Ascension 29 mai 2025

Frères et soeurs, est-ce qu’il est important de savoir si le Ciel existe ou non ? On a accusé les chrétiens d’avoir inventé l’au-delà pour faire supporter aux hommes leurs malheurs. Le Ciel ne serait qu’une espèce de rêve pour s’évader, une espèce d’opium pour avoir moins mal.
On peut faire remarquer qu’on n’a pas attendu les chrétiens pour croire au Ciel. Pour les paléontologues — qui étudient les fossiles pour reconstituer l’évolution de l’homme — le critère pour dire qu’il s’agit d’un homo sapiens et non d’un animal, c’est que cet individu a reçu une sépulture. Les animaux n’enterrent pas leurs morts.

Jésus nous éclaire par une toute petite image, très simple, à la portée de tous, mais qui nous ouvre à l’espérance de cette fête de l’Ascension. Il nous suggère de penser à la graine semée
Des égyptologues ont raconté comment ils étaient parvenus à la chambre funéraire d’un pharaon à travers le labyrinthe des galeries. Quand enfin ils ont découvert la momie vieille de 4000 ans, ils ont eu la surprise de trouver autour d’elle des amphores qui avaient contenu de la nourriture : signe que cette civilisation croyait en une survie de la personne. Deuxième grande surprise : une de ces amphores contenait des grains de blé, parfaitement conservés dans des conditions atmosphériques idéales et à l’abri de tous les animaux. Curieux, ils ont semé ces grains vieux de 4000 ans ! Ils ont germé et poussé jusqu’à la moisson. J’avais raconté cette histoire pour une homélie d’enterrement à Yssingeaux un mercredi après midi. Le lendemain, jeudi, jour de marché, j’étais à mon bureau. On sonne. Je vais ouvrir. Une dame arrive avec un petit paquet dans la main et me dit :  J’étais hier à la messe d’enterrement. Je vous ai entendu prêcher. Tenez : vous goûterez le pain fait avec les grains de blé trouvés dans les tombeaux des Egyptiens. C’est le blé kamut. 

Savez-vous quel est le plus gros être vivant qui existe actuellement et certainement le plus gros être vivant de tous les temps ? C’est le séquoia. Il s’agit d’un conifère originaire de Californie qui peut atteindre jusqu’à cent cinquante mètres de hauteur, et vivre plus de trois mille ans. Un séquoia adulte pèse des centaines de tonnes. C’est plus lourd qu’une baleine, et bien plus lourd qu’un dinosaure. Eh bien, la graine de séquoia est moins grosse qu’un grain de riz c’est-à-dire que toute l’information qui commande la formation, la croissance, les particularités du plus gros des êtres vivants que la terre ait porté est miniaturisée dans une toute petite semence.
Cette image de la graine nous fait comprendre plusieurs choses :
1. Tout d’abord, nous avons chacun, en nous, une force qui nous fera passer bien plus de 4000 ans, l’éternité !
2. Nous paraissons tout petits mais nous sommes précieux aux yeux d’un jardinier plein d’amour.
2. Troisièmement, si l’on nous donnait une graine inconnue en nous demandant de dessiner le résultat de sa germination, nous en serions incapables. Mais par contre nous savons qu’un pépin de pomme n’a jamais donné un épi de blé, qu’un bulbe de dahlia n’a jamais donné un plant de pomme de terre, qu’une graine de salade n’a jamais donné un chou, qu’un noyau de cerise n’a jamais donné un prunier. Cela signifie que chacun de nous est un et unique. Un : on ne peut pas séparer le corps et l’âme. Au Ciel nous nous reconnaîtrons. Sous quelle forme ? Nous n’en savons rien. Mais nous ne perdrons pas notre personnalité. Nous nous reconnaîtrons.
On peut dire la conséquence de tout cela en poursuivant l’image.
Un grand-père racontait un jour à son petit-fils que rien n’est plus beau qu’un arbre. «  –  Regarde, regarde les arbres comme ils travaillent.  –  Qu’est-ce qu’ils font grand-père ?   –  Ils rattachent la terre au ciel. Et cela, c’est très difficile. Regarde ce tronc rugueux, tu vois. C’est comme une grosse corde. Il y a même des n uds dedans. Mais à chaque bout, les fils de la corde se desserrent et s’élargissent pour s’accrocher au ciel et à la terre. On les appelle des branches en haut et des racines en bas. Mais c’est la même chose. Les racines cherchent leur chemin dans le sol de la même manière que les branches cherchent leur chemin dans le ciel.   –  Mais, grand-père, c’est plus difficile d’entrer dans le sol que dans le ciel !   –  Eh non ! mon fils. Si c’était vrai, les branches seraient droites. Et vois comment elles sont tordues sur le vieux pommier ! Elles doivent aussi chercher leur chemin. Elles poussent. Elles changent de direction. Elles ont parfois bien plus de mal que les racines.  –  Et qu’est-ce qui leur donne tout ce mal, grand-père ?. — C’est le vent. Le vent voudrait séparer le ciel et la terre. Les arbres tiennent bon. Mais c’est une sacrée bataille. » 
Il n’y a pas, hélas, que le Vent du Saint-Esprit. D’autres vents cherchent à nous détacher du Ciel.
Planter ses branches dans le Ciel, est-ce que ce n’est pas perdre du temps ? Est-ce que cela ne nous empêche pas de nous occuper des choses sérieuses de la terre ? Le concile Vatican II a cette belle expression : « le message chrétien ne détourne pas les hommes de la construction du monde et ne les incite pas à se désintéresser du sort de leurs semblables : il leur en fait au contraire un devoir plus pressant. » 
Mais ce devoir est plus simple parce qu’il a alors tout son sens, c’est à dire à la fois sa direction et sa signification. Le Ciel c’est le Bon Sens.
L’Ascension ne dévalue pas le sérieux des tâches humaines, mais elle nous dit que notre but est ailleurs et que si nous voulons avoir les pieds sur terre, il faudrait bien avoir un peu la tête au ciel.
Amen !

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Thomas Guénolé vs Olivier Bonnassies : Avons-nous des preuves de l’existence de Dieu ?

Vendredi 30 mai 2025 en gestation

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 16, 20-23a) : «En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

            Jésus nous invite à comparer le temps que nous passons sur terre aux neuf mois que nous passons dans le ventre de notre mère. Si nous pouvions interviewer un bébé à ce moment-là, il nous ferait part d’un bien-être, de questions, et d’une angoisse : qu’y a-t-il de l’autre côté ?

            Un bien-être : il est heureux comme un poisson dans l’eau. Il entend battre le cœur de sa maman. Il est rassuré par ses caresses. Il est sensible à la voix grave de son papa. Mais des questions lui viennent à l’esprit : pourquoi lui pousse-t-il des membres ? Pourquoi des jambes puisqu’il peut de moins en moins faire des galipettes et qu’il n’a pas à marcher puisqu’il est porté ? Pourquoi des mains puisqu’à part sucer son pouce, il n’a rien à saisir ? Pourquoi une bouche puisqu’il est nourri par le cordon ombilical ? Pourquoi des yeux puisqu’il ne voit rien ? Pourquoi des oreilles si peu utilisées ? Une angoisse : son univers se rétrécit. Il vient de comprendre qu’il va falloir le quitter : qu’y a-t-il de l’autre côté ?

            Nous pouvons faire facilement le parallèle avec notre situation. Nous sommes heureux dans cet univers. Mais nous nous posons des questions : Pourquoi nous pousse-t-il dans le cœur des désirs d’infini, d’Absolu, de fraternité, d’Amitié, d’Amour, alors qu’ils buttent sans cesse contre nos limites, et les limites des autres ? De plus, est-ce vrai qu’il existe un au-delà et à quoi ressemble-t-il ?

            Un jour, le bébé sort du ventre maternel. De notre point de vue, il s’agit d’une naissance. Mais pour lui, c’est une mort. Il hurle de peur. Cependant, peu à peu, il découvre que cette vie intra-utérine le préparait merveilleusement bien à cette vie à la fois d’une nouveauté radicale et dans une belle continuité. Surtout, il voit enfin le visage de celle qui le portait.  Nous découvrirons que nos efforts pour dépasser nos défauts, pour aimer malgré les caractères des autres et le nôtre, tout cela nous préparait merveilleusement à cette vie de communion d’amour avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et ses milliards d’enfants. Et nous verrons enfin Celui qui nous enveloppe aujourd’hui de son Amour.

            On n’arrête pas le progrès. Avec la technique moderne, les échographies et autres, voilà que l’on a pu enregistrer un dialogue entre deux jumeaux dans le ventre de leur maman … !

– « Oh… comme c’est étroit ici ! Je n’arrive plus à bouger… Tu es devenu trop grand

– Mais non, c’est toi qui as trop grandi ! Moi je suis plutôt mince !

– Arrête de te moquer de moi ! Cela ne mène à rien ! Tout de même, tu as bien une idée de ce à quoi ça va aboutir ?

– Je n’en sais rien moi !

 – Tu ne crois donc pas qu’il y a une vie après la naissance ?

– Une vie après la naissance ? Tu y crois, toi ?

– Mais bien sûr que oui ! C’est bien le but de notre vie ici. Il faut grandir et se préparer pour qu’on devienne assez fort pour l’accouchement et pour la vie après la naissance.

– Tu es fou ? C’est complètement absurde ça, une vie après la naissance.

Et ça se passera comment là-bas ?

– Je ne sais pas trop moi. Mais de toute façon plus lumineux qu’ici. Et peut-être que nous allons être capables de marcher et de manger par la bouche, et tout le reste.

– Ouah… quelle bêtise ! Marcher, ça ne marche pas du tout ! Et manger avec la bouche, bizarre, comme idée ! Nous avons le cordon ombilical qui nous nourrit. Déjà ce cordon est trop court pour se promener avec !

– Mas si ! Bien sûr que si que c’est possible ! Evidemment il y aura des différences.

– Mais personne n’est revenu de là-bas ! Personne ! Tu as bien compris ça ? Avec la naissance, la vie se termine, un point c’est tout. D’ailleurs je trouve cette vie assez douloureuse et assez sombre.

– La naissance, ce n’est pas un point final. C’est un point à la ligne… Même si je ne sais pas trop comment cela se passera après la naissance, de toute manière on va finalement voir notre mère !

– Notre mère ? Tu y crois toi ? Elle est où notre mère ?

– Ben ici. Partout, autour de nous ! Sans elle on ne pourrait même pas vivre !

– Bah ! Je n’ai jamais rien remarqué d’une mère, donc elle n’existe pas non plus !

– Mais si. De temps en temps quand nous sommes bien tranquilles, j’entends comme une voix qui est inaccessible mais, en même temps, très proche de nous. Je pense qu’on la verra un jour. Comme il me tarde de la voir et de la connaître ! »


 

Les bonus : Débat interreligieux 2018 : Karim al-Hanifi & le Théologien Arnaud Dumouch sur la Divinité de Jesus

Samedi 31 mai 2025 Visitation Magnificat

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1, 39-56) : «En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !     Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. »

C’est la fête de la Visitation. Visitation de qui ? Visitation de Marie à Elisabeth, oui. Mais surtout Visitation de Jésus à Elisabeth par Marie. Marie nous apporte Jésus. En toutes circonstances. Ces deux femmes étaient en danger de mort, l’une à cause de son âge et de sa grossesse risquée. L’autre parce qu’elle attendait un enfant hors mariage. Et pourtant elles dansent de joie. Magnificat. Les épreuves n’ont pas manqué dans la vie de Marie. Que de contrariétés ! Que de coups au Cœur ! Et pourtant elle reste dans la Joie. Quand vous êtes étonnés, de voir certains de vos enfants ou de vos proches, sombrer pendant une période plus ou moins longue dans l’indifférence religieuse pensez à La Vierge Marie. Ne perdez pas votre temps à vous culpabiliser en vous disant : “Qu’est-ce que j’aurais pu faire pour que mes enfants se marient à l’église ?”. Pensez plutôt à la souffrance de Marie à Nazareth. Demandez-lui de vous obtenir une foi semblable à la sienne, héroïque comme la sienne. Cette foi obtient des miracles. Continuez à croire que malgré toutes les épreuves qui s’abattent sur votre couple, malgré la stérilité de votre couple, la mort brutale d’un conjoint ou d’un enfant, un licenciement économique, un divorce ou un suicide, vous réjouissez le cœur de votre Dieu et vous sauvez le monde en continuant à croire que Dieu vous aime. Vous participez alors avec Marie, au mystère inouï de la rédemption.
C’est au cœur même de ses souffrances, que Notre-Dame des Sept Douleurs est restée Notre-Dame de toute joie, il faudrait peut-être mieux dire, Notre-Dame de toute Paix pour bien montrer que cette Paix est compatible avec les épreuves terribles de l’existence.
Modèle de notre joie, Marie en est également la cause. Et cela pour deux raisons, son sourire maternel ne cesse d’être posé sur nous. Même si nous n’avons jamais vu le sourire de Marie, comme sainte Bernadette à la grotte de Massabielle, nous savons que les yeux transfigurés de Marie sont capables de regarder chacun de ses enfants, comme s’il était seul au monde, et c’est la raison pour laquelle le Carmel de Lourdes s’appelle le Carmel du sourire de Marie. Pendant quinze jours, Marie n’a pas dit son nom à Bernadette, elle s’est contentée de lui sourire, tant il est vrai que Marie décline déjà son identité lorsqu’elle se contente de poser sur chacun de nous, son merveilleux sourire de maman. “Illos tuos misericordes oculos ad nos converte” chantons-nous dans le Salve Regina. « Ô toi, notre avocate, tourne vers nous ton regard plein de bonté. » C’est vrai, Marie est toujours est là, en train de nous saluer : “Je te salue petit Pierre, je te salue Noémie, je te salue Bernard”.
Elle nous invite à découvrir comme elle qu’il est bon d’être tout petit devant Dieu et de chanter sans fin sa miséricorde pour les pauvres pécheurs pardonnés que nous sommes. Elle nous montre le chemin de la sainteté et de la joie, une joie compatible avec toutes les épreuves, les tristesses et les déceptions de votre pèlerinage sur terre.
Un jour ce pèlerinage prendra fin et ce sera la grande fiesta du royaume des cieux dont les noces de Cana ne sont que l’anticipation. Toute jalousie disparaîtra, ceux qui sont dans les tribunes ne jalouseront pas ceux qui sont dans le parterre, et ceux qui sont dans le parterre ne jalouseront pas ceux qui sont dans les tribunes. Nous serons tous, tout près de Dieu et nous nous sentirons tous enveloppés par son immense tendresse. Personne n’aura l’impression d’être moins aimé qu’un autre, nous ne rencontrerons aucun regard indifférent ou méprisant, bien au contraire nous nous rendrons tellement compte de tout ce que nous nous devons les uns les autres. Et n’oublions pas que notre corps lui-même participera à la fête comme le dit ce chant :
Pour une terre nouvelle/nous délaisserons nos tombes
et dansant à perdre haleine/avec Dieu ferons la ronde.
Ils valseront tous les boiteux/  ils parleront les silencieux.
Les faibles n’auront plus à craindre/ quand Dieu viendra les étreindre,
l’allégresse de Dieu remplit l’éternité/ et les élus joyeux ne feront que danser

Les bonus : (3713) Le texte sur la fin de vie a été voté à l’Assemblée nationale… – YouTube

l’Annonciation. a marie : 25 mars #bible #chretien #priere #marie #careme

1 juin 2025 7ème Dimanche de Pâques Année C

« Père saint, […]    Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé […]et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. »

Frères et sœurs, que fait Jésus aujourd’hui toute une sainte journée ? Et quelles conséquences pour nous ? Jésus est en prière continuellement.

Saint Jean-Paul II avait le génie des gestes qui touchent les cœurs : embrasser la terre en arrivant dans le pays, prendre un bébé dans ses bras, embrasser un enfant malade du sida, jouer avec sa canne à la manière de Charlot devant 4 millions de jeunes réunis aux JMJ de Manille. Mais ce qui frappait le plus, c’était peut-être sa façon d’entrer et de rester en prière, que ce soit dans sa chapelle privée quand on allait à sa messe au petit matin, ou devant des millions de fidèles. André Frossard a écrit : « Le Pape, agenouillé, me paraissait gigantesque. Sa pèlerine, posée sur ses larges épaules, me faisait penser à une montagne enneigée et je n’arrivais pas à concevoir comment ce géant avait pu enfiler un si petit bout de tissu … J’étais en présence d’un massif de prière. »

Le témoignage d’un Anglican cité par le Père Radcliffe quand il était Maître Général des Dominicains…On sait que la communion anglicane est blessée par de profondes divisions. Un jour, les trente-huit primats de l’Eglise anglicane se sont réunis : comment maintenir la communion ? L’archevêque de Cantorbéry, a dit ceci : « Qu’est-ce qui nous est demandé, à nous qui sommes invités dans cette fraternité ? Avant tout, de savoir que c’est le Christ qui a fait la paix. […] et notre vie repose sur ce qu’il a fait et sur rien d’autre. Notre volonté de faire la paix et d’être des témoins de paix dans le monde et dans l’Eglise ne doit donc pas être marquée par des efforts anxieux, par une volonté farouche de tout organiser, et tout de suite. Il a fait la paix par le sang de sa Croix et nous vivons dans la plénitude de ce qu’il a fait ; nous nous réchauffons à la colonne de feu qu’il a dressée chez nous, entre terre et ciel, par sa prière et son sacrifice. » Jésus est au milieu de nous la colonne de feu. Jésus est en prière continuellement et l’évangile de ce dimanche nous révèle sa prière. « Qu’ils soient un en nous ».

Quand il s’agit d’unité, il y en a certains qui sont concernés au premier chef. Il est écrit : « L’homme quittera son père et sa mère. Il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un. » Pour un couple, le bonheur c’est l’unité. Qu’est-ce que l’unité ?  Ce n’est pas l’uniformité : mêmes vêtements, même façon de parler, même façon de penser, mêmes idées. Un plaisantin disait : « Une seule chair, d’accord, mais chacun dans sa peau. » L’unité ne gomme pas les différences, au contraire   ! Un autre disait avec un brin de provocation : « On est marié pour toujours mais pas pour tout le temps »… voulant dire par là que chacun peut avoir des activités sportives ou des hobbys différents de l’autre. L’unité, ce n’est pas non plus la fusion. Un humoriste disait : « Le jour de leur mariage, les deux sont devenus un. Mais lequel ? » Une amie malicieuse dit parfois à son mari : « J’aimerais bien que de temps en temps, on fasse un peu moi »   ! Ce n’est pas l’absorption de l’un par l’autre…   ! Au cours d’un entretien en conseil conjugal, un conjoint a fait un jeu de mots involontaire mais révélateur. Amère, cette personne disait à l’autre : « Mais j’ai tout fait pour toi » Elle avait fait le maximum et en même temps, elle étouffait ». L’unité, ce n’est pas non plus la cacophonie. On a dit, pour le regretter, que parfois une famille, cela pourrait se définir comme « l’ensemble des personnes qui utilisent le même frigo ». Sous-entendu : la mère de famille remplit le réfrigérateur et il n’y a plus de repas : chacun vient se servir de ce qu’il veut quand il en a envie… Or, on sait bien que les repas, c’est plus que nourrir les corps. Ce sont des moments de communion. En fait, l’unité, c’est l’harmonie.

      Mgr Rouet, archevêque de Poitiers, a ces phrases merveilleuses au sujet du mariage : « Le mariage est une prophétie. C’est vivre à deux ce que Dieu voudrait que l’humanité vive dans son entier : une humanité « communionnelle », réconciliée, où les différences soient respectées comme source d’entente, d’enrichissement et non comme hostilité ou concurrence. Quand un homme et une femme s’aiment, leur amour a un sens pour l’humanité toute entière. » Mgr Brincard disait : « On ne juge pas de l‘unité d’un couple à l’absence de dispute mais en la capacité de réconciliation. »

L’enjeu est grand. Pourquoi ? Il circule plein de caricatures sur Dieu. Il serait un Jupiter, une force cosmique impersonnelle, un distributeur automatique, un tranquillisant, un sheriff qui demande à ses adjoints de semer la terreur auprès de tous ceux qui ne sont pas de son camp, un culpabilisateur, un marionnettiste (qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ?) etc etc….. La grâce du mariage, ce n’est pas comme un petit porte-bonheur (on ne fait pas dans la superstition). Ni une assurance tous risques (on ne fait pas dans les assurances). La grâce du sacrement de mariage c’est recevoir une Mission. Il ne faut pas se demander  « qu’est-ce que ça m’apporte » mais « Qu’est-ce que ça me fait apporter » ? » Pas  « Qu’est-ce que ça va me faire ? » mais « qu’est-ce que ça va me faire faire ? » Parce que Dieu nous sauve en nous confiant une mission. Il donne aux mariés la Mission de le représenter, d’être la Vitrine de sa Vie Trine, Père Fils et Saint-Esprit. « Qu’ils soient un en nous ».… Amen !

Les bonus : Mourir n’est pas tuer – Enquête au cœur de la fin de vie

Père Verlinde : quel est le but du mariage ? https://youtu.be/ujGZcpOIXTk

Lundi 2 juin 2025 Jamais seul.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 16, 29-33) : «En ce temps-là, les disciples de Jésus lui dirent : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. » Jésus leur répondit : « Maintenant vous croyez ! Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »

Jésus nous livre un secret. Il n’était jamais seul parce que le Père état toujours avec lui. Depuis que sa conscience d’enfant s’est éveillée jusqu’à son dernier soupir, il est en lien permanent avec son Père, son Abba, Père chéri, papa bien aimé, comme il l’appelle au plus fort de la tempête au jardin de Gethsémani, pendant ce qu’on appelle son agonie. A douze ans,  la réflexion qu’il fait  à ses parents le prouve. Quand enfin ils le retrouvent dans le Temple de Jérusalem, assis au milieu des docteurs de la Loi, il dit spontanément : « Mais pourquoi me cherchiez-vous, ne savez-vous pas que je dois être chez mon Père » ? »  et sur la croix, il accomplit sa vie en disant : « Père entre tes mains, je remets mon esprit ». C’est de ce contact qu’il tient sa Force. Et il nous offre la même grâce : « Dans le monde vous aurez à souffrir, mais courage ! Moi je suis vainqueur du monde ».

Je me rappelle cette petite anecdote : un jour Sœur Marie de la Trinité faisait visiter la chapelle de son couvent des Ursulines à Monistrol à une groupe de collégiens très peu scolaires. Elle mettait toute sa pédagogie d’enseignante à leur expliquer au mieux les symboles. Arrivés devant le maître-autel, elle leur fait remarquer la belle inscription en lettres d’or : « Dieu Seul ». – « Qu’est-ce que cela veut dire ? » – « Eh bien, lui répond un élève, cela veut dire que Dieu est tout seul ». Elle a eu un peu de mal à leur faire comprendre que c’était une des devises de leur fondatrice, Sainte Angèle Merici qui désirait ne servir que Dieu, compter seulement sur Dieu, qui pensait que seul Dieu pouvait vraiment remplir sa vie, la combler de bonheur. C’est la grâce pour tout chrétien. Parfois le Seigneur en donne des signes très forts.  Voici deux témoignages dont j’ai eu confidence.

 Un jour, je reçois une petite dame d’une soixantaine d’années que je ne connais pas et qui n’est pas de ma paroisse. Elle a pris rendez-vous la veille parce qu’un prêtre lui a conseillé d’aller parler au Père Pierre. Elle me confie un gros souci qu’elle prend le temps de m’exposer assez longuement. A son arrivée, je lui avais servi un thé et une part de galette des Rois. Nous parlons depuis une heure et quart quand la sonnerie de la porte d’entrée retentit. C’est le rendez-vous suivant. Elle venait de me dire « Il faudrait tout de même que je mange ma galette » ; donc je n’ai pas de scrupule à la laisser seule et à recevoir la personne dans un autre bureau. Quand je reviens, la part de galette est mangée mais la petite dame semble toute retournée. Elle vient de trouver la fève, un santon de la Vierge Marie, un très joli santon. Elle me dit : « Vous vous rendez compte, Père : cela fait plusieurs semaines que je demande à la Sainte Vierge de m’envoyer un signe si elle est vraiment présente dans ma vie »… ! Je lui confirme que c’est un signe fort : j’aurais pu ne pas avoir de galette à lui servir, j’aurais pu ne pas avoir l’idée de lui en offrir une part, elle aurait pu ne pas tomber sur la part qui contenait la fève, et le pâtissier aurait pu mettre une fève représentant la tortue Ninja. Je sens bien qu’elle repart rassérénée.

Une jeune maman particulièrement occupée me raconte : « J’ai eu besoin de me promener un tout petit moment sur un chemin derrière notre joli petit village hier soir après une journée “sportive” à m’occuper des enfants… Comme parfois quand je me promène seule (trop rarement) j’en profite pour parler de manière informelle au Bon Dieu. Je le remercie d’habiter le plus bel endroit du monde et de m’avoir mise là avec les gens les plus chouettes du monde aussi et puis je lui pose des questions : “vous me voyez ? On fait comme il faut ? Ce n’est pas toujours simple mais vous êtes content ? On continue à faire comme on fait ? Etc.. » En général, je n’ai pas de réponse et je me dis qu’ils sont heureux ceux qui croient sans voir. Je lui ai demandé son aide cependant. Je lui ai demandé la grâce d’être sûre qu’il m’aide. La grâce que malgré le silence (apparent) je sente son appui. Même chose à l’Eucharistie ce matin, en plus de mon traditionnel “Vide-moi de moi, remplis-moi de toi”, je me souviens d’avoir dit quelque chose comme “je veux bien faire tout ce que vous voulez, tant que j’ai votre aide.” (Je passe du vouvoiement au tutoiement, c’est selon) Et, ce soir, voilà que mon petit garçon qui était tout accaparé à ses calculs de maths, lève d’un coup la tête vers moi et me dit exactement ces mots : “L’Esprit t’aide. Jésus t’aide. L’Ange Gardien t’aide”. Texto ! Et il a rebaissé la tête, et a repris ses maths comme si de rien n’était. Je vous avoue que je suis restée bouche bée. En reprenant mes esprits, je lui demande pourquoi il m’a dit ça. Il m’a répondu “ben, parce que je t’aime”. … voilà…petite bombe mystique ou petit clin Dieu mignon, je ne sais pas. Mais j’étais scotchée. Notre Père Curé ce matin, dans son homélie de la messe des Rameaux, a exposé une idée qui m’a frappée. Je ne sais plus les mots exacts mais en gros il a dit que les gens qui souffrent et ne pensent pas ou ne savent pas offrir leur souffrance pour la gloire de Dieu sont bien malheureux. Cela rejoint l’idée de joie au cœur de la souffrance dont on parlait l’autre jour, l’importance d’accepter puis d’offrir sa souffrance; la certitude de l’espérance… »

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