin, 7 ans, très sérieusement : Non ! Faire exprès pipi à côté de la cuvette. Voilà notre drame : faire exprès ; nous savons que nous allons faire de la peine, que allons compliquer la vie, et pourtant nous nous endurcissons. Est-ce que vous savez quel est le grand souci de Dieu ? Encore une fois, c’est un enfant qui l’a magnifiquement exprimé. Un catéchiste : Qu’est-ce que la crainte de Dieu ? Laure-Anne, 7 ans : C’est quand tu as fait des péchés : Dieu a peur que tu ne lui demandes jamais pardon.
Arrachés aux ténèbres.
L’Eglise est dépositaire de ce trésor inestimable qui est le sacrement de confession. Il comporte quatre temps.
Les trois premiers : Bien identifier son péché. Le regretter vraiment, l’avouer. L’aveu n’est pas une complaisance de l’aveu. « Tu mets loin de moi mes péchés ». « Oui j’ai fait cela mais je ne suis pas que ça ». L’aveu c’est un désaveu, une dénonciation. Il y a des aveux libérateurs et des aveux nocifs. La personne humaine a besoin d’exprimer pour vraiment vivre ce qu’elle vit. Elle a besoin de dire son amour à la personne aimée. Elle a besoin de dire, de dénoncer ce qu’elle a fait de mal. Il y a des aveux :
- Orgueilleux et bavards
- Auto-justificatifs : « vous auriez été à ma place mon Père, vous auriez fait la même chose »
- Scrupuleux : « Mon Père, vous avez devant vous le plus grand criminel de la terre, avec tout ce que j’ai reçu ! » (on dit du mal de soi comme pour compenser le mal qu’on a fait.) Il ne faut jamais reconfesser un péché qu’on a déjà confessé. Derrière le scrupuleux, il y a une forme d’orgueil : me faire du mal pour mériter le pardon.
Les quatre temps de la confession
Bien identifier son péché. Le regretter vraiment, l’avouer, et puis il y a un quatrième temps : la pénitence ou la réparation. Un pénitent disait au prêtre à qui il se confessait régulièrement : « Par acquit de conscience, je me confesse mais je vous dis tout le temps la même chose, vous me dites toujours la même chose et ça fait toujours la même chose » … ! » Alors il faut lire Luc 19 : Zachée : « Si j’ai fait du tort à quelqu’un, je rends au quadruple », c’est du droit pénal, c’est le maximum de la peine… il répare… ce n’est pas une peine. C’est la joie de réparer. J’ai dit du mal, je dis du bien. « Je donne la moitié ». C’est pour casser la chaîne du mal. Zachée était dans la spirale de l’argent. Grâce à Dieu, cette spirale est interrompue. Il avait 4 milliards de sesterces, il donne 2 milliards de sesterces. Il a cassé la chaîne, il se sent libéré.
Donc il faut bien penser à la réparation. Une petite fille vient voir un prêtre : – « Je voudrais poser une question – « Oui, pose ta question ». – « Admettons. Si une petite fille a volé une montre et qu’elle se confesse, qui est- ce qui rend la montre : c’est Jésus ? » -« Non, c’est toi » – « Ah ! c’est beaucoup moins intéressant que je le pensais ». Alors, dit le prêtre, on s’est très bien entendu… J’ai rendu moi-même la montre « discretos » pour qu’il n’y ait pas de vague…
Insistez sur la réparation. Trouvez-vous une vraie réparation, proposez-la au prêtre à qui vous vous confessez. Quand vous arriverez au Ciel, demandez à voir Zachée. Vous le reconnaîtrez : il est petit et il est sur un arbre. Vous lui demanderez : « C’est vrai, ce que disait le Père Trevet … ? « Oui, oui, le facteur de progrès, c’est le quatrième temps du sacrement : après l’examen de conscience et un regret profond (la contrition, l’aveu, l’absolution), il ne faut pas oublier la réparation (la pénitence). Nous arrachant au pouvoir des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé : en lui nous avons la rédemption, le pardon des péchés.