Lundi 31 aout 2026 La Toute-Faiblesse de Dieu.
De l’évangile selon saint Luc. « Jésus revient à Nazareth mais il n’est pas reçu par ses compatriotes. Il leur dit : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. »
Nous aimerions que Dieu détruise le mal, qu’il éradique les criminels de toutes sortes, qu’il nous bombarde d’antibiotiques pour éliminer tous les germes de péché en nous. Mais cela c’est de la science-fiction. La foi part du réel et examine comment la grâce de Dieu s’infiltre dans notre humanité. Car l’enjeu est de coopérer à son Œuvre, d’apporter notre contribution. Dieu nous crée par sa Toute-Puissance, sans nous. Il nous sauve aussi par sa Toute-Puissance (Mais lui passant au milieu d’eux allait son chemin) mais avec notre coopération. Saint Paul qui avait commencé en misant sur la force, a bien remis en cause ses convictions. Voici ce qu’il écrit aux Corinthiens : « Frères, quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse. Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié. Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je me suis présenté à vous. Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. » La sagesse de Dieu n’est pas la nôtre. Sa puissance ne se manifeste pas comme la bombe nucléaire.
Il faut lire le chef d'oeuvre de Dominique LAPIERRE le journaliste-romancier à qui l'on doit : "La cité de la Joie". Son livre s'appelle "Plus grand que l'amour" Il y raconte la découverte du virus du sida. Il y raconte surtout l'histoire de cette jeune fille indienne, de la caste des intouchables originaires de Bénarès où son père est le propriétaire des bûchers funéraires au bord du Gange. Atteinte par la lèpre elle est expulsée de sa famille. Elle est récupérée par des proxénètes. Elle s'enfuit, humiliée et apeurée. Elle trouve refuge chez les sœurs de Mère Térèsa. Là, grâce à la bonté extraordinaire de sœur Bandona, elle guérit et surtout elle découvre -même s'il lui faut des mois et des mois- qu'elle est aimée de Jésus. Elle demande même à être religieuse. Elle devient sœur Amanda, soeur Joie. Et un jour, elle est envoyée par Mère Térésa à New York, parmi la première équipe qui ouvre le foyer Gift of Love pour soigner les toxicomanes sidéens en phase terminale. Voilà ce que fait Jésus.
Il était une fois trois petits arbres : le premier voulait devenir coffre pour abriter un trésor, le deuxième se voyait grand navire sur l'océan, le troisième souhaitait rester dans ses montagnes pour continuer de pousser très haut : "En levant la tête pour me regarder, les hommes penseront à Dieu".
Un matin, les arbres ayant grandi, trois bûcherons viennent les abattre. Hélas, tous leurs rêves s'envolent ! Le premier arbre devient mangeoire pour les animaux, le deuxième simple barque de pêcheurs, quant au troisième, débité en grosses poutres, il reste dans l'ombre d'une remise. Mais, un soir de Noël, la mangeoire accueille l'Enfant-Jésus : ainsi se réalise le rêve du premier arbre, qui reçoit bien plus qu'un trésor. Quelques années plus tard, la barque de pêcheurs transporte les apôtres avec Jésus ; ainsi s'accomplit le souhait du deuxième arbre, au-delà de tous ses espoirs. Enfin, un vendredi matin, on vient chercher dans la remise le troisième arbre pour en faire une croix : "Le rêve devenait cauchemar". Mais le troisième jour, ce fut Pâques et la victoire de la Résurrection : désormais lorsqu'on regarderait le troisième arbre, on penserait à Dieu. L’histoire de ces petits arbres est aussi la nôtre. Nos rêves, en effet, se réaliseront au-delà de toute espérance si nous consentons à y renoncer pour nous laisser faire par le Seigneur : "De chacun il fait un chef-d'oeuvre. Même si on ne comprend pas bien les mauvais coups et les épreuves. Lui seul connaît notre chemin.
Les bonus : Témoignage : Père Nicolas Buttet