Jeudi 26 mars 2026  Avant Abraham JE SUIS

« En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. »  Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? »


Aujourd’hui encore je laisse le micro au Père Guy Vandevelde.

« Jésus et sa Croix sont indépassables spéculativement et réellement, de sorte que nous professons la plénitude de la révélation chrétienne en faisant le signe de la croix « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». Ce signe et cette réalité nous protège, nous bénit, nous donne la vie et nous accompagne depuis le premier accueil avant notre Baptême, jusqu’à notre entrée dans la Patrie, lors des Funérailles et pour notre ensevelissement. C’est là que nous rencontrons des schémas qui sont sur toutes les lèvres et s’imposent comme des évidences: les trois religions monothéistes, la religion d’Abraham, les religions du Livre. Ces expressions ne sont pas catholiques, elles sont islamiques, éventuellement manipulées par le laïcisme. Qu’elles soient fausses, la théologie et l’histoire le montrent simplement: comment pourrions-nous oublier que Jésus a été condamné par les Juifs pour blasphème? Quant à la polémique anti-trinitaire, elle est tellement massive dans le Coran qu’il est à craindre qu’elle n’habite tous les esprits musulmans. Pour savoir ce qu’un catholique doit penser de ces propositions pseudoabrahamiques, il suffit de relire le chapître 8 de l’Evangile selon saint Jean -c’est l’évangile d’aujourd’hui – , où Jésus dit: « Abraham a désiré voir mon jour; il l’a vu et il a été dans la joie ». Alors les Juifs ricanent: « toi qui n’as pas cinquante ans tu as vu Abraham? » Et Jésus: « en vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham ne vienne à l’existence, moi, Je Suis. » Mais est-ce que l’on croit vraiment que Jésus est le vrai Dieu ?  L’un des fruits les plus amers du Concile Vatican II est d’ailleurs que les chrétiens ont toujours à la bouche le Père et le Fils et le Saint-Esprit, mais ils ne savent plus ce que c’est que Dieu. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas les trois larbins d’en face ! Ils sont le vrai Dieu, le seul Dieu, le Souverain des Rois de la terre, le Créateur de tous les univers. Il faut donc dire: le Dieu vivant et vrai, Infini et tout-puissant, est venu parmi nous, il s’est fait semblable à nous, il s’est abaissé et a pris sur lui notre iniquité, il est mort et ressuscité pour nous, et il nous partage sa propre vie. Et il a pu le faire parce que d’avance, il nous a créés à son image, pour que nous ne soyons pas écrasés par tant de majesté lors de sa venue. La foi trinitaire, la création de l’homme à l’image et à la ressemblance de Dieu, prend alors de plein fouet, à la fois la théorie politique qui s’impose depuis la Renaissance aux régimes qui nous administrent, et en même temps les pouvoirs occultes du consumérisme et de la finance qui nous mettent en danger. L’erreur de nos régimes politiques est de poser à la base de la société les citoyens, entassement d’individus à qui seul l’Etat donne une cohérence (et ce malgré les horreurs expérimentées deux fois au XX°siècle). Au contraire, créé à l’image du vrai Dieu qui est la Trinité, aux sources de l’humanité et à la base de la société il y a les familles: des personnes déjà en relation, qui s’entraident et s’entr’aiment avant que l’Etat ne prétende leur donner des droits et leur imposer des devoirs; sa mission étant essentiellement de les aider à progresser ensemble dans la réalisation du bien commun. Quant à la publicité qui fait la promotion du consumérisme, elle n’envisage pareillement que les individus, parce qu’elle fait tête sur l’égoïsme de chacun: alors qu’en famille on est obligé de découvrir d’emblée que la réalité ne s’achète ni se vend, mais se donne, de sorte que l’économie et le profit qu’elle dégage ne peut jamais être une fin en soi, mais toujours un moyen pour la vie des familles et des personnes au sein de la famille. Au fait, ne serions-nous pas complices de la subversion générale, en ayant adopté l’usage universel des prénoms, en pensant avec quelque niaiserie au Baptême? Le monde ferait-il la promotion du baptême chrétien? Non, nous devons au contraire retrouver l’emploi des noms de famille qui situent d’emblée les personnes dans les relations qui les identifient plutôt que dans l’incommunicable de leur individualité, réservant les prénoms à l’affection ou à la grande famille de l’Eglise, et le tutoiement plus tard encore à l’intimité de l’amitié. La confrontation entre la foi trinitaire et les pouvoirs en place comme les deux Bêtes de l’Apocalypse l’une au service de l’autre, semble être différée jusqu’à présent, par notre ignorance religieuse et nos compromissions; mais elle est inévitable. Il y aura certainement des coups à prendre, mais la victoire est déjà acquise, selon une antique prophétie inscrite dans le ciel: « par ce signe, tu vaincras », in hoc signo vinces, in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. »

Les bonus : Jésus a-t-il existé ? ONFRAY débunké par Matthieu Lavagna