Jeudi 30 avril 2026 Envoyés ça change tout !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 13, 16-20) : «Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi : « Amen, amen, je vous le dis :
un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. Ce n’est pas de vous tous que je parle. Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis,
mais il faut que s’accomplisse l’Écriture : Celui qui mange le pain avec moi
m’a frappé du talon. Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS. Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »

L’importance d’être envoyé ! ENVOYES ! Dans le tout petit évangile de ce jeudi de la 4° semaine du Temps Pascal, le mot est répété quatre fois par Jésus. Cinq si on ajoute l’expression équivalente (du côté de l’ « expéditeur »…) : « c’est moi qui vous ai choisis ». 

Nous trouvons de multiples exemples dans les films ou la vraie vie …

Par exemple dans « il faut sauver le soldat Ryan », les soldats du commando américain envoyé en Normandie tout de suite après le débarquement vont accomplir des prouesses incroyables simplement parce qu’ils sont en mission.

Nelson Mandela aurait pu sortir de sa prison ; on le lui a proposé ; mais il se savait missionné pour son peuple ; son œuvre débordait sa personne. Il a renoncé à une vie normale d'homme marié par amour pour son peuple. Personne ne peut être réellement libre si quelqu'un reste prisonnier. S'il voulait, lui, être libre, il fallait qu'il oeuvre à la libération de tous les Sud-Africains, blancs et noirs. Il a écrit dans The Long Walk to Freedom (" La longue route vers la liberté ") : De cette manière, mon engagement envers mon peuple les millions de Sud-Africains que je ne connaîtrai et ne verrai jamais, se faisant aux dépens des gens que je connaissais le mieux et aimais le plus. C'était aussi simple et aussi incompréhensible que la question d'un enfant à son père : " Pourquoi est-ce que tu ne peux pas rester avec nous ? " Et le père doit répondre avec ces mots terribles : " Il y a d'autres enfants comme toi, un tas d'autres enfants... " et sa voix faiblit. J'ai découvert que je ne pouvais profiter de la pauvre liberté limitée qu'on m'octroyait tant que je savais que mon peuple n'était pas libre. La liberté ne se divise pas ; les chaînes d'un seul membre de mon peuple étaient les chaînes de tout mon peuple, et les chaînes de mon peuple étaient mes propres chaînes.

Guillaumet, as de l’aviation, pionnier de l’aéropostale : son avion a crashé dans la Cordillères des Andes. Il va marcher des jours et des jours dans le froid glacial en pensant à son épouse « elle pense que je suis vivant ; donc elle sait que je marche ; pour elle je continue" ; il aura les pieds gelés mais il s’en sortira et aura cette parole célèbre : « ce que j'ai fait, aucune bête au monde ne l’aurait fait ».

Un Père jésuite vietnamien raconte qu’en 1975, il terminait ses études à Rome. Sachant que dans son pays, les communistes étaient sur le point de prendre le pouvoir et que les chrétiens allaient subir immédiatement une persécution horrible, il va trouver le Général de la Compagnie jésuite, le Père Pedro Arrupe pour lui demander d’être envoyé au Vietnam. Celui-ci refuse catégoriquement. Mais le lendemain, le Père Arrupe lui intime l’ordre d’y aller en lui disant : « sachez que ce n’est pas parce que vous avez insisté mais parce que c’est une décision qui vient d’En-Haut ». Le jeune jésuite part au Vietnam au moment où les Américains s’enfuient du pays. Il va être fait prisonnier très vite et envoyé dans un camp de rééducation très dur. Il célèbre la messe  chaque nuit après une dure journée de travail, en haut de leur lit à étages, juste sous les tôles brûlantes du toit de la cabane, couché, l’autel étant sa poitrine… Il tiendra le coup, parce qu’il peut se dire chaque jour : « ce n’est pas moi qui me suis donné cette mission, je suis envoyé. »

C'est la grâce du sacrement de mariage. Le mariage c'est une histoire d'amour reliée à Dieu, par Dieu, pour Dieu. Une histoire d’amour reliée à Dieu de toute éternité de par la succession des générations, et parce que lui-même est l’amour par lequel nous aimons. C'est une histoire d'amour reliée PAR Dieu comme le feu soude deux métaux, comme une greffe unit deux arbres. C’est aussi une histoire d'amour reliée POUR Dieu : les mariés savent qu'ils sont pour Dieu, qu’ils sont envoyés en mission, la mission de représenter Dieu Trinité d'Amour et son Alliance nouvelle et éternelle avec l'Eglise son Epouse mystique, la Mission surtout de le rendre présent. Quand vous savez cela, vous avez ce genre de témoignages : Un couple fêtait leurs noces de platine, 70 ans de mariage ! 94 ans le mari, 91 ans sa petite femme. Un journaliste s’approche du mari et lui crie à l’oreille : « En 70 ans de mariage, vous n’avez jamais pensé au divorce ? » Malicieusement, le jubilaire lui répond : « Le divorce, non. Mais le meurtre, oui et même plusieurs fois ».  Le divorce n’était pas au programme. Aimer en patientant, en apprenant à pardonner, aimer en étant inventif, oui. L’amour n’est pas seulement sentiment mais serment. Nelson Mandela disait : « Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends. » De savoir que nous sommes à tel endroit, dans telle vocation, dans tel apostolat, dans telle situation parce que Dieu nous y a envoyés, cela donne une liberté intérieure et un courage démultipliés. 

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Vendredi 1er mai 2026 Les métiers de Dieu

De l’évangile selon saint Jean : « L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat. Jésus leur déclara : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. » C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu. Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement.

Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. Il lui montrera des œuvres plus grandes encore, si bien que vous serez dans l’étonnement. »

Ce passage d’évangile n’a pas été retenu par la liturgie ni pour le 19 mars ni pour le 1er mai fête de saint Joseph travailleur. C’est dommage. Nous venons d’entendre la parabole de saint Joseph dans le chapitre 5 de l’évangile selon saint Jean.

« Il fait quoi, ton père, comme métier ? » C’est la question classique que les enfants se posent à chaque rentrée des classes. Mais si l’un d’entre eux me demandait quel est le métier de Dieu le Père, je répondrais sans hésiter : « Moi, mon Père, ou plutôt, nous, notre Père, c’est le plus fort : il fait tous les métiers du monde ! » Dieu est le plus grand travailleur de l’univers. Il est à la fois artiste et artisan. À la manière d’un potier, il a « moulé la terre ». Pour faire l’homme, il a pris la glaise du sol et a « modelé » son corps. Il a «drapé» les cieux de nuées comme un tisserand. À la manière d’un architecte ou d’un géomètre, il a fait l’univers avec précision et sagesse : « Mais tu as tout réglé avec mesure, nombre et poids. »  Pour nourrir son peuple au désert, il a mis la main à la pâte. Il s’est fait boulanger et a envoyé la manne. Il s’est même fait chasseur pour Israël en tirant des cailles ! Ce grand roi est aussi un berger qui prend soin de son troupeau et le protège des bêtes sauvages. Dieu le Père apparaît, dans les paraboles de Jésus, comme un vigneron attentionné qui ne délaisse pas sa vigne et va jusqu’à envoyer son Fils pour la garder. Dieu le Père, en effet, n’est pas le seul au boulot : « Mon Père travaille toujours, et moi aussi, je travaille. »

Dieu est à l’œuvre dans sa création, sans cesse en travail. Il ne ménage pas sa peine pour faire notre bonheur et nous ramener à lui. Et nous qui, dans nos déserts, murmurions contre lui ! Nous qui le pensions indifférent à nos épreuves, lointain, inactif, en vacances.

Et maintenant contemplons ce paisible atelier de Nazareth. Une agréable odeur de sciure de bois envahit mon être. Admirable ambiance où se mêlent tout à la fois ordre, travail, joie et efficacité ! Dans un coin, des planches de bois classées par essence. Dans un autre, des madriers dressés, prêts à être débités, associés à de belles poutres empilées avec autant d'art que d'amour. 

Ce bois si bien rangé témoigne de l'amour du travail bien fait, un véritable respect de la matière.

De la poussière de bois jonche le sol telle de la mousse sous un chêne. 

Le bois, c'est aussi un cadeau de la nature. Joseph s'y connait en bois ! Les durs, les tendres, les bois noueux, épineux, ... Ceux-ci lui font parfois penser à telle ou telle personne.

Le bois peut être apparenté à la vertu de souplesse ou de politesse. 
Ainsi de quel bois suis-je fait ? Selon les humeurs suis-je dur, tendre, épineux, noueux ? Suis-je toujours dans la résistance face à mon environnement ? Est-ce que je suis prêt à me laisser polir par la vie, par les échanges avec les autres ? Est-ce que j'accepte de me laisser sculpter par d'autres et en particulier par la main du noble artisan de Nazareth ? 

Les compagnons de l’atelier : L'atelier de Saint Joseph est un lieu de consultation, nombreux sont ceux qui viennent y recueillir un avis, un conseil, y discerner une orientation. 

Saint Joseph est toujours disponible pour écouter ceux qui frappent à sa porte. En général et sauf exception, il reçoit en tête à tête, rarement plus d'un visiteur dans l'Atelier. Jésus qui travaille avec Saint Joseph est toujours présent. Saint Joseph sait que Jésus a l'oreille discrète et émet souvent de judicieux conseils. 

Quand la situation est particulièrement complexe, Saint Joseph demande alors un avis à Jésus. Parfois, il lui arrive aussi d'aller chercher Marie. Ils forment ainsi un conseil de famille. Saint Joseph résume la situation du visiteur, celui-ci peut, le cas échéant, compléter ; puis Marie et Jésus après avoir pris un temps de prière silencieux partagent ce qui leur vient sur le cœur. L'un ou l'autre a souvent une motion intérieure, une parole de connaissance ou de prophétie qui débloque la situation.

A force de bien conseiller, cela a fini par se savoir ; si bien que beaucoup se rendent dans l'Atelier comme on se rend dans un sanctuaire pour y recevoir des grâces de salut.

Les compagnons de Saint Joseph et la vertu de l'amitié. Quelle joie d'être reçu dans l'Atelier de Saint Joseph, c'est un vrai privilège que d'être reçu par la père adoptif de Jésus ! De pouvoir parler avec lui, lui confier nos soucis mais aussi lui partager nos joies. En nous recevant ainsi, Saint Joseph nous montre le chemin à suivre pour faire de notre propre travail, de notre bureau, un Atelier béni pour tous les visiteurs qui frapperont à notre porte !

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Samedi 2 mai 2026 Portait craché

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 14, 7-14) : « En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »

Jésus nous dit :  « Celui qui m’a vu a vu le Père … je suis dans le Père et le Père est en moi ! »

Dans le livre de la Genèse est inscrite une révélation extraordinaire : L'homme et la femme sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu ! quand on voit à l’œuvre un artiste ou un architecte , ou un artisan, on a une évocation de Dieu créateur. Quand on voit un couple qui s’aime, on a une idée de la Sainte Trinité, quand on voit une religieuse on a une idée du dévouement du Seigneur et du mystère du Dieu Epoux. Quand on rencontre un prêtre, on a une parabole de Dieu Berger, etc etc.  Mais alors quelle est la différence avec Jésus qui dit : « Qui me voit voit le Père » ?

Une petite préposition … une seule petite lettre avec un accent grave : il ne s’agit même pas d’une consonne, mais d’une petite voyelle : saint Paul dans son Épître aux Colossiens (1,15) dit que « le Christ est l'image du Dieu invisible. »

Chacun est à l'image de Dieu. Jésus, lui, est «  l'image de Dieu. »  Sans préposition .

« Être à l'image de Dieu », c'est non seulement le représenter, donner une idée, une approximation de ce qu'est  Dieu, mais le rendre présent d'une certaine façon .

Jésus est « l'image de Dieu » parce qu'il rend visible son Père. L'épître aux Hébreux dit qu'il est le « resplendissement de sa gloire, l'effigie de sa substance » (He 1,3). Saint Paul ajoute : « En lui réside corporellement la plénitude de la divinité » (Col 2,9). Saint Jean dit qu'il est « l’exégète » du Père : « Dieu, personne ne l'a jamais vu. Mais Celui qui est éternellement tourné vers Le Sein du Père est venu nous le raconter. » (Jn 1,18)  Bref, les apôtres ne savent pas quelles expressions employer pour dire l'incroyable. Saint Irénée a cette formule un peu compliquée : « Le Père s'est montré par le Verbe en personne devenu visible et palpable... Tous ont vu le Père dans le Fils. Car ce qui était l’invisible du Fils était le Père, et le visible du Père était le Fils. »

Un de mes professeurs de théologie, le Père Gustave Martelet, expliquant cette différence entre le Christ et les autres hommes, disait : « Le Premier-né de toute créature, c'est le Christ. Le commencement, c'est le Christ. Le Premier de la série, c'est Le Christ. L'Alpha, (première lettre de l'alphabet grec) c'est le Christ. Ce n'est pas Adam. » Et il ajoutait : « Adam n'est que  alpha ’ (alpha prime) » ...  Un étudiant malicieux a apporté une correction en disant : « Il vaudrait mieux dire que « Adam est Bêta. »  (C'est la deuxième lettre de l'alphabet et cela signifie aussi : un peu sot). »

Le prototype, le standard, c'est Jésus. Nous sommes à l'image de l'Image de Dieu.

Jésus nous demande d’invoquer son Nom quand nous prions. Du coup, toutes  les oraisons de la liturgie sont présentées au Père « par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen » Le Parcours Alpha nous apprend à utiliser la formule plus systématiquement dès que nous prions personnellement ou dès que quelqu’un nous demande de prier pour lui : « Père accorde cette grâce à mon frère. Par le sang que Jésus a versé pour lui. Au nom de Jésus ton Fils et notre Frère. Par Jésus Notre Seigneur. Amen ».

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3 mai 2026 5° Pâques année A

Frères et sœurs, que veut nous dire Jésus quand il dit « Je suis la vérité » ? Est-ce que cela signifie qu’il sait tout sur tout ? Jésus serait le meilleur poète, le meilleur océanographe, le meilleur marin, le meilleur paléontologue, le meilleur historien, le meilleur mathématicien…  ?  Il avoue qu’il ne sait pas tout : « Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. » (Mt 24, 36) Dans son tout petit livre qui est un chef d’œuvre, « L’homme qui marche », Christian Bobin écrit : « Il dit qu’il est la vérité. C’est la parole la plus humble qui soit. L’orgueil serait de dire : la vérité, je l’ai. Je la détiens, je l’ai mise dans l’écrin d’une formule. La vérité n’est pas une idée mais une présence. Rien n’est présent que l’amour. La vérité, il l’est par son souffle, par sa voix, […] »

En quel sens Jésus est-il la vérité ?

Qu’est-ce que la vérité ?

            Nous pouvons connaître l'homme de plusieurs manières.

            Il y a une vérité scientifique sur l'homme. Mais elle est partielle, jamais définitive, en constante évolution. C'est une vérité très séduisante car elle donne un pouvoir à l'homme et l'homme aime le pouvoir au point de le préférer à la vérité.  Or la science fait le tour de l'homme mais n'y pénètre pas. 

            Il y a la vérité affective. Je connais une personne à travers l'amour que je lui porte. J'attends sa bonté qui est comme un absolu pour moi. La vérité affective vient de l'intérieur. Elle est à rechercher mais souvent elle fait confondre vérité et sincérité ; or, ce n'est pas la même chose. On peut être très sincère et être dans le faux.

            Il y a aussi une vérité artistique de l'homme. La sculpture, la peinture, la musique, le théâtre, le cinéma peuvent dire des choses très vraies.

            Ce qui fait problème, c'est surtout la vérité morale. Or la morale répond à l'exigence du bonheur. La vérité, dans ce cas-là, c'est la conformité entre un choix précis et une intention profonde qui va m'épanouir.

Les savants parlent aussi d'une connaissance métaphysique de l'homme. La vérité métaphysique c'est la conformité de l'intelligence à ce qui est. On découvre que chaque homme est une personne qui a premièrement une autonomie et deuxièmement une finalité propre. L'être humain est fait pour l'absolu. Il ne peut trouver sa joie que dans une union à l'absolu. Luc Ferry dit que « nous sommes des êtres d’artifice. Il fait la comparaison avec son chat auquel il suffit de dormir 10h par jour et d’avoir de l’eau et des croquettes, alors que l’homme est insatiable, toujours à la recherche de plus, de mieux, de meilleur,  de davantage. Dans cette recherche, il peut s’aliéner (aujourd’hui on parle beaucoup d’addictions). S'aliéner c'est dépendre de ce qui est moins que soi. Mais si je dépends de ma source, de l'Absolu, je me dilate, je m'enrichis. A ce niveau, La Vérité c'est une personne. Ce n'est ni une construction de l'esprit, ni une conception du monde, ni même une morale. La vérité n'est pas une idée. Elle est une personne concrète. Une personne qui n'est pas venue nous dire : « Je sais la vérité, je vous l'apporte »  mais «  Je suis la Vérité ».

Quand un jeune est ordonné prêtre, quand une fille ou un garçon fait sa profession religieuse, au cours de la cérémonie, il s’allonge par terre, à plat ventre. Beaucoup disent : « Moi je ne pourrais pas. » Ce n’est pourtant pas difficile au point de vue physique, c’est moins fatigant que le saut en hauteur ou en longueur... C’est un saut en profondeur. La difficulté est purement morale. S’agenouiller, se mettre à plat ventre... c’est solliciter le secours de Dieu, s’incliner devant lui, au lieu de courir après son ego. Il s’agit de s’agenouiller… parce que le problème du chrétien devant la Vérité n’est pas de la découvrir mais de lui ressembler.

La Vérité, c’était le souci lancinant de saint Jean Paul II. Ce souci est le soubassement de l'encyclique « La splendeur de la Vérité », mais il était comme « le liant » de toute sa vie et sa personnalité. A preuve l'anecdote suivante rapportée par André Frossard : « Je lui ai posé la question suivante l'autre jour : « Saint Père, si vous n'aviez qu'une seule parole de l'Évangile à nous transmettre, quelle serait cette parole ? » - Il n'a même pas eu le temps de réfléchir pour me répondre : « La vérité vous rendra libre » - Je pensais qu'il m'aurait dit : « Aimez-vous les uns les autres... - Non : « La vérité vous rendra libre... ».

Au chapitre 6 de la Lettre aux Ephésiens, Saint Paul nous décrit la panoplie du parfait chrétien : le casque du salut, le bouclier de la foi, le glaive de la Parole, les chaussures pour partir annoncer l’évangile. Savez-vous où est la Vérité ? C’est la ceinture. Au séminaire, un ami dessinateur avait démontré avec humour que tout réside dans la Vérité. Si on coupe la ceinture, le pantalon tombe. Le croyant voulant le retenir doit laisser tomber le bouclier et tout le reste. Rétablir la vérité, la défendre c’est l’un de nos grands défis.

Mes deux grands pères étaient nés avec le XXème siècle. Ils étaient agriculteurs sans tracteur. Avant de faner leurs prés, ils descendaient dans le midi en fauchaison. Ils partaient pendant plusieurs semaines avec pour seul bagage leur faulx. Ils n’oubliaient pas non plus de prendre une ceinture de laine autour des reins. Elle les protégeait des lumbagos. La Vérité est ce qui nous fait tenir debout.

Amen !

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4 mai 2026 Dieu en nous.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 14, 21-26) : « En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples : « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ;
moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. » Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? » Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas
ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.
»

« Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. »

Dieu en nous ! Quand on y pense,  c’est incroyable ! Cependant même en dehors de la Révélation biblique, l’homme en a eu l’intuition.  Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette. Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci :

  • « Enterrons la divinité de l'homme dans la terre. »
  • Mais Brahma répondit : « Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera. »
  • Alors les dieux répliquèrent : « Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans. »
  • Mais Brahma répondit à nouveau : « Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface. »
  • Alors les dieux conclurent : « Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour. »
  • Alors Brahma dit : « Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher. »

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

Cette intuition est confirmée par la Révélation avec la notion de création. Cette création suppose une présence de Dieu au plus intime de chaque chose pour lui donner l'existence. Car l'existence est comme la lumière : on ne la met pas dans un coffre, on la reçoit à tout instant. C'est donc à chaque instant que Dieu nous donne l’existence ainsi qu'à tout l'univers. On appelle cette action permanente de Dieu la « présence d'immensité », parce qu'elle n'a pas de limite. Dieu est Vie, plénitude de Vie. Il est présent dans la vie minérale, mais il est plus présent dans la vie végétale, encore plus dans la vie animale, plus encore dans la vie physique de l'homme, bien plus encore dans la vie personnelle, consciente et libre. Mais alors, quelle est alors la différence entre toute personne humaine et un baptisé ? Toute personne dès sa conception, est reliée à Dieu pour le lien de création. Le baptisé est relié à chacune des Personnes de la Sainte Trinité. Je suis le fils du Père, je suis le frère de Jésus, je suis le Temple du Seigneur Esprit-Saint.

Une « enfandise » : Gwenaëlle est institutrice dans la maternelle d'une école hors contrat. Ce jour-là, elle explique aux enfants que Jésus est dans notre coeur depuis notre baptême... Un moment après, elle voit Pierre-Louis, quatre ans, pleurer à grosses larmes. Elle lui demande ce qui se passe. Il répond : « C'est parce que je cours trop vite »... Ne comprenant pas le lien avec ses pleurs, elle ne sait pas trop quoi lui dire. Elle essaie de le consoler. Mais Pierre-Louis continue de sangloter. « Qu'y a-t-il qui ne va pas ? » Et il répond de nouveau : « Je cours trop vite... » Gwenaëlle n'arrive pas à comprendre pourquoi le fait de courir trop vite suscite tant de chagrin. Mais, étant sûr maintenant que la clef du mystère se cache sous cette expression, elle prend une troisième fois Pierre-Louis pour bien l'écouter... Et le petit garçon finit par expliquer que s'il court trop vite, Jésus qui est dans son coeur risque de perdre l'équilibre et de tomber. Mais une petite Aurélie qui a quelques mois de plus que Pierre-Louis le prend par l'épaule et lui dit : « Mais Jésus, il s'accroche »...

Petit Pierre-Louis, nous aimerions bien avoir une foi aussi grande que la tienne qui nous ferait pleurer de peur de perdre Jésus... Merci pour toutes les petites Aurélie qui nous rappellent que Jésus tient tellement à nous qu'il ne nous quitte jamais même quand nous ne lui laissons qu'une toute petite place.

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