26°d.t.o.  « A », 27 septembre 2026 Vals Espaly Valvert Le Collège

Frères et soeurs, voici l'histoire de la maman qui voulait envoyer son fils à la messe. C'est un dimanche matin. Il est 9 heures. Elle frappe à la porte de la chambre d’abord discrètement puis un peu plus énergiquement : « Dominique, c'est l'heure, il faut te préparer.» Pour toute réponse elle entend un grognement. Elle avait pensé que cela voulait dire : « Oui je me lève ». Mais trois quarts d’heure plus tard, la levée de corps n'est toujours pas faite. Elle retourne frapper. « Dominique, c'est dimanche, il faut se lever.»  Deuxième grognement. A 10 heures, elle fait une troisième tentative. En vain. Alors à 10 heures et quart, elle insiste : « Dominique, est-ce que je peux entrer ? ... La messe est dans un quart d'heure, l'église est pleine, et je te rappelle que tu es le seul prêtre du village  ... ! » Cette petite histoire nous dit bien que dire oui au Seigneur, c’est difficile pour tout le monde.

A la fin de notre vie, nous paraîtrons devant le Seigneur. Il nous posera la question :  Veux-tu être avec moi pour toujours ?  Il faudra répondre  « Oui ». Ce oui éternel se prépare durant toute notre vie. Où en suis-je de mon « Oui » ? C'est un mot qui revient souvent dans nos journées Il y a le  « oui »  tranquille de l'affirmation vraie et sans hésitation.  Vous avez appelé Untel ?   « Oui ».  Il y a le  « oui »  exclamatif qui ne cache pas sa joie :  ça vous dirait un pèlerinage à Rome ?   « Ouiiii » !  Il y a le «  oui »  douteux qui se dédouble, pour faire semblant d'être un vrai consentement.  Vous avez appelé Untel ?   « Oui oui, je le fais tout de suite ».  Il y a le  « oui »  qui veut dire  « non ».  Vous penserez à répondre à Machin qui se plaint de n'avoir toujours pas reçu de réponse de votre part ?   « Mais oui, je m'en occupe. »  C'est le  « oui cause toujours ». Il y a des  « oui »  de tendresse, voire plus si affinités. Des  « oui »  solennels, sacramentels, que la foule émue guette dans les églises ou les salles de mariage quand les mères écrasent des larmes. Il y a la rubrique Carnet blanc de la presse locale :  Marcel et Germaine se sont dit oui.  Il y a le  « oui »  ironique, donneur de leçons :  « Oui, bravo ! Eh bien maintenant il ne te reste plus qu'à ramasser les morceaux ».  Il y a le  « oui »  triomphal du coup gagnant, souvent traduit aujourd'hui par un  « yes »  de conquérant. Et le  « oui » pâteux, mollasson, sans conviction, extorqué, qui se prononce « mouaais ». Celui-là se rapproche dangereusement du  « non »  . Il y a le oui facile à dire mais pas facile à tenir.

Ce n'est pas facile de dire oui. Cela demande du courage, de la persévérance, de la fidélité, de l'humilité, et ce qu'on appelle du discernement. Discerner, cela veut dire réfléchir, chercher, se creuser la tête. Jésus a accompli lui-même ce qu'il nous demande :  Que votre oui soit oui, que votre non soit non  (Mt 5,37). Saint Paul nous dit :  Jésus n'a pas été oui et non Il n'y a eu que oui en lui  (2Co1,19) Tout Jésus se résume en  « Oui Père ». Pour cela il lui a fallu dire non aux solutions de facilités de transformer des pierres en pain, de sauter du sommet du temple sans parachute ou de prendre un pouvoir international. C'eut été pourtant pour la bonne cause Il a dit non à Pierre quand celui-ci a sorti l'épée. La vie de Jésus c'est le  « oui Père »  de plus en plus libre, de plus en plus clair, de plus en plus ferme. Et saint Paul nous dit « C'est par lui que nous disons notre oui à Dieu pour sa gloire »  (2Co1,20).

Au cours d'une réunion à Paris des Equipes Notre Dame, nous devions échanger sur la Règle de vie que chacun se fixe pour progresser dans le Oui Père  , voici ce que nous a partagé Elisabeth une jeune maman enceinte de son quatrième enfant. Elle est institutrice dans une école publique de banlieue où le directeur et tous ses collègues sont communistes. Sachant qu'elle est catholique, ils la harcèlent de critiques et d'observations blessantes. Dès que les médias parlent de l’Eglise, c’est un prétexte pour l'attaquer. Or elle venait de prendre comme règle de vie de répondre par le sourire à toute agression quand au cours d'une réunion de parents d'élèves une maman prend la parole et en la fixant se met à lui faire de vifs reproches complètement injustes. Dès que la réunion est terminée, elle n'a pas le coeur de rester plus longtemps. Durant le trajet jusqu'à la maison, elle parle au Seigneur :  Oui Seigneur, je t'avais promis. Mais c'est trop dur pour la première fois Bien sûr, j'ai promis de ne rien dire ; mais toi, venge-moi   Et malgré l'affection de Philippe, son mari, et de leurs trois filles, cette histoire trouble sa nuit. Le lendemain après-midi, mercredi, on sonne Elle va ouvrir. Son sang ne fait qu'un tour quand elle aperçoit la maman qui lui a fait tant de mal la veille. Elle l'accueille du mieux qu'elle peut. Et cette maman lui dit :  Je viens vous demander pardon. Je suis timide et parmi les instits, il n'y avait que votre visage qui m'était sympathique et qui ne me faisait pas peur. C'est pourquoi j'ai parlé en vous regardant. Mais ce n'est pas vous que je visais  . Elisabeth se dit :  Merci Seigneur  . Mais elle lui dit tout de même :  Je vous remercie mais comprenez que vis-à-vis de mes collègues je suis maintenant très gênée   -  Justement, lui répond la maman, je voulais vous dire aussi : hier soir vous êtes partie très vite. Je n'ai pas eu le temps de vous parler. Alors j'ai fait le tour de toutes les instits pour lui dire que je ne parlais pas du tout de vous.  Sourire de Dieu : il nous prend au mot et soutient vraiment nos efforts quand nous décidons de lui dire Oui.Si je viens à la messe, c'est que le Oui de Jésus m'aide à découvrir quels Oui le Seigneur attend de moi. Et il me donne le courage de les lui dire. Amen !

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Lundi 28 septembre 2026 à la manière des enfants.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : « En ce temps-là, une discussion survint entre les disciples pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand. Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur, prit un enfant, le plaça à côté de lui et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. »  Jean, l’un des Douze, dit à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il ne marche pas à ta suite avec nous. » Jésus lui répondit : « Ne l’en empêchez pas : qui n’est pas contre vous est pour vous. »

Parmi les révolutions coperniciennes  que Jésus a apportées il y a celle que nous venons d’entendre. En principe, à la question de savoir qui est le plus grand, l’on répond : le héros, l’héroïne. Jésus répond : les enfants. C’est vrai que lorsque l’on sait les écouter, les enfants peuvent être nos modèles. Des parents et des grands-parents sachant que j’aime beaucoup collectionner les perles des enfants m’en envoient. Je vous en partage quelques-unes parmi les dernières butinées – comme l’abeille butine le nectar.

Une maman m’écrit : « Hier soir, vers 22 heures, je me fâche et je hurle sur les grands, qui ne dorment toujours pas. Syméon, 3 ans, alors que je pensais qu'il dormait (j'ai dû le réveiller) : "Chut, sinon Jésus ne va pas arrêter de pleurer. Et moi aussi."

Le papa d’Anatole, un petit garçon de sept ans, le confie à sa grand-mère pour la journée du mercredi. Sa grand-mère qu’il appelle Mamou est très engagée dans l’Eglise et très fervente. Elle propose à Anatole de l’’emmener au cinéma voir le film « Le Roi des rois » à la séance de 14heures. « Le Roi des rois » est un film d’animation sorti en 2025, inspiré de la vie de Jésus-Christ, telle que racontée par Charles Dickens à son fils. Pendant le film Mamou surveille du coin de l’œil son petit-fils qui est un garçon très vif. Elle observe qu’il écoute et regarde attentivement. A la sortie, elle lui demande : « Alors, Anatole, qu’est-ce que tu as pensé de ce film ?» Réponse : « Je pense que ce film a dû te plaire, Mamou ! » -  (… !) « Tu m’as dit ce que j’en pense ; mais toi ? » - «  J’ai bien aimé parce qu’il raconte tout ce que tu m’as dit ».

Marceau, 8 ans assiste à la messe de première communion de son cousin Ulysse. Au cours de la messe, il se penche vers sa maman et lui demande à voix basse : « Maman, dans une église on ne dit pas de mensonges, hein ». – « Bien sûr que non, lui répond sa maman. On ne dit pas de mensonge à la messe. Mais pourquoi tu me demandes cela ? » – « Le Père Noël, est-ce qu’il existe vraiment ? »  Maman lui répond : « Ce n’est pas l’endroit pour en parler ». Mais ensuite, de concert avec son mari, ils lui ont avoué que le Père Noël n’existe pas.

Un autre jour, le même Marceau, 8 ans, dit à sa maman : « Où est-ce qu’on va après la mort ? » « On va au Paradis (et elle ajoute qu’il faut s’y préparer en donnant quelques explications) Marceau écoute attentivement puis il conclut : « De toute façon, mon Paradis c’est vous ». (… !)

Pauline maman de six enfants m’envoient deux petites réflexions des enfants, pendant le pèlerinage de Pentecôte à Chartres :  Alors que nous traversions une forêt humide, Maximin réfléchit tout haut : « En fait, ici, on n’est jamais tout seul. Il y a toujours Jésus, ou notre ange gardien, ou alors un petit crapaud. » (dans le contexte c’était adorable) Un bon mot de son frère Ferréol : alors qu’il voit les centaines de prêtres et séminaristes terminer leur procession d’entrée dans l’église : « Pas étonnant qu’ils disent qu’il manque de prêtres, ils sont tous tassés dans la même église. »

Le Seigneur nous envoie des messages par les enfants. Hélas, nous pouvons très bien prendre ça pour des enfantillages et leur tourner le dos.  Mais nous pouvons aussi les accueillir comme des messages du Ciel et nous laisser instruire par leurs enfandises. En voici quelques-unes sur le grand et beau sujet de l’amour.. .

On leur posait à chacun la même question : qu’est-ce que c’est que l’amour ?

☆ " Quand ma grand-mère a eu de l'arthrite, elle ne pouvait plus se pencher pour peindre ses ongles de pied ... Alors mon grand-père le fait tout le temps pour elle, même quand ses mains ont aussi eu de l'arthrite. C'est ça, l'Amour. " Rebecca - 8 ans

☆" L'Amour, c'est quand ma mère prépare du café pour mon père et qu'elle en prend une gorgée avant de le lui donner, pour s'assurer que le goût est bon. » Danny - 8 ans

☆" Pendant mon récital de piano, j'étais sur une scène et j'avais peur. J'ai regardé tous les gens qui me regardaient et j'ai vu mon père qui me faisait signe et souriait. Il était le seul à faire cela. Je n'avais plus peur. " Cindy - 8 ans

☆" Tu ne devrais pas dire "je t'aime" à moins de le penser. Mais si vous le pensez, vous devez le dire souvent. Les gens oublient. " Jessica - 8 ans

Merci Seigneur pour nos professeurs d’émerveillement et nos professeurs tout court.

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"Se libérer de son moi toxique", pour enfin guérir de son passé, avec Marie-Estelle Dupont

Mardi 29 septembre 2026 Les saints Archanges.

Lecture du livre du prophète Daniel : « La nuit, au cours d’une vision, moi, Daniel, je regardais : des trônes furent disposés, et un Vieillard prit place ; son habit était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête, comme de la laine immaculée ; son trône était fait de flammes de feu, avec des roues de feu ardent. Un fleuve de feu coulait, qui jaillissait devant lui. Des milliers de milliers le servaient, des myriades de myriades se tenaient devant lui. Le tribunal prit place et l’on ouvrit des livres. Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. »

Savez-vous pourquoi nous avons tous une espèce de petit chéneau depuis le nez jusqu'à la bouche, ce petit renforcement de deux centimètres de long depuis la base des narines jusqu'aux lèvres ? Nos frères juifs ont cette belle explication : Pendant les neuf mois de gestation, quand l'enfant est dans le ventre de sa maman, il est en présence de Dieu. Il voit Dieu. Il est dans l'intimité du Seigneur. Et puis au moment précis de la naissance, une seconde avant sa sortie, un ange vient le frapper de son doigt, juste comme on fait le geste « chut ». Ce doigt de l'ange qui a barré notre bouche, nous en portons la trace toute notre vie. Il signifie : « Chut ! de tout ce que tu as vu pendant neuf mois, de la présence du Seigneur qui t'était naturelle, n'en parle à personne. Ils ne comprendraient pas. » Nous oublions tout. Et nous avons une vie pour  tout réapprendre… Cet apprentissage, cela s’appelle la Foi. Et on peut penser que les anges y ont une belle place. Dans le credo, nous disons que Dieu est le créateur non seulement du ciel et de la terre, de l’univers visible, mais également de l’univers invisible. Nous croyons que dans l’échelle des créatures en commençant par le minéral, puis le végétal, l’animal, l’homme corps et esprit, il y a avant d’arriver au Bon Dieu, place pour des personnes qui sont de purs esprits. Nous croyons en l’existence des anges. Qui sont les anges ? Une chose est certaine, ce ne sont pas des chérubins dodus aux fesses poudrées et aux bras potelés. Plutôt des « puissances » ou des beautés surnaturelles qui se déplacent à la vitesse de la pensée. Ils dégagent la sérénité, rayonnent de la lumière, rassurent et réconfortent.  Bien sûr, par rapport à la foi en la Trinité leur existence est relative. Pour faire un jeu de mot, nous désirons la « vie trine »  et non pas seulement la « vie d’ange », mais dans l’œuvre de création et dans l’œuvre du salut, les anges ont une place très importante.

Au tout début de l’évangile, c’est l’ange Gabriel qui vient demander à une jeune fiancée si elle veut bien mettre au monde Dieu le Fils. L’ange Gabriel annonce la nouvelle la plus inouïe qui soit dans toute l’histoire de l’humanité, la nouvelle la plus bouleversante. Dieu ne fait pas que nous donner des directives depuis le Ciel. Il vient en personne. C’est comme si un homme pouvait se faire petite fourmi pour sauver la fourmillière. C’est dire combien Dieu tient à chacun de nous. Etre chrétien ce n’est pas seulement croire que Dieu existe c’est être convaincu que Moi petit rien du tout j’existe pour Dieu.           Neuf mois plus tard, ce sont les anges qui annoncent aux bergers la naissance, et qui chantent « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre  aux hommes de bonne volonté ». Les anges nous invitent à la joie simple. 33 ans plus tard, c’est un ange qui vient assister Jésus dans son agonie alors que tous les apôtres ont fui dans la trahison, la lâcheté, et la peur. Les anges sont là pour nous réconforter. Jésus avait refusé la tentation en disant à Saint Pierre : (Mt26.53) « Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges. » Et puis au matin de Pâques ce sont deux anges qui révèlent à Sainte Marie Madeleine que Jésus est ressuscité. (Jn20,12 « Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. »)

Les anges sont des entremetteurs pour nous permettre la rencontre et le compagnonnage avec Jésus ressuscité. Jésus annonce aussi : (Mt16.27) « Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

En attendant, Jésus nous apprend ceci : (Mt18.10) « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux).

A la maison, maman nous a appris cette prière : « Veillez sur moi quand je sommeille. Bon ange puisque Dieu l’a dit Et chaque nuit quand je m’éveille, Penchez-vous sur mon petit lit. A mes côtés marchez sans cesse Parlez-moi le long du chemin. Et pendant que je vous écoute De peur que je ne tombe en route, Bon ange, donnez-moi la main. »

Ils seront très actifs à la parousie.  (Mt24.31) « Il enverra ses anges avec une trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre coins du monde, d’une extrémité des cieux jusqu’à l’autre. » (Mt24.36) « Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. »

Mais nous en savons assez : La vie éternelle c’est connaître Dieu le Père et celui qu’il nous a envoyé pour le rejoindre, Jésus qui nous sauve en nous confiant une mission : être nous-mêmes des anges réconfortant, joyeux, patients pour les autres. Chesterton disait : « Les anges peuvent voler parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux. Nous pourrions peut-être voler un peu plus si nous ne prenions pas de grands airs »… !

Les bonus : Les anges dans la Bible : bien plus que des simples messagers

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