Samedi 26 septembre 2026. Le rendez-vous de tous les vivants.

Du livre de Qohèleth : « Réjouis-toi, jeune homme, dans ton adolescence, et sois heureux aux jours de ta jeunesse. Suis les sentiers de ton cœur et les désirs de tes yeux ! Mais sache que pour tout cela Dieu t’appellera en jugement. Éloigne de ton cœur le chagrin, écarte de ta chair la souffrance car l’adolescence et le printemps de la vie ne sont que vanité. Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les jours mauvais, et qu’approchent les années dont tu diras : « Je ne les aime pas » ; avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que reviennent les nuages après la pluie ; au jour où tremblent les gardiens de la maison, où se courbent les hommes vigoureux ; où les femmes, l’une après l’autre, cessent de moudre, où le jour baisse aux fenêtres ; quand la porte se ferme sur la rue, quand s’éteint la voix de la meule, quand s’arrête le chant de l’oiseau, et quand se taisent les chansons ; lorsqu’on redoute la montée et qu’on a des frayeurs en chemin ; l’amandier est en fleurs, la sauterelle s’alourdit, et la câpre ne produit aucun effet ; lorsque l’homme s’en va vers sa maison d’éternité, et que les pleureurs sont déjà au coin de la rue ; avant que le fil d’argent se détache, que la lampe d’or se brise, que la cruche se casse à la fontaine, que la poulie se fende sur le puits ; et que la poussière retourne à la terre comme elle en vint, et le souffle de vie, à Dieu qui l’a donné. Vanité des vanités, disait Qohèleth, tout est vanité ! »

Quel magnifique texte pour parler du rendez-vous de tous les vivants, comme dit Job. Réécoutons un texte de Guy Léger  dans son livre L’enfant dont je suis né qui aborde lui aussi l’approche de la mort avec humour et légèreté.

« Une question vitale m'encercle : "De quelle couleur sera ma mort ?" D'abord, je n'aime pas ce mot. Avec son M qui happe les cheveux. Avec son O qui engloutit, son R qui racle jusqu'au dernier brin comme une pelle à charbon. Et son T qu'on ne prononce pas car on sait qu'il porte le trépas.
De quelle couleur sera ma mort?
. Bleue bordée de blanc si je meurs en montagne ;
. Brune si je meurs dans le ventre de la terre ;
. Rouge si je meurs au travail ou sur les barricades ;
. Rose si je meurs pour un enfant ;
. Arc-en-ciel si je meurs de rire ;
. Violette si je meurs évêque ;
. Grise si je meurs de vieillesse ;
. Transparente si par hasard je ne mourais pas...
Non, elle sera noire, de toutes façons, bien noire. Mais sous l'action du révélateur, le négatif deviendra positif. Le noir deviendra blanc. La mort deviendra vie.
La vie est mal faite du côté de la mort. On devrait mourir deux par deux : partir à deux sur les chemins de la mort comme les apôtres envoyés par le Christ sur les chemins de la vie.
Comme on ne choisit pas sa mort, je peux toujours me permettre de dire "A choisir..."
A choisir, je voudrais mourir sur une musique de dessin animé ou de fanfare de village, le nez au ciel, le soleil, je volerais vers Dieu. Un hommage à la vie.
En guise de cercueil, je voudrais un cerf-volant. Comme ceux dont la ficelle a cassé et qui disparaissent vers le soleil, je volerais vers Dieu. »

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