Mercredi 25 mars 2026 S’il te plait, Marie !

Bonjour ! Bonne fête de l’Annonciation !!

Deux petites blagounettes avant de parler très sérieux. En Haute-Loire nous sommes très fiers de savoir où s’est passé l’événement de l’Annonciation. C’est à Lorlanges, dans les environs de Brioude. Il est bien écrit dans l’évangile : « Alors l’ange la quitta… » ! Bonjour aux habitants de Lorlanges !

Après l’annonciation, la Vierge Marie est partie rapidement vers le haut pays de Judée chez sa cousine Elisabeth. Mais pourquoi donc est-elle partie à pied ? Parce qu’elle venait de donner son fiat à l’ange Gabriel.  

Et maintenant, soyons sérieux. Un sermon de saint Bernard pour l’Annonciation est très beau. Il fait parler une personne qui serait témoin de la visite de l’ange Gabriel à La Vierge Marie. Elle vient d’entendre la demande du Messager du Seigneur :   « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie est une fille réfléchie. Pour le témoin de la scène, le silence qui suit l’explication de l’Archange lui parait une éternité. Alors il dit à Marie :   « Tu as entendu : ce n’est pas d’un homme, mais de l’Esprit Saint. L’ange attend la réponse, il est temps pour lui de retourner vers Dieu qui l’a envoyé. Nous attendons, nous aussi, ô Souveraine, une parole de pitié, nous misérables, écrasés par une sentence de damnation ! Voici qu’on vient t’offrir la rançon de notre délivrance, nous serons libérés tout de suite, si tu acceptes. Dans la Parole éternelle, Verbe de Dieu, nous avons été créés tous, et nous voilà condamnés à mort ; dans ta brève réponse se trouve le remède qui doit nous ramener à la vie. Cette réponse, ô bonne Vierge, Adam, pitoyable exilé du paradis avec sa postérité de misère, la réclame de toi; Abraham, David t’en supplient, tous les autres saints ancêtres sollicitent cette réponse ; tes pères par conséquent. qui eux aussi habitent le sombre pays de la mort ; le monde entier dans l’attente se tient prosterné à tes genoux. Et ce n’est pas sans raison, puisque du mot que ta bouche va prononcer dépendent la consolation des malheureux, le rachat des captifs, la libération des condamnés, en un mot : le salut de l’universelle filiation d’Adam, c’est-à-dire le salut de toute ta propre race. Donne ta réponse, ô Vierge, hâte-toi, ô Souveraine, donne cette réponse que la terre, que les enfers, que les cieux aussi attendent. Le Roi lui-même, Seigneur de tous, est en suspens. Autant il a convoité ta beauté, autant il désire à cette heure le oui de ta réponse, ce oui par lequel il a résolu de sauver le monde. Tu lui as plu par ton silence, tu lui plairas bien davantage maintenant par ta parole. Écoute-le : il te crie du haut du ciel : « O belle entre toutes les femmes, fais-moi entendre ta voix ! » Si tu lui fais entendre ta voix, il te fera, lui, contempler notre libération. »

Un magnifique texte. Eh oui, Dieu a dans le cœur de venir partager la vie des hommes. Et il entend venir vivre parmi nous afin de nous unir à sa propre vie qui est une communion d’amour. Lorsqu’il s’est agi de créer l’univers, Dieu l’a décidé de sa seule autorité. Mais lorsque, par amour, Dieu désire nous partager sa vie, il ne peut le faire qu’avec notre accord.

L’amour ne s’impose pas. Bien des jeunes amoureux, filles ou garçons, en ont fait l’expérience. Dieu, lui aussi, est comme amoureux de nous. Il a posé son regard sur celle qui se désignera elle-même comme son humble servante. Il a comblé Marie de ses faveurs et le moment venu il lui envoie un messager, un ange, pour solliciter son accord. Pour que Dieu devienne un homme, il fallait qu’une femme accepte de devenir sa mère.

C’est une démarche pleine de tendresse et d’amour, un amour et une tendresse très intenses. De façon paradoxale pour nous, dans cette circonstance, Dieu n’agit pas en mettant en œuvre sa toute-puissance, mais sollicite une réponse de notre part. Pour que son désir et son projet se réalisent, Dieu demande à cette jeune femme si elle accepte de recevoir dans son sein celui par qui tout a été créé.

Aujourd’hui encore, afin de nous unir à lui, Dieu, sous des formes diverses, demande à chacun de nous : « Acceptes-tu de m’accueillir en toi ? » Saint Jean Paul II dans son encyclique sur l’eucharistie écrit : « Il existe donc une analogie profonde entre le « fiat » par lequel Marie répond aux paroles de l’Ange et l’ « amen » que chaque fidèle prononce quand il reçoit le corps du Seigneur. A Marie, il fut demandé de croire que celui qu’elle concevait « par l’action de l’Esprit Saint » était le « Fils de Dieu » (cf Luc 1, 30-35). Dans la continuité avec la foi de la Vierge, il nous est demandé de croire que dans le Mystère eucharistique, ce même Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie, se rend présent dans la totalité de son être humain et divin, sous les espèces du pain et du vin (Saint Jean Paul II, encyclique Ecclésia de Eucharistia n°56)

Les bonus : (6382) Fatima . la vérité sur les apparitions de la Vierge que beaucoup ignorent – Frère Paul-Adrien – YouTube