Premier dimanche de l’avent 30 novembre 2025.

Frères et sœurs, où allons-nous ? Que se passera-t-il à la fin ?

A ces questions, les hommes apportent trois sortes de réponses :

  1. Une réponse optimiste et volontariste: génération après génération, par son effort et son intelligence, l’homme s’achemine vers la cité idéale. (en gros, c’était la réponse marxiste, c’est la réponse aujourd’hui qu’on appelle scientiste : on va améliorer le génome humain). Conséquence :   retroussons nos manches et ne nous aliénons pas en comptant sur quelqu’un d’autre que nous-mêmes. (Problème : pour le marxisme et le nazisme : en gros 60 millions de mort chacun. Pour le scientisme, avec les expérimentations dans tous les labos du monde, on a dû déjà dépasser ce chiffre largement. )
  2. Réponse pessimiste et passive : une catastrophe viendra un jour ou l’autre mettre fin à l’aventure humaine : soleil refroidi, collision astrale, déflagration nucléaire, épidémie (les scenarii ne manquent pas dans les romans et les films). Tout sombrera dans le néant et nous n’y pouvons rien. Conséquence :   à quoi bon nos projets et nos efforts ?
  3. Et puis il y a la réponse de l’évangile plutôt étonnante : en fait, la fin du monde est déjà arrivée … ! Saint Augustin disait avec un peu d’humour : « Nous sommes à la dernière heure, même si cette heure est longue… » En effet, à partir du moment où Dieu le Fils lui-même est venu dans le monde, il y a 2000 ans, les temps sont accomplis, le monde a atteint sa fin, son but, sa finalité. Conséquence :   nous ne sommes pas ici par hasard : nous sommes les fruits d’un projet qui nous précède. Nous allons vers le Royaume de Dieu. Notre responsabilité n’en est pas moins entière : notre manière de vivre chaque jour nous achemine vers ce Royaume ou nous en éloigne. Il n’y a ni automatisme, ni fatalité. Nous sommes pris au sérieux, nous ne sommes pas des pantins irresponsables. Et notre existence prend sens par rapport à quelqu’un qui nous précède, nous appelle, nous invite. La mort et la résurrection de Jésus sont décrites en termes de tremblement de terre. Lors d’un séisme, on parle de sur-vivants. Les chrétiens, qui vivons depuis notre baptême, de la vie de Jésus, nous sommes – nous devrions être -des « sur-vivants » au sens fort, des « super-vivants »… L’avenir c’est Jésus. »

L’avent commence. Il a pour but de nous faire vivre plus intensément ce qui est la colonne vertébrale de la foi chrétienne : attendre Dieu, tout attendre de Dieu, toujours attendre Dieu, s’attendre à tout puisque Dieu nous aime. 

Je ne sais pas si vous lisez Tintin… Dans « Tintin au Tibet », le capitaine Haddock se réveille dans un monastère de lamas tibétains et il se met à hurler parce qu’il se trouve en face d’un démon grimaçant : ce n’est que la statue d’une divinité bouddhique ! Les hommes ont inventé toutes sortes de dieux, de demi-dieux, de héros, d’esprits. Ils sont parfois gentils, mais peuvent être monstrueux. Le dieu hindou Ganesha dans les vitrines des magasins : il a un corps d’homme et une tête d’éléphant, il est très sympa, mais quand il se fâche, il est très violent. Tout cela existe dans le monde des rêves de nos inconscients qui se souviennent de terreurs ancestrales, de monstres, de tremblements de terre, d’incendies et de déluges ; nos inconscients ont cherché à pactiser avec toutes ces forces hostiles pour pouvoir survivre ; et les dieux ressemblent à ce qui nous fait le plus peur. Pour s’imaginer Dieu, les hommes ont pensé à tout : des serpents à plumes ou des hommes à têtes de rapaces. Mais jamais jamais à ce qui est écrit dans l’évangile ;  un bébé ! Dieu nous arrive ; c’est un bébé, un tout petit bébé, encore un peu fripé mais tellement mignon ! Ses petits doigts sont si fins qu’on ose à peine les toucher, mais quand on introduit le petit doigt dans la paume minuscule de la main, ils se resserrent, ils vous agrippent. Il ne vous voit pas vraiment, mais on sent une présence si intense qu’on a l’impression qu’il vous suit des yeux. Il vient d’être lavé et il sent bon, je le prends dans mes bras et je fais bien attention à soutenir sa tête car il ne sait pas encore la tenir tout seul. Je parle de Dieu, c’est Dieu dans mes bras, Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu avec moi, Dieu avec vous. Il a besoin de moi pour l’habiller, bien le couvrir, le nourrir, lui parler, lui donner de la tendresse. C’est inimaginable !

Quelle autre preuve faut-il aux hommes pour croire en la Bonne Nouvelle, pour croire qu’elle est authentique, qu’elle est radicalement nouvelle ? Mais l’accepter c’est renoncer à nos jugements de valeur, c’est même les inverser : il n’y aura plus d’autre hiérarchie qu’une hiérarchie inverse, le plus faible, c’est le plus fort, le plus grand, c’est le plus petit, le dernier, c’est le premier, le maître c’est celui qui sert. Le coup de la Nativité, aucun homme n’aurait pu l’inventer ! Dieu est absolument inimaginable.

Alors, nous avons un petit mois pour nous préparer à cette joie, et laisser monter en nous l’espérance. Si Dieu est venu sous les traits d’un bébé, faisons lui confiance pour la surprise qu’il nous prépare quand il se manifestera en plénitude ! Amen ! 

Les bonus : (5496) Filioque : le Saint Esprit procède-t-il du Père et du Fils ? débat avec le père Menas, orthodoxe / – YouTube

(5496) Alat penjepitan kayu // woodworking tips #woodworking #tipsandtricks – YouTube

Lundi 1er décembre 2025 Cieux en vue !

Lecture du livre du prophète Isaïe : « Ce jour-là, le Germe que fera grandir le Seigneur sera l’honneur et la gloire des rescapés d’Israël, le Fruit de la terre sera leur fierté et leur splendeur. Alors, ceux qui seront restés dans Sion, les survivants de Jérusalem, seront appelés saints : tous seront inscrits à Jérusalem pour y vivre. … le Seigneur créera une nuée pendant le jour et, pendant la nuit, une fumée avec un feu de flammes éclatantes. Et au-dessus de tout, comme un dais, la gloire du Seigneur : elle sera, contre la chaleur du jour, l’ombre d’une hutte, un refuge, un abri contre l’orage et la pluie. »

De l’évangile selon saint Matthieu : « Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole
et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité,
j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. »

Dans l’esprit du peuple juif les ” jours du Messie ” devaient apporter essentiellement deux choses : la fin de l’oppression romaine, qui venait de se traduire par la réduction de la Judée à l’état de province d’empire ; un nouveau partage des terres fournissant à chacun trois lopins : l’un sur les hauteurs où il fait bon l’été ; le deuxième dans la plaine de Jaffa, la plus fertile, occupée aujourd’hui par les Israéliens ; le troisième enfin, dans la vallée du Jourdain, qui achève sa course vers la mer Morte à quatre cents mètres au-dessous du niveau de la Méditerranée, dans une chaleur insupportable l’été, mais agréable l’hiver. On disposerait ainsi de trois résidences, que l’on occuperait selon la saison dans la paix, le soleil et les joies tranquilles d’une harmonie sociale définitive. Quant à la nourriture, si elle ne sortait pas des champs, elle tomberait comme autrefois du ciel, sous la forme classique de la manne. Le Messie serait une sorte de roi victorieux, invincible, écrasant les souverains indignes, expulsant le réprouvé et donnant à l’élu, tout de suite, là, sans attendre, tout ce qu’un coeur prisonnier peut désirer : la liberté, un peu de terre pour vivre, et pour mourir.

Petit à petit l’espérance a été de moins en moins matérialiste. Jésus le Christ dont nous préparons l’anniversaire de la naissance sur terre promet qu’à l’instar du centurion de l’évangile, «  beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. » Les Cieux c’est la compagnie de Jésus, sa Présence en nous et à nos côtés. Elle sera en plénitude de l’autre côté de la mort, nous l’espérons. Pour le moment, nous en avons un avant-gout. Je suis toujours très touché par les expressions des personnes qui traversent une grande souffrance. J’avais béni le mariage d’un jeune couple. J’apprends quelques années après qu’e lui s’est donné la mort. Ce jour-là elle a tout perdu : son mari, la maison qu’ils construisaient et le bébé qu’elle portait depuis un mois. Quelques semaines après les obsèques, elle m’écrivait : « Ce n’est pas sous une froide pierre que nous retrouvons ceux que la mort nous a pris mais c’est par la prière qu’un jour au Ciel nous serons réunis. » J’ai eu la joie de bénir son deuxième mariage quelques années après.

Un jour, je reçois le coup de téléphone d’un monsieur qui m’annonce une nouvelle dramatique : leur fils de 42 ans qui est médecin vient de mourir au cours d’une plongée sous-marine au large des Antilles Britanniques ; ce papa qui avec son épouse espérait bien pouvoir compter sur leur fils à l’âge où les forces diminuer m’a dit : « Il sortait des fonds glauques de l’océan pour jaillir dans la lumière. J’y vois un symbole, il a, j’espère, jailli dans la Lumière de Dieu ».

Une grand-mère qui accompagnait sa petite fille de 8 ans vers le baptême pour un temps de préparation avec d’autres enfants et d’autres parents, se présente quand arrive son tour, en nous disant le drame de sa vie : il y  a quelques années, sa fille est morte à la suite d’un accident de voiture. Grièvement brulée, elle a été transportée à Paris mais on n’a pas pu la sauver. Et elle dit : « Parfois on se demande si le Ciel existe ». Comme nous sommes peu nombreux à cette réunion d’adultes pendant que les enfants travaillent de leurs côtés, il me vient de lui raconter le témoignage d’une paroissienne qui m’avait frappé. A l’âge de 70 ans, Marie perd son époux. Quelques jours après les obsèques, elle s’adresse à lui : « Auguste, maintenant que tu vois les choses d’en haut, j’aimerais te demander une faveur. Tu sais que j’ai perdu mon alliance. Tu sais combien mon alliance me manquait quand tu étais là. Maintenant que tu es parti, elle me manque encore plus. S’il te plait, aide-moi à la retrouver. » Elle se sent poussée à aller au jardin. Au premier coup de pioche, l’alliance sort de terre. Le récit de ce témoignage laissait le temps à la grand-mère de la petite Rosine de se remémorer. Elle nous a alors dit : « Pour moi le signe du Ciel, c’est que pendant un an après la mort de ma fille je rêvais à elle ; elle était très belle et toujours entourée de lumière ».

Merci au Seigneur : il est vraiment le Dieu de toute consolation et il nous donne des signes du Royaume des Cieux que nous préparons.

Les bonus : (5698) LES PROPHÉTIES ANNONÇANT LE MESSIE / RICHARD HARVEY / FESTIVAL 1000 RAISONS DE CROIRE – YouTube

The Shroud of Turin — A Face Revealed