Mercredi 29 avril 2026 au sujet du jugement
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 12, 44-50) : «En ce temps-là,
Jésus s’écria : « Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé ; et celui qui me voit voit Celui qui m’a envoyé. Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi
ne demeure pas dans les ténèbres. Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle, moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde,
mais le sauver. Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles
aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée : c’est elle qui le jugera au dernier jour. Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé : le Père lui-même, qui m’a envoyé, m’a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ; et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit. »
Ce dimanche-là, un prédicateur avait bâti toute son homélie, sur le fait que Jésus ne juge pas. Normal lui-même dit à ses disciples : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. » (Mt 7,1-2)
Un instant après, il lance le credo qui fait dire à toute l’assemblée : « Il viendra juger les vivants et les morts ». Conclusion : il ne faut jamais isoler une parole de Jésus du reste de l’évangile. Aujourd’hui encore nous venons d’entendre Jésus dire deux choses apparemment contradictoires: « moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver. » et tout de suite après : « Celui qui me rejette aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée : c’est elle qui le jugera au dernier jour. »
Quand la Bible nous parle du jugement de Dieu ou de la justice de Dieu, c’est très souvent pour affirmer qu’Il est un juge impartial : Il récompense les bons et punit les méchants. Le Père Bernard Bro explique que Dieu ne nous aimerait pas vraiment s’il ne prenait pas nos fautes au sérieux, s’il avait seulement pour nous de l’indulgence. Il écrit: « Nous nous faisons une idée fausse de la miséricorde, en croyant qu’elle s’achète au détriment de la vérité. Au fond, pour nous, la miséricorde évoque d’abord presque toujours l’indulgence. Serait miséricordieux celui qui n’attacherait pas trop d’importance au mal, celui qui saurait reconnaître que « ce n’est pas si grave que cela », celui qui serait disposé à oublier, « à passer l’éponge. » C'est-à-dire que, finalement, au nom d’un certain optimisme bienveillant et surtout d’une appréciation inexacte de la liberté humaine, on considère que les fautes des hommes ne méritent pas tellement d’être prises au sérieux. « Mais, cette attitude implique en fait que l’homme ne serait pas tant aimé que ça. L’opposition que nous imaginons entre justice et miséricorde vient de cette illusion. On ne devra jamais oublier que la miséricorde est une justice supérieure. .Quand on aime quelqu’un, on prend ses fautes au sérieux. Pardonner est un acte grave, ce n’est pas du tout de l’indulgence. » Un conte de Grimm raconte qu’un tailleur rusé arrive, on ne sait pas quelle astuce, à entrer au Paradis. Il y pénètre à un moment où il n'y a personne. La cour céleste était sans doute en promenade. Le petit tailleur voit le trône de Dieu, s'y assied; il voit aussi l'escabeau qui sert de marchepied au Seigneur. C'était merveilleux. Et comme il est au Paradis, du coup, il voit ce qui se passe sur la Terre. Il aperçoit alors sa voisine, une pauvre femme besogneuse, en train de voler je ne sais quoi. Le petit tailleur est saisi d'une sainte indignation de voir un spectacle si horrible quand on est au Paradis : il prend l'escabeau (celui du Psaume 110 sans doute !) et il l'envoie sur la pauvre femme sur la Terre... Juste à ce moment-là, voilà la cour céleste qui revient et le bon Dieu qui arrive avec tout le monde. Le petit tailleur, cette fois, est pris de peur d'être entré subrepticement au Paradis et il se cache le mieux qu'il peut derrière le trône. Mais l'escabeau, où est-il ? Tous le cherchent et c'est le petit tailleur que l'on découvre à la place, tout tremblant. « Que fais-tu là ? » Il explique son affaire. « Et l'escabeau, où est-il ? » Le petit tailleur raconte alors qu'ayant vu sa voisine commettre un gros péché, il lui a lancé l'escabeau sur la tête. Et les anges de lui dire : « As-tu oublié déjà que bien souvent tu comptais beaucoup plus d'étoffe qu'il n'en fallait pour les habits ? » Et Dieu lui-même, finalement, ajoute : « Et puis, si chaque fois que les gens sur terre font des bêtises, j'étais obligé de leur envoyer un escabeau sur la tête, le mobilier du ciel n'y suffirait pas ! »
Miséricordieux et juste . C’est un des apparents paradoxes de Dieu, peut-être le plus difficile pour nous. On peut le dire avec ces phrases apparemment paradoxales et pourtant très justes : « Par miséricorde, je fais justice » On peut dire aussi que Le Seigneur pardonne tout mais qu’il ne laisse rien passer. Ou le contraire : il ne laisse rien passer mais il pardonne tout. La balle es dans notre camp.
Les bonus : (8290) Ce sénateur de droite reçoit une ovation après son discours. 🥇 - YouTube