Vendredi 28 novembre 2025 Le Figuier

Jésus dit à ses disciples cette parabole : « Voyez le figuier et tous les autres arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche.  Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. » (Lc 21, 29-33)
Jésus rapproche le figuier de l’avènement du Royaume de son Père.
Voici quelques réflexions au sujet du figuier. Elles sont un peu disparates mais elles nous disent un peu que si Jésus évoque le figuier, c’est aussi parce que c’est un arbre qui aune place particulière dans la littérature biblique et la culture juive.

Une histoire juive raconte qu’un vieux rabbin demandait un jour à ses élèves à quel signe on pouvait reconnaître le moment précis où la nuit s’achève et où le jour s’instaure. – Est-ce, demandèrent les élèves, quand on peut sans peine distinguer de loin un chien d’un mouton ? – Non, dit le rabbin. – Est-ce quand on peut distinguer sans peine un dattier d’un figuier ? – Non, dit encore le rabbin. – Alors, quand donc, Maître ? – C’est lorsque, perdu dans une foule, le visage de n’importe quel inconnu vous devient aussi précieux que celui d’un père, d’une mère, d’un frère, d’une sœur, d’un fils ou d’une fille, d’un époux, d’une épouse, d’un ami… Celui à qui pareille chose n’est jamais arrivée, qu’il sache simplement ceci : il fait toujours nuit dans son cœur. Le figuier ne fait qu’annoncer le Royaume qui sera une plénitude de Communion entre le Père, le Fils, et ses milliards d’enfants.

La première mention du figuier dans la Bible est juste après que Adam et Eve aient désobéi à leur Créateur. « Ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes » (Entre parenthèse, c’est l’invention de la caisse d’épargne, prononcé à l’africaine, la caisse d’épa’gne,, la caisse des …pagnes ! »

Réflexion du Père Timothy Radcliffe : « Notre baptême nous invite donc à laisser tomber, sans peur, toutes les feuilles de figuier, à être dépouillés de tout ce qui nous donne l’illusion de notre importance, nos possessions, performances, statut et pouvoir, et à nous tenir nus devant la face de Dieu qui se  complaît en nous. Si nous acceptons d’être nus en présence de Dieu, nous allons peut-être commencer à oser nous voir les uns les autres comme nous sommes et à partager nos peurs ridicules, nos insécurités et même nos honteuses défaillances. Dans certaines Eglises, la tradition de confesser ses péchés exprime la liberté que l’on a en Christ de faire face à soi-même et à ses propres péchés en présence d’un autre qui représente l’ensemble du corps du Christ. Nous osons être nus quand nous prenons des mots pour dire notre faiblesse humiliante. Nous revendiquons notre dignité de personnes qui osent être nues devant Dieu et devant son peuple. Nous sommes soulagés de l’horrible fardeau qui consiste à nous prétendre meilleurs que ce que nous sommes. On prend le risque d’être regardé comme ridicule, comme le fit David lorsqu’il dansa presque nu devant l’arche, à la vue de sa femme qui le méprisa dans son cœur. (2 S6,16).

Le figuier nous rappelle la grâce de notre baptême.

On se souvient aussi du texte historique de Martin Luther King. Il fait mention du figuier. « […] Je fais encore le rêve, qu’un jour la guerre prendra fin, que tous les hommes transformeront leurs épées en socs de charrue et leurs lances en ébranchoirs et que les nations ne s’élèveront plus les unes contre les autres, et qu’elles n’envisageront plus jamais la guerre.  Je fais encore le rêve qu’un jour, l’agneau et le lion s’étendront l’un près de l’autre, que tous les hommes s’assoiront sous leurs treilles et leurs figuiers, et que personne n’aura plus peur. […] Je fais encore le rêve que, grâce à cette foi, nous serons capables de repousser au loin les tentations du désespoir et de jeter une nouvelle lumière sur les ténèbres du pessimisme. Oui, grâce à cette foi, nous serons capables de hâter le jour où la paix régnera sur la terre et la bonne volonté envers les hommes. Ce sera un jour merveilleux, les étoiles du matin chanteront ensemble et les fils de Dieu pousseront des cris de joie. »

Le royaume c’est la Louange éternelle, un alléluia irrépressible.

Car le rythme régulier de la louange est bien plus qu’un simple optimisme confiant que tout ira bien à la fin. Nous proclamons que dès maintenant, dans le désert le Seigneur de vie vient à nous et donne forme à notre vie. Le prophète est celui qui voit l’avenir faire irruption dans le présent. Comme le dit Habaquq : ” Car le figuier ne bourgeonnera plus ; plus rien à récolter dans les vignes. Le produit de l’olivier décevra, les champs ne donneront plus à manger (…). Mais moi je me réjouirai dans le Seigneur, j’exulterai en Dieu mon sauveur ! ” (3,17-18). Comme l’a écrit un frère dominicain brésilien, Frei Betto, il faut être un mystique aujourd’hui pour croire dans la justice et la paix.

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